‹ Analyse des exercices spirituels de S. Ignace de LoyolaChapitre 154 sur 216 · FD PET EE S TAF CRIER IANS · texte numérisé non relu

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monde et de passer pour un mauvais chevalier

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Une telle conduite serait-elle compatible avec l'élan de générosité conçu au souvenir de la prédilection que ce roi lui témoigne parmi tant d'autres, ce roi qui plein de délicatesse se fait maintenant son guide et son capitaine ? Où serait donc ce désir, tant de fois manifesté dans la première semaine, de faire de grandes choses pour le Christ ?

En second lieu:""Tous ceux qui ont du jugement et de la raison s'offriront fout entiers au travail" Que l'on remarque bien le progrès que le retraitant doit avoir réalisé jusqu'ici, Dans la cinquième annotation, il offrait sa personne à Dieu pour qu'il s'en servit en général conformément à sa très sainte volonté. Ici, il offre désormais foute sa personne, non en général, mais d’une manière déterminée pour le travail et cela, non par un sentiment de libéralité, comme dans l’annotation, mais par devoir de gratitude, par dignité, sollicité qu'il est par le seul fait qu'il n'a pas perdu le jugement et l'usage de la raison.

Enfin, il n'est pas seulement homme de jugement et de raison, il a aussi du cœur, un cœur Sénéreux, un cœur reconnaissant et désireux de correspondre à ces bienfaits magnifiques par lesquels ce Roi si libéral et humain l'a distingué: il veut se signaler, en tout, au service de son

capitaine, et ainsi il ne se contentera pas d'offrir toute sa personne pour le travail, en commençant par ‘ prendre l'offensive contre sa propre sensualité, et contre son amour charnel et mondain ”, les deux principaux obstacles qui l'empécheraient de s'élancer au travail ; il fera en outre des ‘” oblations d'une plus grande valeur et d'un plus grand poids. “

En quoi consisteront ces oblations si précieuses ? Puisqu'il a l'horreur profonde de tout acte qui ne serait pas conforme à la volonté divine, il s'offrira donc à imiter celui qui accomplit en toute perfection la volonté du Père céleste, c'està-dire celui qui est le Fils unique. En outre, il se consume du désir de faire des choses difficiles et qui coûtent, en reconnaissance de celles que le Seigneur a faites pour lui témoigner, non seulement son amour, mais encore la préférence qu'il lui a montrée parmi tant d'autres moiïns indignes que lui, Il s'offrira donc à l'imiter d'une manière spéciale, et même “” en supportant foute injure, fout mépris et foute pauvreté ”, non seulement la pauvreté spirituelle, qui comporte encore la possession et le libre usage des richesses, la jouissance des honneurs et des dignités, maïs aussi la pauvreté actuelle, en se dépossédant de tout ce qu'il a, pour mieux l'imiter.

Cette oblation si généreuse, “ je la fais, dit-il, appuyé sur votre faveur et votre secours, et en

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présence de votre glorieuse Mère et de tous les Saints et Saintes de la Cour céleste ”, et pour ce qui est de moi, ‘ c'est ma volonté mon désir et ma détermination délibérée. ” La seule chose qui pourra empêcher l'exécution de cette volonté, de ce désir, de cette détermination délibérée, c'est que le plus grand service et la plus grande louange de Dieu exigent autre chose, c'est-à-dire que sa très sainte Majesté ne le choïisisse pas pour un tel état de vie, et n'accepte pas sa demande d'y être reçu. L'on remarquera encore un: autre différence entre cette oblation et celle de l’annotation cinquième. Là on offrait la personne, ici foute la personne ; là on offrait fout ce qu'on a, et on l'offrait en $énéral, ici on le spécifie par la mention des richesses et des honneurs, et par la disposition d'embrasser toutes les injures et les mépris et la pauvreté, aussi bien la pauvreté réelle et effective que la pauvreté spirituelle et simplement affective. L'on remarquera, en second lieu, que le Saïnt s'adresse à un homme au cœur reconnaissant, qui ne pouvant répondre au bienfaiteur par voie d'excès ou d'égalité, le fait en offrant fout ce qu'il a, que ce soit peu ou beaucoup, foute sa personne, fous ses honneurs et richesses, s'offrant à supporter fout mépris, foute injure, foute pauvreté,

L'on remarquera finalement que cet exercice, tel qu'il est proposé, s'adresse, comme l'a noté

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Nadal, à quelqu'un qui recherche l'état de vie

où Dieu veut se servir de lui, comme on le voit a 5 - ” » x

par ces derniers mots : ” si votre Majesté très sainte veut me choisir et me recevoir pour cette manière et cet état de vie ”, c'est-à-dire l'état de pauvreté actuelle, d'injures et mépris actuels et réellement soufferts.

Chapitre XX. — De l'exercice de deux Etendards et comment le retraitant s’y dispose.

$ 1. — Des trois premiers jours de la deuxième semaine.

Dans ces trois premiers jours, S. Ignace propose à la contemplation du retraitant les mystères de l'enfance et de la vie cachée de Notre- Seigneur. Dans le colloque du premier exercice de la première semaine, il lui a fait considérer en général comment le Christ : étant son Créateur, en est venu jusqu'à se faire homme ”, sans descendre dans les détails de ce qu'il a fait pour lui après l'Incarnation. Cela suffisait alors pour exciter dans le cœur du retraïtant des sentiments de gratitude et des désirs de faire des choses difficiles pour répondre à un bienfait aussi in-

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