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s'agit pas d'une enquête complète et menée à terme, maïs simplement d’une recherche initiale et incomplète, telle cependant que si ordinairement elle ne produit pas la certitude, au moins d'habitude elle crée dans l'esprit une haute probabilité.
Voyons comment S, Ignace introduit en quelque manière la recherche dont il est ici question : Il l'exprime en ces termes : “ Dans l'exercice suivant nous verrons 1) l'intention de Jésus- Christ Notre-Seigneur, et en opposition, celle de l'ennemi de la nature humaine, et 2) comment nous devons nous disposer nous-mêmes, pour en venir à la perfection, en quelque état ou forme de vie que Dieu Notre-Seigneur nous aura donné de choisir ” c'est-à-dire dans l'état pour lequel le Seigneur nous choisirait, que ce soit le premier ou le second.
Il faut bien remarquer que S. Ignace, dans cet exercice des Étendards, n'a pas seulement en vue une connaissance initiale de l'état où Dieu veut se servir du retraitant, mais soit qu'il doive rester dans le premier état, soit qu'il doive passer au second, il veut montrer dans cet exercice comment nous devons nous disposer nous-mêmes pour en venir à la perfection ", ce qui est quelque chose de plus que de recevoir quelque lumière sur le choix de l'état de vie.
Si donc le retraitant est constitué dans un état
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immuable, ou si Dieu lui fait connaître qu'il veut se servir de lui dans le premier état, il doit le servir en perfection dans cet état, c'est-à-dire, dans la pauvreté et l'humilité d'esprit et de cœur, et celui qui serait appelé au second état, l'état de pauvreté et d'humiliation actuelle, lequel en soi est l’état de perfection, devra lui aussi aspirer à la perfection dans cet état.
En résumé donc, dans chacun des deux états il faut correspondre à la grâce qui vient de Dieu, désirer ‘ profiter autant que possible, ” désir en vertu duquel le retraitant a fait à Dieu l'oblation de sa personne et de tout ce qu'il a, et s'est offert en pleine volonté, avec le désir efficace et la détermination délibérée d'imiter son divin chef en toute pauvreté et dans le support de toutes les injures et des opprobres. Pour ce motif, encore qu'il ait à rester dans le premier état, il y devra vivre avec la perfection qui est propre à cet état. C'est dans cette vue que S. Ignace a écrit les règles : ‘* pour amender et réformer sa vie dans l’état où l'on est, ” et ce qu'il nomme :
ministère de la distribution des aumônes, pour lui apprendre comment il doit user des biens dont Dieu l’a enrichi, spécialement si ces biens consistent en revenus ecclésiastiques.
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Don >. RM 8 3. — De l’exercice de deux Étendards.
Venons en maintenant à un bref exposé de l'exercice de deux Étendards. Rappelons ici que le retraïtant, arrivé au quatrième jour de cette deuxième semaine, a assisté assez longuement à deux spectacles très différents et directement opposés entre eux. Dans la première semaine, il a contemplé, avec surprise et horreur, comment des milliers d'anges furent précipités dans les enfers ; il a vu Adam et Ève bannis du Paradis Il s'est vu lui-même, tantôt obligé à vivre exilé parmi les bêtes sans raison, tantôt couvert de honte devant le roi et sa cour, par suite de sa déloyauté envers celui qui lui avait accordé des grâces tout à fait singulières, et chargé de fers et de chaînes comme un condamné à mort ; tantôt devenu un ulcère, un abcès dégoûtant ; il s'est vu digne de la haïne de toutes les créatures, digne de brûler pour toujours dans les enfers, en compagnie des démons.
Au contraire, pendant les trois premiers jours de la deuxième semaine, il a été introduit dans la Sainte Famille composée du Fils de Dieu fait homme, de sa Mère bénie, et de S. Joseph: il y a goûté, comme nous l'avons dit, les plus pures délices, la paix complète, et la joie du cœur.
Le premier spectacle est l’image vive et véritable du monde que mène Lucifer lui-même : le
second est celui de la société des fidèles soumis au Christ.
Lucifer veut rassembler sous son drapeau tous les hommes pour les avoir, ensuite, pour compagnons en enier, Le Christ les veut sous le sien, pour les mener à la conquête du royaume des cieux et les faire régner avec lui éternellement dans la gloire. Lucifer les attire par ses pièges, leur promettant richesses et honneurs ; Jésus leur parle avec simplicité et vérité, les invitant à mépriser les biens du monde et leur donnant l'espérance certaine de gagner les biens éternels et célestes.
L'expérience a montré que chez les retraïtants dont il est question ici, cet exercice produit d'ordinaire l'un des deux effets suivants : les uns prennent à ce spectacle une conscience nette des grands dangers qu'offre la vie dans le monde, où l'on est si facilement enveloppé dans les filets, de Lucifer ; ils comprennent cependant qu'ils peuvent éviter ses filets, ses chaînes par une vie plus ordonnée et, avec le secours de la grâce divine, en prenant les précautions voulues.
D'autres, se rappelant leur expérience passée et tenant compte de toutes les circonstances, reconnaissent dans leur état, l'impossibilité morale d'échapper aux filets et aux chaînes de Lucifer et d'assurer leur salut ; ils en concluent qu'il ne leur reste d'autre remède que de se dé-
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