Chapitre XXVI. — De l’Election
S. Ignace exige, dans le retraitant, deux dispositions principales pour le moment de l'élection, la première est l'intention pure : “il est nécessaire que je tienne ma vue attachée sur la fin pour laquelle je suis créé ” ; la seconde est la parfaite indifférence : ‘ en même temps que je me trouve dans l'indifférence, sans avoir aucune affection contraire à l'ordre, ”
Il fait de l'absence totale d'affection désordonnée le fondement du second mode de faire l'élection dans le troisième temps. Effectivement, la deuxième, la troisième et la quatrième règle représentent l'âme dans des situations où elle est moins sujette aux influences désordonnées. C'est le cas lorsque l'on considère les affaires d'autrui ; ou encore, lorsque, par la pensée, on se représente soi-même à la mort ou au moment du jugement,
Quant au premier mode, S, Ignace y introduit un autre élément bien nécessaire, qui participe un peu du premier temps pour faire une bonne élection : ‘ demander à Dieu Notre-Seigneur qu'il daigne mouvoir ma volonté et me mettre dans l'âme ce que je dois faire relativement à la chose proposée, selon qu'il lui en reviendra plus de gloire. ”
Il fait demander ici deux grâces que les pa-
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roles suivantes expliquent davantage : “ que mon intelligence use d'un bon et fidèle raisonnement et que ma volonté fasse son choix conformément à sa très saint volonté et à son bon plaisir. ” Quel est ce raisonnement qui, au jugement de S. Ignace, ne peut être bien et fidèlement fait sans une assistance particulière ?
Il le dit dans la suite : ‘ considérer, en raïisonnant, le profit et les avantages qui me reviendront, si j'ai cet emploi ou ce bénéfice ”, non pas de ces profits et de ces utilités qui intéressent mon bien-être, ou ma commodité personnelle, mais qui se rapportent ‘ uniquement à l'honneur de Dieu Notre-Seigneur et au salut de mon âme ‘”, même à l'encontre de la sensualité et de l'amour charnel et mondain.
C'est sous le même aspect, d'autre part, que doivent être considérés “ les désavantages et les dangers qu'il y aurait à le posséder. ” Par où l'on comprend la grande difficulté de “ faire un bon et fidèle raisonnement ” dans cette matière importante, et l'urgente nécessité d'une grâce spéciale de Dieu soit pour bien et fidèlement raisonner, soit pour bien choisir.
De tout ce que nous avons dit sur l'élection on voit que c'est chose bien difficile de connaître par ce moyen la volonté divine, surtout lorsque des deux partis entre lesquels le retraitant doit choisir, l'un est très favorable, l'autre très opposé à sa nature, Pour cette raison, il n'en faut
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