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vaillent depuis de longues années à leur sanctification, ce sont des débutants dans la vie spirituelle, lorsqu'ils ont été éprouvés et exercés dans le troisième degré. En effet le passage des Constitutions, que nous venons de transcrire, est tiré de la troisième partie, où il est question de ceux qui sont jugés dignes de rester dans la Compagnie,
Notons ici, en passant, comment au même endroit S .Ignace a résumé tout le fruit quil veut que l'on retire des Exercices, faits comme il les propose dans son livre.
Ce fruit est celui qui est contenu dans cette oraison préparatoire qu'il fait faire, sans jamais la changer, au commencement de chacun des cinq exercices de la journée pendant les quatre semaines. Le retraitant désireux de ” progresser tant qu'il est possible ”, doit s'efforcer avec l'aide de la grâce divine d'ordonner : 1) toutes ses intentions ; 2) rtoutes ses actions et opérations, c'est-à-dire, toutes ses œuvres.
INTENTIONS. Or, comment ordonnera-t-il toutes ses intentions ? Le Saint répond : ” en sy proposant toujours avec sincérité 1) de rendre service, 2) et de plaire à la Bonté divine, pour l'amour d'elle-même, ”
Ceci constitue la plus parfaite pureté d'intention à laquelle l'homme puisse aspirer, et celle qui est exigée par le premier et plus grand des
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commandements : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, etc.
Cependant cette intention si pure n'en exclut pas «d'autres moins parfaites. Telles sont 1) la reconnaissance ‘* pour l'amour et les bienfaits de choix dont (Dieu) nous a prévenus. ” À cet amour de réciprocité le disciple bien-aimé nous exhorte quand il nous dit : Aimons Dieu par conséquent, car c'est lui qui nous a aimés le premier (I Jean, IV, 19) ; 2) l'espérance de la récompense : 3) la crainte du châtiment. Ces deux derniers motifs sont mentionnés par S. Ignace comme auxiliaires des deux premiers : On doit s'aider aussi de ces deux motifs ”, dit-il.
Dans les Exercices, nous retrouvons la même idée. 1) S. Ignace fait une seule fois mention de la crainte du châtiment (dans le cinquième exercice de la première semaine) ; 2) une seule fois également, de l'espoir de la récompese (dans la contemplation du Roi temporel) ” afin que de la sorte il (celui qui l'a suivi) aïît part ensuite avec moi à la victoire (au butin), selon qu'il aura pris part à mes travaux. ”
I1 faut noter ici combien se sont trompés ceux qui ont jugé le livre des Exercices et son saint auteur sans pénétrer à fond l'esprit du livre. Voici par exemple ce qu'écrit l'abbé Chaumond dans ses Notes explicatives sur l'Introduction à la vie dévote de S. François de Sales : “ La méthode
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de S. Ignace, dit-il (1), répond à des états d'âme qui sont fréquents dans le monde, Ce grand Saint, saisissant une âme par la méditation des fins dernières, l'enferme, l'enserre, la tient dans la crainte pour la faire entrer comme par force dans la voie de l'humilité. I1 met cette âme en face de l'éternité, et, appelant à son secours les grandes vérités de la foi, il la secoue, la scrute, la scalpe : et lorsqu'il l'a rendue toute tremblante (risum teneatis ?), il fait apparaître la belle figure de Jésus-Christ. Alors la crainte cesse, et l'âme, dans l'enthousiasme, passe des heures dé- Jicieuses à la contemplation, avant de se livrer à limitation. Voilà en abrégé, la méthode de S. Ignace.
3) Sur la correspondance aux “ bienfaits de choix dont Dieu nous à prévenus ”, S. Ignace insiste dans chacun des cinq exercices de la journée de la deuxième et de la troisième semaine, et dans presque tous ceux de la première, par ces termes impressionnants : ‘ de ce qu'à cause de mes péchés le Seigneur va à sa Passion ”,
comment Notre-Seigneur endure toutes ces choses pour mes péchés etc. et ce que moi, de mon côté, je dois faire et souffrir pour lui ”, ‘tout cela pour moi. "
4} Finalement, toute la quatrième semaine est
(1) Cité par le P. Watrigant : Deux Méthodes de Spiritualité, p. 31. Lille, 1900.
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dirigée par S. Ignace de rnanière à amener le retraitant à s'éprendre de la beauté de la divi-
“ nité : “ qui apparaît et éclate maintenant dans
la très sxinte Résurrection par tant de miracles,” et aussi de la divine bonté, admirant : comment Jésus-Christ Notre-Seigneur exerce l'office de consolateur comparant ce qu'il fait envers les siens avec ce que les amis ont coutume de faire pour consoler leurs amis. ”
ŒUVRES : Pour plaire à la divine Bonté, la pure intention de lui plaire ne suffit pas : il faut avant tout, que l'œuvre par laquelle nous prétendons lui plaire, lui soit agréable, et l'œurve ne peut être telle, si elle n'est l'accomplissement de la volonté divine : en cela consiste le service de Dieu, Cette divine volonté, le véritable serviteur doit l'accomplir, alors même qu'elle lui ordonne de renoncer au bien qu'il désire, et d'endurer un mal qui lui répugne, à limitation de Notre-Seigneur Jésus-Christ, dont les admirables exemples de total accomplissement de la volonté du Père céleste lui ont été proposés dans la deuxième et la troisième semaine, En un mot, nous devons servir Dieu purement pour lui plaire, et nous devons lui plaire purement en le servant. Notre service doit être effectif dans les œuvres, et affectif dans l'intention et dans l'amour.
S. Igace va plus loin dans les Constitutions citées, et dit : ‘* qu'ils cherchent en tout Dieu.
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