‹ Analyse des exercices spirituels de S. Ignace de LoyolaChapitre 184 sur 216 · Chapitre XXX. — Moyen de persévérance · texte numérisé non relu

Chapitre XXX. — Moyen de persévérance

L'on peut dire en toute vérité du retraitant qui aurait fait avec sincérité la donation, indiquée dans le premier point de la dernière contemplation, qu'il a réellement atteint, bien qu'à un degré initial seulement, la perfection évangélique. Il doit donc à l'avenir mener une vie telle que non seulement il se conserve dans ce quil vient de gagner laborieusement, mais que, par l'exercice constant des vertus, il ne cesse de le consolider et de l'élever à une plus grande perfection.

Comment y arriver ? S, Ignace lui fournit pour cela un moyen extrêmement simple et en même temps d'une merveilleuse efficacité. Quel est-il?

Rappelons d'abord que, dans la demande du cinquième exercice de la première semaine, S, Ignace fait solliciter une connaissance intime du châtiment que souffrent les damnés afin, dit-il, que si mes manquements (ou imperfections volontaires) me faisaient jamais oublier l'amour de l'éternel Seigneur, du moins la crainte des châtiments m'aide à ne pas tomber dans le péché. ”

Il établit par là deux principes, peut-on dire : le premier est que l'oubli de l'amour du Seigneur conduit naturellement au péché, non seulement véniel, mais même mortel ; le second, que les im-

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perfections, ces imperiections quotidiennes que, la plupart du temps, nous admettons sans nous en rendre compte, amortissent peu à peu le souvenir de cet amour et nous le font oublier.

Se basant sur ces deux principes, S. Ignace veut, dans l'Examen général, que dans le premier point nous renouvelions la mémoire des bienfaits reçus de Dieu, résumant ici en peu de mots ce qu'il a dit plus au long dans le premier point de la Contemplation, à savoir : “ Rappeler à ma mémoire les bienfaits reçus : création, rédemption et dons particuliers, etc. ”

Il voulait dans cette contemplation nous faire comprendre, grâce à ce souvenir, que nous devions avec beaucoup de raison et de justice offrir et donner à Dieu fous nos biens et nous donner nous-mêmes.

Et c'est ce que le retraitant fait. Il doit donc, dans le premier point de l'examen, se rappeler ces mêmes bienfaits, en rendant grâces à Dieu et aussi en confirmant l'oblation et la donation qu'il a faite dans la contemplation. Or, si ce premier point se répète chaque jour, une fois ou deux, dans l'esprit même de la donation, serait-il possible que le souvenir de l'amour du Seigneur s'évanouisse et s'atténue, amour dont ces bienfaits sont précisément la preuve ?

Voilà bien un moyen direct de prévenir l'oubli de l'amour du Seigneur éternel. Dans les quatre points suivants,S. Ignace propose un autre moyen,

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