‹ Analyse des exercices spirituels de S. Ignace de LoyolaChapitre 35 sur 216 · DD · texte numérisé non relu

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l'amour de Dieu, selon le premier et le plus grand des commandements : “ Tu aimeras le Seigneur ton Dieu. ‘ ; 2) l'accomplissement de toute volonté de Dieu connue, à l'exemple de Notre-Seigneur qui disait de lui même : “ Je suis descendu du ciel, non pour faire ma volonté, mais pour faire la volonté de celui qui m'a envoyé ‘ (Jean, VI, 38), et encore : “ Je fais toujours ce qui lui est agréable. ‘ (ibid. VIII, 29),

Cet accomplissement de la volonté de Dieu est absolument requis pour la pratique de la vraie charité ; c'est l'enseignement que le Seigneur a laissé aux apôtres, et par eux à nous tous, quand il a dit : Celui qui possède mes commandements et les garde, celui-là m'aime. Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole. ‘ (ibid. XIV, 21 et 23).

L'accomplissement universel de foute volonté divine exige le renoncement à la volonté propre, chaque fois qu'elle n'est pas conforme à celle de Dieu ; et c'est dans la répugnance naturelle que l'on éprouve pour ce renoncement, que réside le plus grand obstacle à la pratique de la charité.

En effet, la volonté divine, par rapport à l'homme, peut s'étendre des choses les plus agréables et les plus douces à la nature jusqu'à celles qui donnent naturellement le plus de répugnance et d® peine, Pour le Christ, elle s'est

étendue de la Transfiguration sur le Thabor jusqu'au Crucifiement sur le Calvaire; et entre ces extrêmes si distants, s'est intercalée une série de termes qui participaient plus ou moins les uns à la gloire du Thabor, les autres à l'ignominie et aux souffrances de la Croix.

Notre-Seigneur Jésus-Christ était orné de toutes les vertus à un degré éminent ; il ne rencontrait donc aucun obstacle à l'accomplissement de la volonté de son Père céleste : de même que l'homme n'en rencontre point, tout imparfait qu'il soit, lorsque la volonté de Dieu est qu'il jouisse d'un bien que la nature désire, ou qu'il échappe à un mal qui lui inspire une aversion naturelle, Au contraire, il est difficile, et maïntes fois souverainement pénible, de se priver d'un bien qu'il désire, ou d'endurer des maux qui l'affligent, alors même que l'accomplissement de la volonté divine l'exige de lui.

En un mot : par rapport à l'accomplissement de foute volonté de Dieu, l'homme se trouve naturellement d'un côté prêt et dispos, et de l'autre indisposé et récalcitrant, Or, les Exercices sont destinés à le mettre dans des dispositions si complètement parfaites avec le secours de la £râce, qu'il se sente tout aussi prêt à s'abstenir de ce qui est agréable qu'à en jouir ; aussi prêt à souffrir ce qui est désagréable qu'il l'est naturellement à le fuir: c'est-à-dire que par les

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