‹ Analyse des exercices spirituels de S. Ignace de LoyolaChapitre 49 sur 216 · NOV · texte numérisé non relu

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quelque fruit ”, comme pour lui dire : si le Seigneur fait cela pour toi, que dois-tu faire pour lui ? S'il le fait pour donner l'exemple de ce que tu dois faire, refuseras-tu de l'imiter et de le suivre ?

Dans tous ces exercices, une importance toute particulière s'attache au premier et au troisième point de la contemplation, et au troisième de l'application des sens. “ Le premier point, Voir les personnes. Et moi, je me tiendrai là comme un petit pauvre, et comme un indigne petit serviteur, les regardant, les contemplant et les servant dans leurs nécessités, comme si j'étais présent, avec tout le dévouement et la révérence possibles, ”

Le Saint amène d'abord le retraitant à l'imitation des exemples de pauvreté et d'humilité, qu'il admire dans des personnages d'une aussi haute dignité que celle des membres de la Sainte Famille, Cette imitation, simplement imaginaire durant l'exercice, est très dévote et tout à fait propre à toucher le cœur et à exciter en lui le désir de l'imitation réelle : c'est pourquoi il fait entrer le retraitant dans le cercle de cette famille plus céleste que terrestre ; pourtant, s'il y entre, ce ne sera, pour le moment, qu'en qualité de petit mendiant, de petit esclave indigne, avec l’espoir d'entendre plus tard, de la bouche même du divin Maître, ces tendres paroles : “ Je ne vous

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appellerai plus mon serviteur, mais mon ami, (Jean XV, 15)

Dans le troisième point de chaque contemplation, S. Ignace fait contempler en général ce que font les personnes ; mais il veut que l'on considère particulièrement que le Verbe incarné agit et souffre afin que, ” après tant de travaux, après la faim, la soif, le chaud et le froid, après les injures et les mauvais traitements, il meure enfin sur une croix, et tout cela pour moi ! ”" Que dois-je donc faire et même souffrir, moi pour lui, en retour de tant d'amour ?

Finalement, dans le troisième point de l'application des sens, le Saint veut que cette connaissance du Christ, demandée dans le préambule, soit une connaissance expérimentale, car elle est plus puissante pour ravir le cœur, l'embraser d'amour, et pour pousser l'homme à faire de grandes choses pour celui qu'il aime : ‘ Troisième point. Respirer et goûter par l'odorat et le goût la suavité et la douceur infinie de la divinité, celle de l'âme et de ses vertus, etc., selon la per- Sonne que l'on contemple. ” Ce grand bonheur Sobtient par l'accomplissement de la volonté divine, lors même qu'elle veut que nous nous abstenions des biens agréables aux sens et que nous vivions dans l'obscurité et dans la privation de toute consolation et de tout soulagement humain.

Chapitre VII. — Exercices pour se défaire des affections desordonnées ou des répugnances à l’égard des maux de la terre.

De même que pour préparer et disposer le retraitant à l'usage des biens de la terre, S, Ignace lui fait considérer les admirables exemples du Sauveur, depuis son incarnation jusqu'au seuil de la Passion. c'est-à-dire durant la période où il n'en fit usage, ou ne s'en abstint que d'après la volonté de son Père éternel ;: ainsi pour le prépater et le disposer à l'endurance et au support des maux de ce monde, il offre à sa considération les très dures souffrances, les opprobres, les injures souffertes par le Rédempteur depuis la prière au Jardin jusquà sa mort ignominieuse sur la Croix.

Très grande fut la répugnance ressentie par la; très sainte humanité du Christ envers la Pas-u sion ; le Père céleste envoya du ciel un ange pour le réconforter et pour l'encourager à soutenir le déluge de maux qui allaient se précipiter sur lui. Maïs c'était la volonté du Père que, par l'effusion de ce sang innocent, s'opérât la rédemption du genre humaïn, perdu par le péché ; et le Fils très obéissant, voulant accomplir cette volonté et satisfaire à la justice divine pour les péchés de tous les hommes, se livra coura-«

geusement à ses ennemis pour qu'ils déchargeassent sur lui, leur fureur satanique.

Avant d'aborder les mystères de la Passion, S, Ignace fait contempler dans le premier exercice de la troisième semaine, ceux de la dernière Cène, laquelle fut aussi le dernier épisode de la vie publique du Christ. Il rappelle très à propos au retraitant le souvenir de ses péchés à cause desquels le Seigneur va souffrir des douleurs si cruelles et une mort si ignominieuse ; comme pour lui dire : C'est aux peines et aux tourments que ton Dieu va souffrir que tu dois de ne pas brûler maintenant dans les flammes éternelles et d'avoir reçu le pardon de tes fautes, malgré leur nombre, leur malice et leur laideur, comme tu l'as bien compris en première semaine ; par conséquent que ne dois-tu faire et même souffrir pour celui qui a tant souffert pour toi ?

Le troisième préambule de l'exercice de la Cène, qui est “ de demander la douleur, l'affliction et la confusion ”’, nous montre que S. Ignace eut l'intention d'évoquer puissamment au début de la troisième semaine, le souvenir de la première semaine et du fruit qu'on en a retiré. Il y est question, en effet, de douleur et d'affliction, comme dans le deuxième exercice de la première semaine, et de confusion, comme dans le premier où l'on demandait honte et confusion. Cette affliction et cette confusion, nous ne les demandons plus ici, comme nous le faisions là,

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