M EOS TT
S 1. — De la Solitude.
En premier lieu, il exige de lui la solitude et la retraite, D'ordinaire, dit-il dans la 20e annotation, le profit sera d'autant plus grand, que l'on se sera plus entièrement séparé de ses amis et connaissances, et de toute sollicitude terrestre. ” De cette solitude le retraitant tire trois avantages : 1) Son mérite sera loin d'être médiocre aux yeux de Dieu ; 2) la solitude lui enlevant l'occasion de disperser son entendement sur beaucoup d'objets, pour l'appliquer soigneusement à un seul, il usera de ses puissances naturelles plus librement pour chercher avec soin l'objet de son plus vif désir : 3) enfin, dit S. Ignace : plus notre âme se trouve seule et séparée, plus elle se rend capable d'approcher tout près de son Créateur et Seigneur, et plus aussi elle se trouve en contact avec lui, mieux elle se dispose à recevoir les grâces et les largesses de sa divine et suprême bonté. ‘”
Mais cette solitude du corps serait de peu de profit, si la solitude intérieure de l'esprit ne l'accompägnait pas ; aussi S. Ignace veut-il que le retraitant n'admette aucune pensée, même bonne et sainte, qui puisse compromettre le sentiment propre de chaque semaine : au contraire, il lui recommande d'entretenir des pensées en harmonie avec le but poursuivi, C'est le rôle de la 6e addition dans les quatre semaines. En effet,
a À) De
dans la première semaine, il est dit : “ J'éviterai de penser volontairement à des objets agréables et joyeux, tels que la gloire du Paradis, la Résurrection, etc. ” ; et la raison en est que toute considération portant à la joie et à l'allégresse serait un obstacle au fruit présent qui est “ la douleur, la contrition, et les larmes au sujet de mes péchés. ” Ce n'est pas assez, il faut entretenir des pensées en harmonie avec cette peine et cette douleur : Maïs je m'entretiendrai dans la volonté de sentir la componction et la peine, appelant plutôt le souvenir de la Mort et du Jugement, "” ;
Pour le même motif, dans la troisième semaine nous lisons : ” J'écarterai les pensées joyeuses quoique bonnes et saintes, telles que celles de la Résurrection et du Paradis, mais plutôt je me porterai moi-même à la douleur, à la peine et à l'affliction ” (fruit recherché dans la Passion).
Et inversement, dans la quatrième semaine, il est dit : “ Je me rappellerai et j'entretiendrai dans mon esprit les pensées qui portent au plaisir, à la joie et à l'allégresse spirituelle, comme la pensée du Paradis. Durant la deuxième semaine, où l'on ne cherche directement ni la peine, ni la joie : * Je me rappellerai fréquemment à la mémoire la vie et les mystères de Jésus- Christ Notre-Seigneur, commençant depuis son Incarnation jusqu'au passage ou mystère qui va faire l'objet actuel de ma contemplation. "