DOCUMENS
L'Evéque de Québec écrit au Curé Nau :
‘ Québec 25 Aout 1836.
Monsreur, |
‘ Conformément à l’avis que je vous donne par une “ lettre en date de ce jour, je vous confie par la présente, “ jusqu’à révocation de ma part ou de celle de mes suc- “ cesseurs, la desserte de la Cure et Paroisse de St. Va- “ lentin, dont vous percevrez les dimes et oblations, “ et où vous exercerez lés pouvoirs dont jouissent les ‘ autres Curés du Diocèse. Vous serez rendu à votre “ nouveau poste pour le premier Dimanche d'Octobre.
‘“ Je suis bien sincèrement, ‘ Monsieur, “ Votre très humble et très obéissant serviteur
6 + Jos. Ev. de Québec.” & Mr. Louis Nau, Prêtre, | ‘“ &c. &c. &ec.”
L'Evéque Lartigue écrit au Curé Nau:
: Montréal, le 22 Septembre 1836.
Moxsteur, | | ‘ Je vous enjoins d’évacuer, dès le vingt-huit de ce “ mois, de votre personne et de vos effets, le Presbytère “ de la Paroisse de St. Jean-Baptiste, ainsi que les dépen- “ dances du dit presbytère pour qu’il soit prêt à recevoir
‘un nouveau desservant. Vous mettrez aussi à la garde
‘“* du marguillier en charge tout ce qui appartient à l’Eglise,
‘ avec les régistres, ‘comptes, ret iautres papiers, de la de “ fabrique de la même paroisse. Enfin après avoir con- di “ sumé toutes les espèces consacrées qui se trouvent dans Pl ‘ l'Eglise, vous déposerez les vases sacrés dans un lieu de “ décent et sous clef, laquelle clef. vous mettrez également fer “en la possession du même marguillier, qui recevra nou “ ensuite mes ordres à ce sujet. Lef “ Je suis bien véritablement, Eh
‘ Monsieur, | es ‘ Votre tr. h. serviteur ‘y pa “+ J.. J. Ev. de Montréal.” is À Mr.'Nau Prêtre. “ pou | M tien ' sior L'Evéque Lartigue s'érige un Tribunal et y cite le Curé nai “NVau. que “ Montréal, le 25 Octobre 1836. | déd MonsIEUR, | lett ‘ Vous êtes accusé devant mon Fribunal d’avoir ‘ refusé, après plusieurs sommations, de livrer au Curé lui: “ (a) nouveau de St. Jean-Baptiste, Mr. Lafrance, et ï | (a) A la page 4 de-son Mémoire sur l’amovibilité PEvé- se que Lartigue nie au Curé Nau la qualité de Curé,;:en ces je 'termes : "“ Quelititre légal a donc: Mr::Nawà la Cure de to "“1$t:Jean“Baptiste ? Une simple lettre duB:Avril:1884,'et ‘Misimmée de l’Evêque de Québec seul, qui lui ditien même LE #%: temps que: cette mission est révocable:à sa volonté ‘ou &e
‘à céHeide’ses successeurs Evêques” Eh: voilà qu'en
Eglise, , de la ir connt dans un lieu lement recevra
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d’avoir 1 Curé nce, et
PEvéen ces ure de 884,'et même nté ‘ou qu’en
“ aux marguilliers de cette paroisse, l'Eglise, la Sacristie,
“ le cimetière, et les choses y appartenantes, ainsi que
cette citation il reconnait au Prêtre Lafrance la qualité de Curé, quoique la provision de ce dernier soit bien inférieure à celles du Curé Nau, comme je l’ai prouvé plus haut! Aux termes même de sa provision le Dévoiutaire Lafrance ne peut savoir s’il est Curé ou Missionnaire ! Eh l’Evêque Lartigue reconnait que cette provision est un titre qui donne la qualité de Curé! On ne peut oublier que la Cure de St. Jean-Baptiste fut donnée au Curé Nau comme un dédommagement de ses durs et pénibles travaux, et que ce Curé reçut pour cette Cure les pouvoirs de Curé! Cependant l’Evêque Lartigue soutient que ce même Curé n’a jamais eu qu’une lettre de mission et qu’en conséquence il n’a jamais été qu’un missionnaire et nullement un Curé! Ainsi au compte de l’'Evéque Lartigue le meilleur titre donné pour récompense ou dédommagement de durs et pénibles travaux n’est qu’une lettre de mission et ne revêt point de la qualité de Curé, tandisqu’un misérable écrit si confus et si ambigu que celui-là même qui en est pourvu ne peut aucunement savoir ce qu’il est, est un titre qui revêt de la qualité de Curé ! Ho la partialité ! Ho la honte! Ho l'injustice ! Ho le déshonneur ! Ho l'opprobre! Ho l’infamie! Quelle confiance peut-on avoir dans un Evêque qui se souille si ouvertement des délits les plus flagrans pour écraser un Curé et pour entrainer dans sachûte tous les autres Curés ? Cependant, je le dis avec le plus grand regret, les Juges de Montréal ne se sont pas écartés des principes, des suggestions et de la route que leur a tracés l’'Evêque Larce
“ le presbytère et ses dépendances, contrairement aux “ordres que je vous en avais signifiés là-dessus : d’avoir ‘“ refusé au nouveau Cuwré susdit l'usage de ces divers “lieux et choses y appartenantes, pour y faire ses “ fonctions sacerdotales et Curiales (b) : que vous avez ‘essayé de déléguer pour faire un mariage de votre “paroisse (c) un pouvoir que vous reconnaissiez n’avoir nn ee OO ER EE PP EP ENT A ON PET tigue pour les égarer ! ! ! Quoiqu'il en soit, j'aime toujours à croire que ce n’est point partialité chez eux, mais surprise. Îl est donc impossible de disculper l'Evêque Lartigue de tout l'odieux qu’il a attiré sur lui pour être l’auteur de tous les tourmens et injustices que le Curé Nau à soufferts et souffre encore aujourd’hui! Aussi la conduite de cet Evêque nous force-t-elle d’en dire avec le Poëte Latin: “Il fait horreur de s'en souvenir !” Meminisse horret !
(b) IL est visible que l’Evêque Lartigue cherchait à multiplier les griefs et les accusations, puisqu'il tâche de faire passer pour crime lé refus de l'usage des lieux et choses dont le Curé Nau était en même temps accusé de refuser la possession au Dévolutaire Lafrance. De ce que ce Curé refusait la possession de ces lieux et choses à ce Dévolutaire, il lui en refusait en même temps et par là même l’usage. L'un p’allait passans l’autre. Ainsi va la justice épiscopale ! ! !
Quant aux accusateurs, l’Evêque ne les nomme point ; et le Curé Nau les ignore encore aujourd’hui, Et ainsi va encore la justice épiscopale ! ! !
(ec) Tout le monde sait que chaque Curé peut déléguer ph autre Prêtre pour faire un mariage. D'ailleurs il est
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“ pas vous même : (d) que vous avez refusé de livrer à “ Mr. Lafrance la boëte à l'huile des infirmes, pour “ secourir une femme réputée dangereusement malade, ne “pouvant ou ne voulant aller vous même à son secours ; ‘ (6) d’avoir refusé contre mes ordres de consumer les dédie
remarquable que l’'Evêque était si fermement convaincu que le Prêtre Nau était Curé de St. Jean-Baptiste que cet Evêque lui dit voire paroisse, C’est ainsi qu’une conviction naturelle arrache à l’homme de mauvaise foi une vérité qu’il voulait cacher avec tant d’astuce et de méchanceté dont l’homme du monde mourrait de honte!!! (d) Un pouvoir que vous reconnaissiez n’avoir pas vous même: C’est un mensonge qui n’a pris naissance que sous la mitre de l’Evêque Lartigue. Tous les actes du Curé Nau attestent qu’il n’a jamais cessé un instant de reconnaitre
qu’il avait tous les pouvoirs de Curé. | (e) L'Evêque Lartigue qui ne cherchait qu’à multiplier les causes d’accusation s’imaginait que les gens éclairés ne s’appercevraient pas que cêtte, boëte devait prendre place avec tous les lieux et choses dont le Curé Nau refusait de livrer la possession au Dévolutaire Lafrance, et qu’ainsi il était odieux pour un Evêque d’employer un si détestable moyen d’inculper un Curé qui retenait la possession de cette partie de son Bénéfice comme de toutes les autres et sans distinction. Ainsi va la justice épiscopale ! L’Evêque était bien aise de trouver le prétexte d’une malade pour jeter plus d’odieux sur le Curé Nau. Mais le fait est que cet Evêque n’avait en tête que d’incriminer de plus en plus le Curé Nau et de le déposséder de toutes les dépendances de son Bénéfice dont il
“ Saintes espèces de l’Eucharistie qui se trouvaient alors “* dans l'Eglise de St. Jean-Baptiste. C’est pourquoi, “ par la présente, je vous somme et enjoins de comparaître ‘ personnellement devant moi, dans ma maison de St. “ Jacquesà Montréal, Jeudi le troisième jour de Novembre “prochain, à dix heures du matin pour répondre aux chefs ‘“ d'accusation susdits, et recevoir mon jugement sur ‘“ jceux.
“f J. J. Evêque de Montréak.
À Mr. L. Nau Prêtre.”
voulait à tout prix donner la pleine et entière possession au Dévolutaire Lafrance. Ainsi va la justice épiscopale ! ! E L’Evêque Lartigue avait tellement pris pour tâche d’embarrasser toute cette affaire qu’il mettait du louche et de l’ambiguité jusque dans ses phrases dont l’obscurité fait ressortir la malice de leur auteur disant au Curé Nau à Poccasion de cette malade : ne pouvant ou ne voulant aller vous méme à son secours. Il est impossible de pouvoir dire si le Curé Nau pouvait ou ne pouvait pas, s’il voulait ou ne voulait pas aller à cette malade, car il n’a jamais été requis pour cette fin. Mais.le Dévolutaire Lafrance a envoyé auprès du Curé Nau quelqu’un pour lui demander la boëte en question. Le Curé Nau qui pouvait et voulait aller secourir ses paroissiens malades refusa de livrer cette boëte au Laïque qui la lui demandait sans requérir le ministère du Curé Nau pour cette malade. Cette demarche était donc une ruse, un piége qu’on tendait pour déposséder le Curé Nau et pour le perdre! : Ainsi va la justice épiscopale ! ! !
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Le récit de ce qui se passa chez lEvéque est de la dictée du Curé Nüuu qui l’écrivit le méme jours
Le 3 Novembre, 1836. È Le Curé Nau chez l’Evéque Lartigüe.
Le Curé Nuu refuse de reconnaître le Tribunal que l’Evéque Lartigue a prétendu s’ériger ; mais reconnait
lEvéque lui-même comme son Supérieur Eculésiastique:
Voici comme était composé ce prétendu Tribunal : sept siéges étaient disposés en cercle : six de ces siéges étaient occupés par l’Evêque, par le Grand“Vicaire Roque à gauche, par le Grand-Vicaire Quiblier à droite, par l’ex-Secrétaire Bourget alors Grand-Vieaire, par le Dévolutaire Lafrance, par le Prêtre Truteau Secrétaire de l’Evêque, et le septième siége fut présenté au Curé Nau qui se trouva vn face de l’'Evêque et qui complettait le cercle. Une table était devant PEvêque: Dèsque le Curé Nau entra, l’'Evêque et ses adjoints susnommés se levèrent et saluèrent le Curé Nau. Le salut rendu, tous s’assirent formant le cercle. L’Evêque demanda au Curé Nau: “Avez-vous reçu ma “ sommation Ÿ” Le Curé Nau répondit: “ Je l’ai reçue.” L’'Evêque ajouta : “ Les faits qui y sont allégués sont- “ils vrais?” Le Curé Nau répondit: “ Il y en a de “ vrois.” Le premier chef d’accusation étant lu, le Curé Nau dit: “j'ai refusé les objets mentionnés et je con- “ tinue de les refuser’ Le second chef d’accusation: étant lu, le Curé Nau répliqua : “Ce que la sommation “ prétend faire passer comme second chef d’accusation: ‘ n’est qu’une conséquence inséparable du premier chef : “ ayant refusé les objets mentionnés dans le. premier
“ chef, on doit sentir que j’en ai en même temps refusé “ l'usage ; et qu’ainsi on ait à passer au troisième.” L’E. vêque parut contrarié ; mais sentant que la leçon était aussi méritée que verte et que la discussion de ce prétendu chef en ferait voir l’iniquité dans un plus. grand jour, il n'insista point. Sur le troisième chef le Curé Nau dit: “ C’est en ma qualité de Curé que j'ai permis de “ faire un mariage de ma Paroisse.” Au quatrième chef le Curé Nau répondit: “ J'ai refusé de livrer au “ Prêtre Lafrance la boëte à l’huile des infirmes, mais “je n’ai jamais refusé d’aller secourir la malade en “ quéstion, parcequ’on n’a jamais requis mon ministère “ pour cette fin.”
Alors le Prêtre Lafrance se levant commença à accuser le Curë Nau d’avoir refusé d’aller à la dite malade, Le Curé Nau, lui répondit : « Monsieur, je suis extrêmement “ étonné de voir que tant soit peu de délicatesse ne vous ‘ait pas dit qu’il ne vous convenait point de vous porter “ici comme faux accusateur contre un Curé dans une “ affaire où vous êtes si intéressé, et tandisqu’un reste “ de pudeur devait vous faire sentir que vous devriez ‘être bien loin de ce lieu où le seul parti que vous ayez “ à tenir est très certainement celui du silence.” Le Prêtre Lafrance s’assit aussitôt sans répliquer.
Quant au cinquième chef, le Curé Nau montrant la répugnante et l'horreur qu'il aurait. eues à exécuter Pordre de l’Evêque, dit d’un ton d’indignation et de courroux provoqués: “ Je n’ai point consumé les saintes “espèces de l’Eucharistie” Puis tirant un papier qu’il portait, il dit à l'Evêque: “ Je ne viens pas ici pour me * justifier des prétendues accusations pour lesquelles
“ vous m'avez cité de comparaître devant un Tribunal que
be “ vous avez prétendu ériger pour me juger et que je ne l | E- “ reconnais point. Aucune loi, aucune autorité com- 1 n était ‘ pétente n’a érigé ni reconnu ce Tribunal ; et le fait || étendu “est que vous n’en avez point. Mais je vous reconnais | jour, il ‘pour mon supérieur Ecclésiastique ; e& c’est sous, ce | é Nau “ seul rapport que je suis ici aujourd’hui” Quelques il sed de paroles furent échangées à l'égard de ce prétendu Tribu- | trième nal. Puis le Curé Nau dit: “ Avant que de discuter les rer ue “ derniers chefs, il convient de remonter plus haut. Je | TROIS “ voudrais savoir pourquoi vous avez prétendu me déposde cn “ séder et me priver de ma Cure de St. Jean-Baptiste.” nistère L’Evêque répondit: “Si vous avez droit de vous “ plaindre là-dessus, vous pouvez me poursuivre.” “ C’est IvURer aussi ceque je ferai,” repliqua le Curé Nau en ajoutant : + Le “ Je suis Curé de St. Jean-Baptiste, et je prétends nié “ continuer de l'être” A plusieurs paroles qui furent Four encore échangées le Curé Nau répéta souvent : “ Je suis porter Curé de St. Jean-Baptiste.” Puis il ajouta : “ Je tiens . “ ici une lettre dont je vais vous faire part, si vous voulez vide “* entendre.” L’Evêque répondit: “ Vous pouvez la __ “ lire.” Le Curé Nau lut sa lettre conçue comme suit : s ayez ? Le : ‘ Monseigneur, “ Je me rends à l’appel que vous me faites par votre FA “ lettre du 25 Octobre dernier, non pas que je veuille re- — “ connaitre par là que les Lois du pays aient établi le ” de “ Tribunal dont vous y faites mention, mais comme mon 7 “ supérieur Ecclésiastique, je désire sincèrement yous ds “témoigner tout le respect que je voys dois, et que je
Îles “ puis vous rendre, sans blesser les droits et priviléges elle | |
“ que je possède comme seul Curé de la Paroisse de St. ‘“ Jean-Baptiste de Rouville depuis dès le moment que j'ai été régulièrement nommé à cette Cure. Je puis “ dire en défense de ma position que j’ai toujours fidèle- ‘“ ment rempli mes devoirs comme Curé de cette paroisse. “ Je suis encore à ignorer qu’il y ait eu aucune plainte «“ portée contre moi à ce sujet. Cependant l’Evêque de “# Québec sans m’entendre et même sans m’assigner “ aucun motif a voulu me priver de mes droits acquis à “ Ja desserte de cette Cure. Si à la suite de cette réso- ‘“ lution de sa part, mon supérieur Ecclésiastique me “ croyait encore digne de remplir les mêmes fonctions “ curiales dans une autre Paroisse peu éloignée dans ce “ district, je ne vois pas que je le fusse moins de con- ‘ tinuer à posséder la Cure de St. Jean-Baptiste. De- “ puis ma nomination à cette Cure je proteste que je ‘ n’ai aucunement manqué au respect du à l’autorité “ Ecclésiastique, et à Dieu ne plaise que jamais jé m’en ‘ rende coupable. En même temps que je veux toujours “ diriger ma conduite dans ce but, je ne puis oublier que ‘ j’ai des droits et des priviléges acquis, et que j’ai droit “ à la justice et à la protection de la part de tous ceux « qui y sont tenus à mon égard. Aujourd’hui je ne sais “ pour quelles justes raisons l’on a résolu de me déclarer “ indigne d’exercer mes fonctions curiales dans la Pa- ‘ roisse dont je suis le vrai et seul Curé à tous égards. “ Je me trouve condamné sans avoir été entendu. De “ ]a même manière l’on veut me forcer à renoncer à des “ droits et priviléges acquis. Je ne puis croire que, sous “ yn gouvernement dont la justice égale pour tous doit ‘“ être la première des vertus, il puisse exister un tel
be.
“6 e « C «ce e bé : LI Ô “re «6 & “ si 11 n1 “di ‘€ sc .€ m
de St.
nt que Je puis fidèleroisse.
plainte que de ssigner -quis à e résoue me nctions lans ce je con-
que je utorité jé m’en Jujours ler que ai droit 1S CEUX ne sais éclarer la Paégards.
u De r à des le, SOUS us doit un tel
" arbitraire qu'un homme puisse être privé de ses droits “et de ses priviléges, disgracié, flétri aux yeux dé $és “ concitoyens sans savoir pourquoi et saus avoir été “entendu. Mon devoir ét ma constience m’obligeht de “réclamer. Si je croyais commettre la moindre faute “ ou le moindre péché en adoptant cette résolution, j’y ‘“ renoncerais aussitôt. Telles sont les considérations ‘# générales qué mon respect pour mon supérieur Ecclé- “ stastique me fait un devoir, monseigneur, de soumettre “à votre grandeur, pleinément convaincu de la justice “de ma cause et n’aÿänt aucun reproche à me faire ni “ sous le rapport de mes mœurs ni sous celui dé mon “ ministère comme Curé de St. Jean-Baptiste.
“ J'ai l’honneur d’être, ‘“ Monseigneur, ‘ avee le plus profond respect, “ de votre Grandeur “ le très humble et obéissant serviteut
“ L. Nav, Prêtre, Cütré “ de St. Jean-Baptiste de Rouville.”
‘“ Montréal, 3 Novembre, 1836.
“S, G. Mgr. l’'Evêque de Montréal, ‘6 &c. &c. &c.”?
Le Curé Nau âyant fermé cette lettré, la présenta à P'Evêque en lui disant: “ Voulez-vous m'en donner ün récépissé?” 4 Oui,” dit l’Evêque en ajoutant: “ Est-ce “que vous ne me reconnaissez pas pour votre Evêque ?”
Le Curé Nau répondit: “Je vous ai prouvé dans ‘ cette lettré que je vous reconnaissais pour mor supés
Li]
rieur Ecclésiastique; et c’est sous ce rapport. seulement que je suis ici aujourd’hui, et nullement pour reconnaître le Tribunal dont vous me parlez dans votre lettre ; et ce n’est pas, non plus, pour me justifier, ni. entrer dans le mérite ou le démérite des accusations portées contre moi, puisqu’il faut remonter plus haut, et prendre la question dans son principe pour savoir si vous avez-pu me déposséder de ma Cure et me priver de l'exercice de mes fonctions curiales sans cause. légitime, Tout le reste et les. chefs d’accusation ne sont que des conséquences qui ne peuvent avoir que secondairement le mérite de la discussion... Voulez-. vous me donner un récépissé ? Et je vais me retirer.”
“ Je vais vous le donner,” répondit PEvêque.
Alors l’ex-secrétaire Bourget dit aussitôt au Curé Nau :“ Voulez-vous passer dans cét appartenrent ?” Sans doute l’ex-secrétaire se croyant passé-maître pour la rédaction d’un récépissé, voulait y mettre la main en faisant courir au colin-maillard le Curé Nau qui bien certainement n’était point disposé à souffrir le bandeau. Le Curé Nau lançant sur l’exécration un regard mêlé de surprise et d’indignation, ne répondit rien, mais ne bougea point. L’Evêque répliqua à sonex-secrétaire : “ Pour- “ quoi le faire passer dans un autre appartement? Cela “ n’est pas nécessaire.” Puis l'Evêque se mit à écrire le récépissé, qui est bien. loin de. contenir la vérité comme on peut facilement s’en convaincre par la lecture de la dernière lettre ei-dessus rapportée confrontée avec le récépissé etpar les. paroles qui furent échangées à cette rencontre, et de plus par les remarques. sur les: Notes. de PAvocat L. H.:LaFontaine, à la-page.4 où la plume de
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PEvêque dit: “Mr. Nau n’a ignoré son accusateur (a) ‘ que parcequ’il a paru devant l’Evêque seulement pour
“ décliner sa jurisdiction.”’ Ce n’était donc pas pour
présenter une lettre comme défense aux accusations portées contre lui, comme le dit l’Evêque dans son récépissé, que le Curé Nau a paru devant l'Evêque, mais pour lui dire en termes polis et respectueux qu’il abusait de son autorité pour essayer à déposer un Curé dont la possession, les droits et la conduite se trouvaient en harmonie avec les Lois Divines, Ecclésiastiques et Civiles. Ce récépissé fut conçu comme suit : | « J'ai reçu de Mr. Louis Nau, Prêtre, dans sa compa- “ rution devant moi le. trois de Novembre mil-huit-cent- “ trente-six en vertu d’une citation, une lettre de la date “ susdite, qu’il a présentée comme défense aux accusa- ‘ tions portées contre lui.
Fait à Montréal, les jour et an que dessus.
€ J. J. Ev. de Montréal.”
L’Evêque ayant donné ce récépissé au Curé Nau, lui dit: “Je vous avertis que la procédure n’est pas encore “ finie.” “Je m’en occupe peu,” dit le Curé Nau sortant de l’appartement et prenant congé. “ Ce n’est plus mon “6 affaire.”
Si la sentence n’était pas écrite d’avance, du moins est-il vrai de dire que le Tribunal monstre s’empressa de lui faire voir la lumière le même jour, (Cette sentence fut conçue comme suit :
(a) Il est évident que cet accusateur était le Dévolutaire Lafrance qui seul s’est montré tel en présence du Curé Nau même comme il est prouvé plus haut,
“Sentence de Mgr, l’Evêque de Montréal contre. Mr. ‘“ Louis Nau Prêtre sur l’assignation à lui faite le 25 “ Octobre 1836, |
“ Jean Jacques Lartigue Evêque de Montréal &c.
“ Vu la procédure faite aujourd’hui trois de noyembre “ mil-huit-centstrente-six, dans notre maison épiscopale de “St. Jacques à Montréal par laquelle il appert que le dit “ Prêtre accusé a reconnu tous les faits allégués comme ‘ chefs d’accusation contre lui, excepté un seul de ces ‘faits qui a été prouvé ensuite par la déposition de trois ‘témoins dignes de foi: (a) vu aussi que ces faits sont re-
(a) Ercepié un seu] de ces faits. I] paraît que l’Evéque voulait faire passer pour fait et pour chef d’accusation ces termes confus qu’il a insérés dans sa citation: ne Pouvant ou ne voulant aller vous méme à son secours. Cette expression ambigue qui ressent le mauvais français prouve que l’Evêque et l’accusateur étaient fort en peine de savoir si le Curé Nau était Pouvant où ne pouvant pas ou voulant ou ne voulant pas. Qu'il y a d’astuce dans ces termes ! qu’il y a de mauvaise foi! Et quels sont ces témoins digne de foi? Et qui était autorisé légalement à recevoir leur témoignage? Tout cela est dans le secret des ténèbres! !! Et quel est le Juge honnête qui voudrait agir sur une accusation dont l’expression serait: #e pouvant ou ne voulant ? D'ailleurs dès ayant cette époque l’Evêque de Québec écrivant au Curé Nau en date du 25 Aout lui disait: “ Je vous préviens offici- ‘“ ellement qu’avenant le mardi. soir vingt-septième jour “ du mois de Septembre prochairé vous cesserez d’être “ chargé de la desserte de la Cure dé St. Jean Baptiste
re. Mr.
» le 25
rembre pale de e le dit comme de ces e trois
asation on: 7e ecours.
‘ançais | peine nt pas > dans S sont égale- Jans le nnête ession ayant é Nau offici- Jour l'être ptiste
a gardés par les Lois Ecclésiastiques comme des délits,
‘et qu’en effet quelques uns d’entr'eux sont par leur “nature des fautes graves qui méritent punition ; (6) nous “ déclarons, par Ja présente sentence, au dit Louis Nau, # Prêtre, qu’il est de ce moment-ci, et qu’il demeurera ‘“ jusqu’à nouvel ordre de notre part, suspens de toutes “ fonctions Sacerdotales ou Cléricales; et réduit à la
“ de Rouville.” En raisonnant d’après les principes de l’'Evêque Lartigue on doit dire que le Curé Nau était déchargé de la desserte de la Cure de St. Jean-Baptiste, et qu’ainsi personne ne pouvait lui faire un crime de n’avoir pas été à une malade dont il n’était plus chargé, en supposant même qu’il eût été requis pour cette fin. Il est donc évident que l’Evêque ne cherchait qu’à procurer au Dévolutaire Lafrance la possession de la boëte à l'huile des infirmes. C’est toujours le cas de la matière possessoire Bénéficiale.
(5) Il est évident que l’Evêque a recours à l’invéntion pour dire que ces faits sont regardés par les lois ecclésiastiques comme des délits. Son but était d’entacher la réputation du Curé Nau qu’il cherchait à noircir par toutes sortes de moyens. J’ai prouvé que toutes les lois ecclésiastiques étaient favorables au Curé Nau et condamnaient PEvêque Lartigue. Cependant quelle effronterie et quelle malice dans cet Evêque qui fait supposer des crimes énormes dans le Curé Nau! Un éternité de siècles ne pourra faire oublier que cet Evêque a puni le Curé Nau parceque celui-ci a constamment refusé de détruire la Ste. Eucharistie que toutes les lois de l'Eglise ét le la morale lui ordonnént de conserver très respectueusement et très Soigneusément en tout temps.
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“communion laïque. (c) Commettons Mr. François
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(c) Et réduit à lu communion laique. L’Evêque Lartigue sentait que s’il eût dit: et excommunié de la communion sacerdotale ou cléricale, le terme excommunié eût paru extrêmement rigoureux et outré ; c’est pourquoi il lui substitua le mot réduit. Mais le mot réduit a ici la même valeur que excommunié, puisque réduit à la communion ivîique. signifie excommunié ou privé du commerce sacerdotal, de la vie sacerdotale, des avantages sacerdotaux, et réduit au commerce laïque, à la vie laïque, aux habitudes laïques, aux usages laïques, à quitter l’habit de Prêtre et à se revêtir de l’habit laïque, à être enterré comme un laïque et nullement comme un ecclésiastique. Ainsi tout er feignant d’adoucir la rigueur du mot excom munié en lui substituant le terme réduit dans l'espoir de paraître moins méchant et de moins révolter, l'Evêque ne diminue rien de la valeur du mot excommunié auquel réduit est parfaitement synonime en cette occasion. Jusqu'ici l’'Evêque Lartigue et son successeur l'Evêque Bourget ont pleinement justifié l'interprétation que je viens de donner à cette sentence, puisque depuis sa date ils ont tellement traité le Curé Nau comme laïque et comme exempt de la récitation du Bréviaire qu’ils ne lui ont adressé aucun Mandement, aucune circulaire soit par rapport aux changemens ou ajoutés du Bréviaire, soit par rapport à ce qui intéresse les Prêtres en général. On se souvient encore que les cents voix de la renommée ont prôné dans la Paroisse St. Jean-Baptiste qu’audire du Prêtre Lafrance Mr. au n'était plus qu'un latque. Mais l’'Evêque Lartigue eût été bien surpris si le Curé
‘ançois
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ommUumerce cerdoe, aux bit de nterré tique.
TCOM oir de que ne uquel asion.
vêque ue je a date ue et ne lui it par it par On
*e ont ‘e du iique.
Curé
Bonin, Brêtre, Directeur du collége, de Chambly, la
Nau eût fait usage de la lettre et de l’esprit de la sentence pour embrasser totalement la vie laïque en se mariant ! !! C’est à quoi l’'Evêque l’a exposé.On aurait tort de s’imaginer que je fais ici une suggestion au Curé Nau. Celui-ci pense et réfléchit par lui même, et mürit ses actes sans le secours d'autrui. Il n’a refusé une Cure que pour faire revivre les Lois de l'Eglise et de l'Etat, et nullement pour entacher le Corps des Curés dont il fait l’honneur par une conduite aussi exemplaire qu’elle est exempte de tout reproche. Et je suis bien convaincu qu'après avoir souffert si long-temps et si patiemment l'énorme poids d’une persécution et d’une tyrannie monstreuses, il ne consentira jamais à. ternir la gloire et le mérite qui.accompagnent toujours celui qui se sacrifie pour l’intéret commun de ses confrères et pour ne point dévier des préceptes de l'Eglise.
Quant à la sentence en question, il est constant que sa rédaction a été guidée avec l'intention de diffâmer autant que possible le Curé Nau en cherchant à faire croire qu’il s'était rendu coupable de crimes énormes et que suivant les lois de l'Eglise il devait être puni à la dernière rigueur. C’est ainsi que la passion s’affuble de motifs captieux pour tromper le jugement du public dont elle redoute la censure. Non seulement l'Evêque Lartigue a poursuivi et persécuté le Curé Nau pendant sa vie d’Evêque, mais même après sa mort; et non seulement ce même Evêque a poursuivi ce Curé après sa mort d’Évêque et pendant ia vie du même Curé, mais il a disposé sa sentence de manière à poursuivre et
“commission de signifier à l'accusé la dite sentence, ét de “ nous en faire son rapport.
# Fait à Montréal, les jour et ah que dessus. “# fJ. J. Evêque de Montréal.
“ Par Monseigneur,
# À. F. Truteau, Prêtre, Secrétaire.” Mod nu nil Scépirnp' fi mont
persécuter le Curé Nau jusqu’après la mort de Lun et de l'aütre et jusque dans leur tombeau, en faisant en sorte qué ce Curé ne soit inhumé que comme un laïque !!! Ho quelle profonde profondeur d’astuce et de méchanceté méditées et réfléchies! 1! L'intelligence humaine n’a point de térmes pour exprimer l’infamie et l’abômination contenues dans la citation ét dans cette Sentence qui s’en est suivie ! ! ! Je dirai plus: lintelligence hümainé suffit à peine pour pénétrer et sentit tolte l’énormité de l'astuce, de la méchanceté, de l’infamie et de l’abomination renfeérmées dans cette citation et dans cette sentence calomnieuses dont l'horreur réduit au silénce sans qu’on puisse en donner la définition f! !
Jugement rendu par la Cour de Montréal dans la cause du Curé Nau contre lEvéque Lartigue.
Le da Cour du Banc du Roi.
No. 861.
Messire Louis Nau, Prêtre et Curé de la Paroisse de St. Jean-Baptiste de Rouville, dans le District Montréal, résidant en la dite Paroisse, Demandeur vs
Sa Grandeur Monseigneur Jean Jacques Lartigue, Evêque de Montréal, résidant en la cité de Montréal, dans le dit District, Défendeur.
Mardi, le dix-neuvième jour de Juin, mil-huit-centtrente-huit.