LA RENAISSANCE DE LA CIVILISATION
nationaux, comprenant et désiranl celte liberté, émettait pour elle, comme à Constance et à Bâle, la prétention à ces divins rapports; elle concluait à ce que le pape, prenant les ordres de l'Église en considération, resterait le suprême administrateur du christianisme. Bien long fut le concile de Trente; et sous Pie IV il eut uft résultat à peu près contraire à cette première idée, en établissant l'autorité absolue du pape sur toute l'Église, sans cependant affirmer complètement qu'il fût seul en rapport avec Dieu. Là était la plus sérieuse ordonnance religieuse : l'autorité suprême de l'Église doit être confiée au pape; mais si, par sa conduite ou par les événements, ou pour des faits dogmatiques, le besoin de la réunion d'un concile œcuménique se fait sentir, le suprême pouvoir revient à ce concile et le pape n'en est que l'exécuteur. A la suite de ces graves discussions, l'administration de l'Église devint meilleure ; et c'est surtout par la discipline régénérée et bien ordonnée, par Sixte-Quint, qu'elle bonifia, tout en comptant quelquefois avec les désirs particuliers aux différentes nations de l'Europe.
En France, à la fin de la période appelée la Renaissance, les guerres religieuses prêtant leur concours aux guerres civiles, les catholiques durent s'opposer à la séparation de ce pays que les protestants voulaient renouveler. Ces querelles commencèrent sous François Ier sans qu'on puisse donner aux protestants des raisons valables, autres que la manière de présenter leur ambition personnelle. Ces raisons augmentèrent cependant très sensiblement
Barbie du Bocage. II. — 27
lorsque Catherine de Médicis, épousant Henri II, des Italiens sans moralité aucune furent amenés à la cour de France. Ces Italiens cherchèrent à gagner à leur cause une grande partie de la noblesse et à persuader les masses. L'influence acquise par cette cour italienne eut comme conséquence aussi de détourner une partie de la noblesse de l'obéissance et de rejeter une certaine quantité de ses membres vers le protestantisme. Le résultat des mauvaises idées, qu'elles vinssent de Luther ou de Calvin, ou delà décrépitude italienne, mit à bien du monde, en France, l'épée à la main. Cette anarchie fut tristement signalée par l'affreux massacre de la Saint-Barthélémy. Elle dura jusqu'au moment où l'esprit de la nation française, comprenant que son intérêt n'était pas de secourir ces protestants que rien n'excusait, arrêta la production de pareilles erreurs et rendit la force au vrai pouvoir royal redevenu catholique. Ainsi finit l'époque de la Renaissance.