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CHAPITRE Vin

Les phénomènes de trituration cosmique qui se produisirent dans la nébuleuse solaire existèrent également à un degré moindre, mais cependant encore incalculable dans les planètes, lorsqu'elles furent parvenues à l'état de fusion liquide, et, en particulier dans le petit globe incandescent qui fut la terre. Ici la science trouve quelques indices et peut être amenée à des constatations. Ce sont ces indices et ces constatations qui ont même permis, en passant du connu à Tinconnu, de supposer ce qui dut arriver dans l'immensité avant que la terre existât. Toutefois, la position n'était pas absolument la même, car il est vraisemblable qu'il y a, dans quelques-unes des planètes, danà le soleil, et a fortiori dans les autres étoiles, des éléments, effets de mélanges dont, sur terre, nous n'avons pas même l'idée.

Avant de parler spécialement de la constitution de la terre , il semble à propos de se rendre compte, approximativement bien entendu, du moment de sa formation. La réponse à cette question

sera la conséquence de la solution de cet autre problème : Pourquoi, tandis que la terre semble se refroidir, du moins à sa surface, que la lune semble êlre refroidie, le soleil paratl-il conserver tout son éclat, toute sa chaleur?

Dieu, qui en créant, a tout calculé, a voulu, probablement, que le soleil conservât, pour le moins, toute son intensité calorifique et lumineuse pendant le temps que les planètes de son système mettaient à se refroidir, jusqu'à devenir impropres à l'existence de tout organisme. Cette pensée divine paraît démontrée par le fait suivant : Lorsqu'une sphère formée de gaz ou de liquides de densités différentes tourne avec une excessive vitesse, ne sont-ce pas les gaz ou les liquides les plus denses, les plus lourds qui viennent se concentrer à l'équateur de cette sphère et former l'anneau qui, d'après la théorie de Laplace, s'en détachera par la suite? Dans ce cas, les planètes sorties du soleil, auraient eu, dès leur formation, une densité plus grande que la densité de la masse du soleil, et par cela même^ n'auraient exigé qu'un temps bien moins étendu pour la formation de leur croûte solide. Ce temps, pour les planètes qui seraient plus longues à former cette croûte, serait encore beaucoup moindre que celui nécessaire au soleil n'ayant conservé de ses éléments premiers que ceux qui étaient alors les moins agglomérés et les moins agglomérables.

D'après cette supposition, il est possible de former quelques conjectures sur l'âge relatif des planètes du système solaire; car les matières qui se

concentrèrent les premières à Téquateur du soleil, bien que plus lourdes que les autres, avaient d'autant moins besoin d'être lourdes que la masse solaire était moins concentrée ; d'où il résulte que les planètes qui furent lancées les premières dans Tespace se composaient d'éléments plus légers que celles qui suivirent. Or, comme à l'origine la masse solaire avait plus d'étendue, les planètes les premières lancées furent certainement celles qui sont aujourd'hui les plus éloignées du soleil. Ce qui semble confirmer cette hypothèse, c'est que ces planètes paraissent être dans un état de formation que la terre et les planètes les plus rapprochées de l'astre central ont depuis longtemps dépassé.

La terre était donc, à l'origine, une masse de liquide en fusion douée des mouvements de rotation et de translation déjà exposés ; elle devait donc affecter, et elle affecte en effet, la forme sphéroïdale avec gonflement léger sous Téquateur correspondant à un aplatissement également léger aux deux pôles. De ce gonflement équatorial. la terre fit son satellite, la lune, comme le soleil avait fait les planètes.

En outre, dans une masse de ce genre où se produisent les perturbations précédemment décrites à propos de la nébuleuse solaire, un phénomène se développa sans interruption. Les molécules dont la nature était rebelle à l'agglomération par la différence de direction des axes ou par de brusques mélanges dont elles ne purent supporter les effets, par l'acte de rotation, montèrent à la surface et

formèrent autour de la terre une couche gazeuse plus ou moins homogène, qu'au premier abord sa ténuité fait croire libre, mais qui est tenue contre le globe même par la pression du milieu ambiant. Cette zone gazeuse qui, actuellement, se compose presque en totalité d'oxygène, d'azote, de vapeur d'eau avec un peu d'acide carbonique, de carbone, forme l'atmosphère; elle se nomme l'air.

L'air est sur la terre une des principales sources de vie. Seul il ne fait pas qu'on existe, mais sans lui, ou lui faussé, on meurt. Par la vapeur d'eau qu'il renferme, l'air est comme un vaste récipient qui absorbe une partie de la chaleur solaire, aidant ainsi à l'établissement d'une température moyenne. Il est le véhicule du son. 11 contient en quantité variable aujourd'hui, mais immense au début, la vapeur d'eau, ce composé d'hydrogène et d'oxygène, qui sous l'influence de la chaleur est, avec lui, la base de tout organisme. Sous l'influence de la chaleur, l'air se dilate, et moins dense alors, s'élance vers la surface extérieure, jusqu'aux limites qu'autorise la dilatation de l'éther causée par la réflexion de la chaleur et le mouvement rotatoire du globe. Là cet air s'épanouit, se refroidit, et, contournant la position d'ascension, il redescend vers la terre en cherchant les places les plus chaudes qui le dilateront de nouveau. Ces courants ne sont autre chose que les vents qui, parcourant en tous sens la zone atmosphérique, dont la hauteur est évaluée aujourd'hui de 60 à 70 kilomètres ou de 320 à 340, y mélangent, dispersent et rendent d'une innocuité

presque parfaite les émanations de la terre et particulièrement Facide carbonique qui, concentré, anéantirait tout organisme. Les vents amènent aux zones tempérées ou glaciales du globe la température qui les réchauffe, et conduisent vers la zone torride une fraîcheur qui la vivifie.

Ces effets salutaires cependant ne se produisent que peu à peu. A l'origine, lorsque l'air, chargé de vapeurs et de gaz de tout genre, s'échappant de la masse terrestre incandescente, fut placé entre elle et les rayons solaires, il était brûlant aussi, c'est-à-dire agité sans cesse de mouvements moléculaires et généraux tels, qu'il était impropre à remplir le rôle qui lui était assigné par la divine Providence. Il était nécessaire qu'enlre lui et la terre incandescente vînt se placer un intermédiaire qui, absorbant la chaleur de la surface terrestre, permit à Tépuration d'agir et au calme de se produire au fur et à mesure de son épaississement ; cet écran eut pour origine les premières scories qui s'élevèrent à la surface du liquide en fusion et formèrent les assises du sol.

Dans cet océan de liquide en fusion où les mélanges se produisaient et se diversifiaient dans la proportion de mouvements moléculaires ou généraux si multipliés, le parallélisme des axes moléculaires fut bien souvent rompu ; mais, comme la densité et le poids d'une masse sont d'autant plus grands que le parallélisme des axes moléculaires est plus parfait, les molécules dont les axes n'étaient pas parallèles à ceux des autres, se trouvèrent isolées

dans la masse, et à la longue, plus légères, montèrent à sa surface. Dans cette position, ces molécules réunies ou diversement agglomérées, n'ayant plus qu'en certaines places et accidentellement d'adhérence au liquide en fusion, celui-ci continua, sans elles, ses mouvements. De là un ralentissement du mouvement moléculaire dans cette matière nouvelle, c'est-à-dire un refroidissement, une congélation relative qui fil, à la suite des temps, après maintes perturbations, de cette sorte d'écume une croûte gazeuse liquide ou solide. Combien de fois, dans la suite des âges, ces scories furent-elles rompues, entraînées dans la masse en fusion pour en sortir de nouveau, mais chaque fois plus épaisses, puisqu'elles contenaient en elles, par leur commencement de refroidissement, une cause d'arrêt de mouvement pour les molécules environnantes? Celuilà seul qui l'a voulu, le sait! Cependant, ce qui semble certain, c'est que le refroidissement de la croûte terrestre est, non le résultat d'une évaporation, mais celui d'un arrêt relatif dans le mouvement, arrêt dont il faut chercher la cause dans la rupture du parallélisme des axes causée par certains mélanges, fruit des mouvements mêmes du liquide en fusion.

La chaleur que représentaient les éléments de la croûte solide dans leur état de liquide en fusion n'a pas complètement cessé pour donner naissance à cette solidification. Une grande partie de la portion de chaleur échappée au noyau central par la formation des scories, se retrouve dans les matières

devenues la croûte terrestre. La même quantité d'atomes est répartie sur des matières d'autant moins concentrées qu'ayant une agglomération plus large, elles occupent un volume beaucoup plus considérable. Ces matières tiennent une plus grande partie de l'espace que le liquide en fusion du globe terrestre n'en occupait primitivement.

Cette diffusion de la chaleur centrale dans la croûte terrestre est suffisamment prouvée. Descendon le thermomètre dans les cavités les plus profondes du sol, on remarque qu'il indique un degré de plus par chaque 33 mètres. Or l'écorce solide de la terre passe pour avoir une épaisseur égale au cent quarantième du rayon de la sphère, c'est-à-dire, à peu près 45,000 mètres. La dernière couche de 33 mètres, avant la fusion, devrait donc avoir 1,363 degrés. En outre, le rayon moyen de la terre ayant 6,366 kilomètres, si l'on supposait la chaleur se produisant régulièrement jusqu'au noyau central, on trouverait, pour l'espèce de rayon allant de la surface au centre, une chaleur de 192,909 degrés.

Il est vraisemblable qu'il n'en est pas ainsi, toute la masse liquide en fusion devant avoir une chaleur qui reste relativement constante de sa circonférence à son centre; mais il n'en est pas moins certain que si les atomes formant la terre supposée complètement éteinte retrouvaient tout d'un coup le parailéhsme de leurs axes, ils reproduiraient ensemble une chaleur égale à celle que leur masse avait à l'origine, et que, compris tout ce qu'elle a rejeté, les 70 kilomètres d'atmosphère et les 45 d'écorce,

qu'elle a encore aujourd'hui. Cette simiiilude entre la terre en fusion et ce qu'elle est en ce moment, est à peu près exacte; car le mouvement que le soleil nous communique sous forme de chaleur et que les différents organismes emmagasinent à la surface du globe, est rendu presque entièrement à l'atmosphère et par suite à Téther ambiant, lorsque les éléments de cette organisation se dissocient. Si le soleil, en nous envoyant la chaleur, nous laissait un fluide matériel, nous trouverions, on ne peut que le répéter, ce fluide rassemblé quelque part en quantité plus ou moins grande; or il n'en est rien. Par suite de l'entente des choses, les individus du règne animal supérieur augmentent sur la terre, mais la totalité des organismes, tant animaux que végétaux, n'augmente pas. La même surface ne produit pas aujourd'hui plus qu'au temps où la forêt vierge la couvrait. Il y a transformation par suite des travaux de l'homme dans un sens plus favorable à l'homme ; mais il n'y a pas d'augmentation. La terre rend ce qu'elle peut rendre moyennant le mouvement-chaleur qu'elle a ou que le soleil lui communique; mais là s'arrête sa possibilité.

La croûte terrestre s'épaississant donc à la suite des siècles, la couche gazeuse qui l'enveloppait extérieurement se trouva de plus. en plus isolée du feu central et l'épuration s'y produisit. La chaleur devenant de moins en moins intense, les éléments cessèrent de s'y dissocier aussitôt qu'associés ; les mélanges, si l'on peut s'exprimer ainsi, devinrent

plus normaux, Toxygène finit par s'onir à l'azote dans la proportion de 20,80 à 79,20, et le résultat de celle combinaison fut le gaz respirable, Tair. L'oxygène s'unit aussi à l'hydrogène dans la proportion de 88,89 à H, H, et la vapeur d'eau fut formée. Ces proportions cependant, qui sont bien celles de Tair et de l'eau, étaient à l'origine purement théoriques; et l'air, comme la vapeur d'eau, constamment agités se mêlaient à d'autres gaz provenant d'autres combinaisons ou des évacuations de la masse terrestre. Dans cette première période de la formation de la terre, aucun organisme n'eût pu résister à cette influence délétère.

L'agitation moléculaire se faisant de moins en moins grande dans la couche gazeuse, au fur et à mesure de l'épaississement de la croûte terrestre, il arriva un moment où les molécules de la partie élevée de la zone gazeuse, air ou eau, ne furent plus que très peu agitées et le froid relatif commença à régner. La vapeur d'eau contenue dans l'atmosphère, dilatée au contact de la couche terrestre encore brûlante, continua à s'élancer vers les hautes régions, où son agitation moléculaire s'arrêtant en partie, elle se trouva acculée là où le mouvement n'avait plus d'effet. Condensée alors, la vapeur d'eau fut ressaisie par la pression du milieu ambiant et retomba en pluie sur la terre, pour remonter encore à ses limites d'équilibre dès qu'elle fut échauffée de nouveau. Ce va-etvient continua jusqu'au jour où la croûte terrestre fut assez épaissie pour obstruer presque complètement le rayonnement du foyer central. L'eau alors

Barbie du Boc\oe. 6

ne remonta vers les hautes régions de Tatmosphère que dans une proportion moindre. Une partie de cet élément put rester à la surface du globe en remplissant peu à peu toutes les dépressions de la croûte terrestre et en formant ainsi les mers et les lacs, où les fleuves apportaient ce qu'ils avaient recueilli sur le sol émergé.

C'est ainsi que les éléments composant l'atmosphère avaient été voulus par le Créateur: ils donnent de sa puissance une marque nouvelle. Ils démontrent en effet que Dieu ordonna les choses dans une proportion telle que l'eau ne peut occuper sur le globe que les deux tiers de la surface. Si la proportion d'eau renfermée dans la zone gazeuse avait été moins grande, une immense portion de la terre fût restée un vaste désert impropre à la vie organique ; ou, si elle eût été plus grande, les mers auraient couvert presque tout le sol, ne laissant émerger que quelques hauts sommets. Or il n'était plus temps de vouloir cela quand la masse gazeuse ou liquide formant la terre eut été séparée du soleil. Ce qui alors était fait ne pouvait plus être modifié. Il faut penser que la masse solaire forma toutes les planètes et que dans toutes, bien que sous des formes probablement difTérentes, les mêmes phénomènes se retrouvent avec des proportions tout aussi exactes. Ainsi la masse gazeuse, si étendue que fût le monde solaire, élait combinée de telle manière que tout s'y trouva dans les proportions nécessaires pour que le monde qui en devait sortir obéît à la volonté de Dieu. Quelle admirable entente de tout,

quelle merveilleuse précision! Ainsi, remontant du connu à Finconnu, on peut affirmer la Providence autant que Tadmirer.

La croûte terrestre une fois formée, les eaux ayant pris, comme Tair, leur place dans la nature, combien d'épouvantables bouleversements, de furibondes tempêtes durent être vaincus pour établir le calme relatif dont nous jouissons aujourd'hui ! Ce ne fut pas l'œuvre d'un jour de souder ces scories, de les doubler, de les centupler par dessous. Que d'explosions, causées par des mélanges incessamment renouvelés de la masse liquide en fusion, la bouleversèrent de fois! Se rend-on bien compte de ces scories grandes comme des provinces qui, soulevées, renversées, retombent dans la lave incandescente, pour remonterensuite à la surface, ou qui, brisées en éclats, sont rejetées en tous sens, retombant sur cette mer de feu pour n'y figurer, suivant l'expression du poète, que de rari fiantes in gurgite vasto ?

Les fureurs spéciales à l'atmosphère aidaient aussi ces bouleversements; mais une de leurs causes les plus actives dut être le phénomène des marées qui soulevaient les scories à peine formées et les empêchaient de se souder.

Que sont donc les marées? Faut-il y voir, comme on l'a toujours pensé, un effet d'attraction des molécules terrestres par les astres voisins? ïl est permis aujourd'hui d'en douter. Les marées paraissent être causées, non par l'attraction des autres astres, mais par une difTérence de densité dans les milieux élhérés. Ainsi la lune, qui dans sa course

déplace Téther, laisse derrière elle un vide que Téther ambiant lend constamment à remplir. Elle donne par conséquent naissance, après elle, à un véritable cornet presque privé d'éther, dont le petit bout semble s'attacher à ses flancs, qui la suit et dont la densité se trouve d'autant plus augmentée autour de lui-même que le mouvement de l'astre est plus accentué. L'éther, par cela même, se trouvant extrêmement raréfié dans toute l'étendue intérieure du cornet, se précipite, pour combler ce vide, avec une vitesse égale à celle que la planète emploie dans son parcours, jusqu'à ce que l'harmonie soit rétablie. La lune est comme une barque à voiles qui, en traversant l'eau, la fait, sur son trajet, s'échapper à droite et à gauche; seulement, comme l'astre est rond, c'est un grand vide qu'il laisse derrière lui. Avec cette théorie, ce satellite de la terre semble se priver d'élher au petit bout du cornet qu'il produit; mais comme il a, outre son mouvement de translation, son mouvement de rotation qui force autour de lui une partie bien moins grande de l'éther à suivre une course inverse au vide qu'elle produit,

elle n'est pas privée de cette matière originelle. La raréfaction causée par la lune dans son parcours fait que la pression est moins grande à la partie de la surface de la terre correspondant à son passage; c'est ce qui fait que ce globe terrestre, poussé d'autres parts par la pression toujours égale du milieu ambiant, tend vers la lune dans toute sa profondeur, c'est-à-dire pour chacune de ses couches gazeuses, liquides ou solides, avec des différences inhérentes

à la facilité de déplacement de leurs molécules et à leur distance respective de Tastre des nuits. Ces ditTérences de l'espace occupé soni les marées. Par la même cause le soleil influe aussi sur les marées ; mais son immense distance de la terre fait que cette influence se produit pour certaines choses dans des proportions moindres. On ne remarque réellement la coïncidence de ces marées qu'aux époques où la position des deux astres fait que le vide se produisant dans le mêms sens, elles sont les plus grandes que l'on puisse sentir sur terre. Si nous ne voyons pas ces courants d'éther qui suivent le soleil et la lune, c'est que pour le premier astre sa lumière nous en empêche, et pour le second, parce qu'il nous est trop voisin, et que, si ce fleuve existe, nous en sommes relativement trop près ; peut-être même y sommes-nous plongés; ceci dépend de la vitesse de Tastre qui agrandit peut-être assez le développement de son côno.

L'électricité est un mouvement de translation faisant courir les atomes là où les atomes rejetés laissent une place vide. Si donc ce vide se fait derrière la planète qui passe et que les masses atomiques aillent le remplir, après ces masses, et pour combler l'espace désert, l'électricité *de la terre s'échappe en partie. C'est ainsi que l'aiguille de la boussole décline vers l'ouest, à Paris, dans le temps diurne, entre à peu près 7 heures et demie du matin et 1 heure de Taprès-midi, et qu'elle rétrograde vers l'est jusqu'à près de 10 heures du soir, suivant ainsi le passage de la lune, avec un retard

causé par la longueur du cône lunaire dans lequel les atomes essayent de se précipiter. La nuit ces effets sont même moins sensibles^ parce que la lune passe en face de Tautre hémisphère. Le courant d'éther qui vient derrière le soleil dans sa course stellaire a aussi son influence sur la déclinaison. Il augmente, même en amplitude, Teflet diurne, lorsque la lune se trouve par rapport à la terre dans le même sens que lui. Les variations de la déclinaison par rapport aux mouvements propres du soleil sont annuelles ; mais elles semblent prendre dans leurs extrémités la durée d'un siècle et leur ensemble, peut-être avec des mouvements plus grands encore, parait indiquer des combinaisons stellaires dont on ne connaît pas les conséquences. Ainsi la déclinaison serait le signe de la marée électrique, et peut-être celui d'autres phénomènes du même mouvement de Téther.

D'après celte théorie, la queue des comètes pourrait bien n'être autre chose que le courant d'éther qui suit leur noyau en mouvement dans l'espace. Elle est lumineuse, soit à cause de l'ondulation des atomes éthérés qui la forment et qui, dans le sens qu'ils suivent, les rend lumineux, soit parce que sa densité étaht plus grande que celle de l'éther ambiant, elle est éclairée par le soleil d'une manière visible pour nous.

Si cette comète passe dans le fleuve d'éther qui suit un astre quelconque à une grande distance de cet astre, elle le traverse sans obstacle, parce que sa densité est beaucoup plus grande près de son noyau

que celle du fleuve d'élher ; mais si elle Iraverse ce fleuve près de Fastre, elle doit prendre une inclinaison quelque peu opposée à cet aslre, le rejet de Téther étant là plus puissant qu'elle la pousse vers l'espace. C'est ce qui arrive surtout par rapport au soleil. Quelque près cependant d'un astre que passo la comète, à moins de le choquer, elle ne s'y perd pas et conserve sa queue, car on sait que l'éther, sous forme de courant, Iraverse, sans beaucoup perdre, même les corps les plus solides. En outre, si une comète rencontrait un astre, ce serait son noyau qui s'y perdrait, et alors la queue cesserait instantanément d'exister.

Cette théorie a la question suivante comme conséquence : Pourquoi, la nuit, ne voit-on pas, aussi bien que la queue des comètes, les fleuves d'éther qui suivent les astres autres que le soleil? Cela tient à la direction de ces courants, qui est la même dans tout le système solaire, direction qui est vraisemblablement contraire aux vibrations lumineuses. Le sens du mouvement des comètes est au contraire généralement perpendiculaire ou oblique à celui du mouvement des astres et se trouve alors coïncider avec la direction nécessaire, pour que les vibrations deviennent lumineuses. Dans les autres systèmes stellaires, les distances sont trop grandes pour que Ton puisse apercevoir d'aussi faibles lueurs.

Si une comète suivait exactement le sens dans lequel a lieu le mouvement des astres du système Solaire, elle n'aurait pas de queue visible, excepté dans les instants où, frôlant un astre voisin, sa

queue dévierait de la roule normale. En outre, ce gouffre du fleuve d'éther augmente d'autant plus sa longueur que le mouvement est plus accéléré ou que le noyau est plus gros. L'affet produit par la queue d'une comète est un des cas très rares, à notre sens, où il soit donné à l'homme de voir l'éther.

Si l'hypothèse qui vient d'être énoncée a quelque valeur, pourquoi n'admeltrait-on pas que la lumière zodiacale est aussi un effet de même nature? Comme il a été démontré plus haut, il se produit autour de chaque planète un mouvement atomique très intense, causé d'une part par la pression de l'éther ambiant dont les atomes tendent toujours à se précipiter vers la planète, et de l'autre par le rejet vers l'espace, suite des différents mouvements de la planète, de ces mêmes atomes qui ne peuvent plus se joindre à elle et se trouvent projetés dans toutes les directions. D'où il résulte qu'un certain nombre d'entre eux vibrent dans un sens qui permet qu'ils réfléchissent la lumière solaire ou qui les rend lumineux par eux-mêmes. C'était du reste, jusqu'à un certain point, l'opinion de Laplace, qui dit: « Les lueurs zodiacales proviennent des molécules trop volatiles pour s'être unies aux planètes, à l'époque de la grande formation primitive et qui circulent aujourd'hui autour de l'axe central. Leur extrême ténuité n'oppose point de résistance à la marche des corps célestes et nous donne cette clarté perméable aux étoiles. »

Le mouvement atomique de l'éther doit aussi être l'origine des aurores boréales ou australes, se pro-

duisant à peu près dans la direction des pôles. Quand il se passe, pour des raisons à peu près inconnues, un mouvement anormal dans les environs de la lerre, ce mouvement se tradiiil quelquefois dans Télher par une action de direction des atomes, différente pour notre globe, de l'action normalement dirigée. Si cette direction est changée pour les atomes éthérés au moment où ils se précipitent pour combler le vide que laisse derrière lui un astre qui passe, et qu'ils changent leur ligne ordinaire, la lumière aux tons les plus inégaux se trouve produite dans cet espace. C'est ce que Ton appelle l'orage boréal. Cette luoiière est pareille à celle de la queue des comètes, et fait voir les mouvements désordonnés des courants atomiques. Ces aurores sont bien des mouvements de l'électricité, car leur présence paralyse et trouble nos télégraphes et nos boussoles. La déclinaison et rinclinaison en ressentent vivement les effets.

Ces marées, dont il vient d'être bien longtemps parlé, semblent aussi avoir une très grande influence sur les liquides, sur la sève, sur les ferments; la végétation, comme la fermentation organique, ont avec elles des rapports suivis et intéressants. Bien nombreux sont les effets que les marées entraînent au passage des asires; et il n'est sur terre si petit atome qui ne participe à l'élévation ou à la chute de chaque marée. La science commence à expliquer tous ces phénomènes, et chacune de ces découvertes est à la gloire du Créateur.

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