PRÉFACE
Je me suis longtemps demandé si, pour publier un livre comme celui-ci, une science universelle et ^•econnue n'était pas nécessaire. Bies des fois, devant mes moyens, j'ai failli abandonner mon œuvre. Si je l'ai reprise, c'est dans la pensée qu'il suffirait d'indiquer les voies que de plus habiles parcourraient à loisir. Si je frappe à bien des portes, si, simple élève, j'us§ en novice des sillons lentement creusés par les maîtres, c'est qu'au bout du chemin j'entrevois un but digne des plus grands effort», et tellement élevé, que les aspérités de la route disparaissent.
N'ayant nulle prétention à beaucoup savoir, j'ai certainement commis des inexactitudes, j'ai pu' négliger des détails utiles; qu'on me le pardonne. J'ai toujours regardé en avant. J'ai cherché à prouver à l'homme, avec l'existence de Dieu, le mérite de l'enseignement chrétien ; et c'est en glanant dans la science que je crois en avoir trouvé des preuves.
vin PRÉFACE.
Malgré cette manière d'agir, quelques-unes des théories émises me seront contestées: mais Tensemble 'me paraît cerlain.
J'ai peur dettion siècle, j'ai peur pour rhuman^é ; j'aperçois un aflaiblissement des granjdes J^ases morales sur lesquelles s'est édifiée 'la civilisation; et c'est au nom de cette civilisation que je veux combattre.
Pour que la science conduise à des résultats pratiques, pour qu'elle soit fructueuse, il faut qu'elle dt un point de départ, un guide, un but. Faire abstraction de ces trois éléments, et sur un fait naturel construire une théorie dont on n'aperçoit pas la fin, ou établir instantanément une négation, mène à l'absurde. Placé sur un rocher élevé, si on veut s'élancer dans l'espace , on se tue. La nature en ne donnant pas d'ailes à l'homme a voulu qu'il eût besoin de sentir le sol. Ce qui est vrai pour son corps est vrai aussi pour son esprit; au moral comme au physique, il existe une route : quiconque s'en écarte est perdu ! Partout et toujours il faut se souvenir que l'esprit humain est nécessairement borné et qu'il n'appartient qu'à l'extrême vanité de lui supposer une portée qu'il n'a pas. Pour guider dans l'étude matérielle et morale du grand œuvre, il faut un fil, comme dans les catacombes; ce fil ne peut être, pour l'homme, qu'une loi universelle, prépondérante et infinie dans ses conséquences ; une loi qu'on reconnaît partout et qu'on suit jusqu'à