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CHAPITRE V

On peut dire du Beau qu'il est le Vrai et le Bien visible et sensible, qu'il est en quelque sorte la matérialité du Vrai et du Bien. Avoir démontré que le Vrai n'existe qu'en Dieu et que le Bien est en Dieu l'accord avec le Vrai, c'est proclamer d'avance que le Beau physique est l'émanation des lois divines; que, comme spiritualité, il est une partie de l'essence divine.

La quantité de Beau qui réside en Dieu est proportionnelle à celle du Vrai, du Bien qui sont en lui. Comme quantité elle est indéfinie, elle est toute en Dieu, qu'il reste un tout compacte ou qu'il se divise également s'il use de sa prérogative de divisibilité. Si Dieu a délégué une portion de son essence pour former l'âme de l'homme, cette âme a gardé, dans son nouvel état, une somme de Beau égale à la quantité du Vrai et du Bien qui lui a été départie, mais obstruée comme eux. L'homme ne s'en rend pas toujours compte; mais ce Beau réside en lui; et, plus sa matérialité se trouve contenue, plus le sentiment du Beau se fait jour.

Oîi est le type du Beau? Est-il plusieurs genres de

Beau? On dit qu'une chose est belle, qu'une action est belle, qu'une âme est belle; il y a donc dans ce qu'on peut voir ou sentir une beauté matérielle et une beauté spirituelle? Évidemment oui I Mais, tandis que le Beau matériel, mais spirituel cependant, est basé sur le Vrai voulu de Dieu pour chaque chose créée, le Beau véritablement spirituel est en quelque sorte la sensation du Bien. Toutefois il est vrai aussi d'affirmer que le Beau est un ; car la contemplation du Vrai des choses n'est le Beau pour nous que par la raison que nous y trouvons l'expression des lois qui le forment, l'empreinte des qualités de Dieu. Un objet peut ne participer au Beau que relativement; mais le Beau en lui-même. est, de toute nécessité, absolument Beau. Il faut donc chercher ce Beau qui est à la fois un et absolu, qui est aussi divisible puisqu'il se laisse voir en mille points à la fois. Un objet matériel peut ne participer de lui que relativement, tandis qu'une émanation spirituelle le possède tout entier. Or, où devons-nous chercher, si ce n'est dans le Créateur, si ce n'est dans l'être qui seul possède des facultés ou des qualifications absolues, si ce n'est en Dieu! Le Beau est ce quelque chose que l'on ne peut désigner d'un autre nom que le sien, dont aucune périphrase ne donnerait l'idée, qui est une partie de l'essence de Dieu qui, groupée avec le Vrai et le Bien, forme le Juste, c'est-à-dire Dieu même, c'est-à-dire le Parfait. Toute émanation du Beau étant un rayonnement du Vrai et du Bien est une émanation de Dieu et une chose n'est belle, soit physiquement, soit spiri-

luellement, qu'autant qu'elle se rapproche de Dieu. Mais nos âmes sont des portions infinitésimales de Dieu ; donc elles ont en elles une portion infinitésimale du Beau. Le Beau est, comme le Vrai et le Bien, pour Thomme, un des sens que satisfont plus ou moins les faits extérieurs spirituels ou matériels, suivant qu'ils s'en rapprochent plus ou moins. C'est cette portion du Beau qui donne à nos âmes cette tendance vers l'infini parfait et qu'elles reconnaissent dans toutes les impressions qu'elles ressentent, au rapprochement qu'ont ces impressions avec l'idée de Dieu.

Où l'homme cherchera-t-il le Beau?Sera-ce enlui ? — Il y est effectivement, mais c'est par le savoir seul qu'il peut le comprendre ; or, le savoir, enveloppé par la matérialité, n'en peut saisir que ce que la matérialité peut porter, et ce n'est pas suffisant pour la complète satisfaction de l'âme. Alors le raisonnement abandonne cette recherche intérieure et force la pensée à se tourner vers Dieu qu'elle sent être le tout de ce dont l'homme ne possède qu'une partie ; puis, revenant sur lui-même, il trouve les tendres sollicitations des sens innés, et, grâce à elles, arrive à cette conclusion que, plus on tend vers les qualités de Dieu, plus on se rapproche de l'absolument Beau, et que le Beau de la vie est tout entier dans l'accomplissement des devoirs. Les sens innés de notre âme m'ont toujours semblé jouer, dans notre existence, le rôle de cette belle et jeune mère qui, lorsque son mari rentre fatigué des tribulations ou des travaux du jour, lui jetant autour du cou ses

3iO LES SENS INNÉS.

beaux bras, lui dit : « Le bonheur est le fruit du travail; mais il n'est ni dans les trop grands honneurs ni dans la trop grande fortune. Il fuit les agitations et réside dans la paix du cœur. C'est à ton foyer qu'il t'attend, auprès de ces chers enfants qui embrassent tes genoux, auprès de moi qui suis ton amour, ta tendresse. Auprès de nous tous qui sommes le Vrai, le Beau de ta vie, la bonté qui, calmant les ardeurs de ton cœur forme la vraie jouissance d'ici-bas, pâle reflet si tu veux, mais premier degré du bonheur qui doit être un jour le partage de nos âmes; guide qui, dans le labyrinthe de l'existence, doit conduire nos aspirations vers Dieu ! »

Mais le Beau moral n'est pas le seul qui préoccupe le philosophe. Qu'est-ce que le Beau physique, où est-il placé, où le chercher? Sera-ce dans les types humains qui nous semblent les plus accomplis? Mais chez les Chinois ou les nègres ces types diffèrent des nôtres. Dans l'ensemble de la végétation ? Mais les feuilles qui sont horizontales chez nous, sont verticales en Australie; nos chênes, nos marronniers, nos tilleuls, offrent de beaux aspects, mais les forêts d'eucalyptus aussi. Sera-ce dans la nature au repos? Mais belle est également la tempête ! Non, le Beau physique, c'est ce quelque chose qui existe dans les types de notre Europe comme dans ceux de la vieille Asie, dans la végétation, à quelque pays qu'elle appartienne, dans le calme et dans la tempête, c'est ce quelque chose qui est la participation divine dans la création matérielle , qui est la marque placée sur chaque objet par celui qui Fa

fait; c'est la loi divine, c'est Fémanation de l'absolue spiritualité qui est imposée à la matière et lui a donné cette grâce ou cette majesté dont elle ne peut se dessaisir.

Quelque différentes que soient physiquement les femmes de l'Europe, de l'Afrique ou de l'Asie c'est une beauté équivalente mais non générale que reconnaissent en elles l'Européen, l'Africain, ou l'Asiatique. C'est dans le type qui est celui de leur race, dans le type qu'ils ont l'habitude de contempler, qu'ils trouvent la conformation la plus parfaite. Ce n'est pas un nez aquilin, camard ou retroussé qui leur semble la marque du Beau, c'est la plus ou moins grande régularité avec laquelle ce nez est aquilin, camard ou retroussé, cette régularité étant ce qu'ils regardent comme la perfection à quelque race qu'ils appartiennent. Une race est faite suivant une loi, et le type le plus régulier dans la forme affectée à cette race, sera évidemment la perfection pour les individus qui en font partie. Ce que les êlres admirent le plus, ce sera la participation la plus grande du Créateur à la confection de la créature; et il est notoire que, pour eux, cette participation divine a été la plus grande là où la loi émanée de Dieu a produises effets les plus en concordance avec elle.

Qu'importent les dissemblances de la végétation? Qu'admirons-nous en elle ; n'est-ce pas l'effet qu'elle produit? Or, cet effet, d'où vient-il? Des lois qui, agissant sur les gaz et les sels minéraux, forment les arbres qui font l'ornement de notre sol ; c'est donc encore le Beau divin apporlé par les lois qui régissent

la matière que nous admirons ddns la végétation!

Qu'est-ce que le calme de la nature, sinon sa soumission à la volonté divine dont les effets sont forcément beaux, non parce que la matière est belle par elle-même, mais parce que l'application des lois est majestueuse. Qu'admirons-nous dans la tourmente, si ce n'est le combat de certaines lois contre la nature? La création pour les maintenir emploie certaines autres lois qui ont leur utilité, leur beauté. Les premières ne seront jamais victorieuses.

Dans l'ordre matériel, le Beau est donc indépendant de l'objet dans lequel nous le reconnaissons; il n'est jamais palpable. Aspect ou production physique des lois, émanation de la spiritualité par excellence, le Beau ne saurait avoir de corps. Volonté de Dieu contraignant la matière, il est partout où existe une trace de cette volonté. Dans la création matérielle le Beau est en tout la marque de Dieu.

Le Beau étant donc, dans un sens comme dans l'autre, le Bien, il se retrouve dans notre âme, dans notre spiritualité où l'un est l'autre, où l'autre est l'un. De la coïncidence de ces deux qualités, on arrive à ce fait, que si le peintre peut, en imitant la nature, c'est-à-dire, en donnant aux images des objets, la forme la plus approchante de celle que Dieu leur a donnée, créer une belle œuvre, il n'en produira jamais une sublime qu'en y mettant une part du sentiment qu'il éprouve, une part de son appétence d'infini. Le dernier terme de l'art est donc de rendre, avec la plus grande exactitude possible ce que les lois divines ont fait de la matière, en imprimant en outre

à l'œuvre le cachet de spiritualité que Tartisle ne peut trouver que dans son âme. Il n'y a pas de Beau de convention, le Beau est le même partout et pour tous, la manière de le saisir, d'en harmoniser Tensemble, diffère seule. Un art de convention, comme l'art byzantin, est un Beau faussé, contraint, enchaîné, enlaidi (si cette dernière expression peut avoir cours à propos du Beau), tandis que l'art grec ancien étalait sa liberté qui faisait sa gloire.

Nous avons dit, et nous ne saurions trop le redire, que Dieu 'étant parfait, n'a rien créé que de parfait; or, rien n'est beau qui n'est parfait puisque le Beau est un des termes du parfait; il faut donc, pour qu'une œuvre, une pensée humaine, soit belle, qu'elle soit en harmonie avec ce parfait. Le mouvement a poussé son œuvre au hasard, au hasard il a trituré la matière; mais Dieu est intervenu par ses lois parfaites; c'est donc la chose dans laquelle il est le plus intervenu qui est la plus perfectionnée ; or, plus de lois, c'est-à-dire plus de termes du parfait, ont contribué à la création de l'homme qu'à celle du mollusque. Nous trouvons donc dans l'homme un type plus perfectionné que dans l'animal et, dans l'homme lui-même, une perfection plus ou moins grande, suivant que sa spiritualité qui est l'essence même des lois, a pris plus ou moins de développement. On en doit conclure, on ne saurait trop le répéter, que la recherche du Beau dans l'art, doit être celle de la partie divine dans l'acte de la création. L'art, du reste, ne pourrait s'exercer sur la matière désordonnée, car, n'ayant pas de

lois, elle n'a pas de formes. C'est une erreur de dire qu'on va représenter le chaos; le chaos ne se représente pas. Raphaël dans ses admirables pages, voulant peindre Dieu séparant les éléments pour former l'univers, eut beau reproduire des nuages, des rochers, du feu dans le plus grand désordre, il n'a donné qu'une allégorie des premières lois établies. Il n'a jamais représenté la matière elle-même au moment où Dieu va en faire quelque chose, mais le quelque chose que Dieu vient d'en faire. Jamais un pinceau, quelque merveilleux qu'il soit, ne donnera la représentation du mouvement absolu, mais celle du mouvement réglementé; ce sont les effets des lois divines qu'il reproduira, car le feu n'est feu, le rocher n'est rocher, le nuage n'est nuage que parce que l'ordre du Créateur en a fait le feu, le rocher ou le nuage. Un crabe est certes, au premier abord, un vilain objet, mais son image bien faite peut attirer la louange, si l'artiste a bien compris et montré ce qu'un peu de matière étant donnée, en ont fait les lois divines. Ce sont ces lois dont Raphaël peint l'effet.

Je ne puis comprendre cette école réaliste qui, au rebours du progrès, dans le Beau cherche le laid. Les lois observées eussent donné le Beau; cette école s'efforce de trouver une loi qui détruit l'harmonie et n'arrive qu'à faire du laid.

Quelle satisfaction éprouve-t-on à ravaler l'espèce humaine, à la faire sale, ignoble, lorsque les lois divines l'ont faite noble et belle. Le Vrai, l'exact, n'est pas le laid. Il n'est pas nécessaire de

choisir l'ignoble pour prouver qu'on est bon observateur. Quelque talent qu'on mette dans une œuvre, ce n'est pas être libéral que de représenter la misère dans sa saleté. Celui-là est bien plus l'ami du pauvre qui le peint noblement, qui sait montrer qu'il est un homme comme un autre, et fait voir que, sous les haillons, il existe des âmes aussi divines, et qui peuvent être aussi fières que sous la pourpre. Certes, il ne faut pas donner aux casseurs de pierres des figures de muscadins ; mais il faut qu'on y trouve la dignité humaine. Cachez ces baigneuses flasques, ventrues et rouges : elles sont seulement nauséabondes. La Vénus de Milo leur sera toujours préférée 1 II n'est permis de peindre le laid que pour enseigner à l'éviter. Le laid ne doit avoir place dans une œuvre que sous forme d'opposition devant faire ressortir le Beau. Alors seulement il a le droit d'être exact. C'est à saisir la plus grande somme possible d'intervention divine dans l'usage du Beau, que doivent tendre tous les efforts de l'artiste. Idéaliser le laid, fausser exprès ce qui est, c'est se révolter contre Dieu , c'est lui dire : « Tu as placé dans l'homme une part de ta perfection, eh bien! je te nargue, je ferai voir les défauts de la cuirasse, les vices de ton œuvre. » Insensés qui ne s'aperçoivent pas que ces vices sont justement ce qui n'est pas Dieu, que le laid ou le tronqué n'a jamais fait partie du parfait; qui ne comprennent pas que, dans leur exactitude à représenter l'ignoble, ils donnent seulement la preuve de leur incapacité à s'élever jusqu'à ce qui fait l'homme supérieur à la brute.

J'ai de la peine, en fait d'art, à saisir complètement le mérite des œuvres que certaines personnes appellent parfaites. La perfection demande qu'aucune loi ne soit violée, et le sublime est dans la parfaite harmonie de tout ce qui est employé. Un beau tableau existe lorsque la composition, le dessin et la couleur remarquables coïncident avec la perfection. Ils imitent l'ensemble de la nature, en reproduisent merveilleusement les formes et lui donnent ces tons harmonieux qui élèvent la pensée vers l'idéalité du Beau. A l'heure actuelle, il se trouve malheureusement une série d'artistes qui, sur cette donnée, n'entrent pas dans ce raisonnement. Ils composent leurs œuvres de sentiments faux, ils ne heurtent qu'à moitié Fart du dessin; mais ils violent tous les tons, sous prétexte d'en faire de nouveaux; et de l'ensemble, ils ne laissent que ce qu'ils appellent une harmonie qui n'est pas du tout d'accord avec les lois naturelles et que leur folie et la perte de leur carrière font seules remarquer. Ils n'ajoutent à l'art que des pages fausses.

Si de la peinture nous passons à la musique, nous pouvons affirmer que nous avons en nous des nerfs. Il ne s*agit pas ici d'exprimer pourquoi ces nerfs existent et comment ils sont créés; ce qu'il faut simplement montrer, c'est qu'un air harmonieux, frappant les molécules nerveuses, si petites qu'elles soient, donne à certaines d'entre elles un mouvement qui leur est absolument sympathique, dont la jouissance se ressent partout et cause une satisfaction grande, une joie douce, facile, agréable. Si l'ouvrage

est intéressant pour une personne entendant bien l'art musical, le charme va jusqu'à son âme, dont il contente l'affection pour le Vrai, le Bien et le Beau. La musique est, du reste, absolument sympathique si les notes arrivent dans Tordre que la nature établit, dans les mouvements délicieusement condensés quelque grands ou fîns qu'ils soient; et alors, elle va jusqu'aux sentiments qui forment le réceptacle de la plus parfaite harmonie de l'essence divine.

Il est d'autres sujets de la culture du Beau : La sculpture, l'architecture, la gravure dont l'histoire est à peu près la même que celle que je viens d'exposer; mais il s'en trouve une dernière, dont j'ose à peine parler : c'est l'expression de la pensée.

Cette communication de ce qu'on sent présente des séries d'actions bien plus nombreuses que les arts dont on vient de parler ; aussi il est bien plus facile de se perdre dans ce qu'expriment la parole ou la plume, qui servent à les traduire. Écrire ou parler est peu; bien écrire ou bien parler est beauboup. Pour rendre une œuvre facile à lire ou agréable à entendre, il faut tâcher de ne pas violer les règles du style et d'exprimer convenablement son idée; il faut suivre la donnée dont on part pour, en ne la laissant ni échapper ni se mêler à d'autres, la conduire à une fin qui la montre tout entière, ce qui donne à la littérature et à l'éloquence, un charme infini.

Pour obtenir ce résultat, il faut que l'homme cherche sa pensée dans son savoir, dans les tiroirs si multiples d'une bibliothèque si grande, qu'avant

de les exprimer, il les compare, les combine, les conduise de façon à seconder sa raison; et, si son sujet le comporte, qu'il ait un peu recours aux qualités qu'il a dans la mission humaine, ou même aux qualités qu'il suppose entrevoir dans l'essence de Dieu; sans cela, il ne réussira peut-être pas toujours.

L'esthétique n'a pas seulement pour objet de rechercher et de déterminer les caractères du Beau. L'esthétique est un mot général s'appliquant à toutou le Beau se révèle ; or, qu'est-ce que c'est que le Beau, sinon la parfaite concordance avec les lois? Le Beau est partout et toujours une harmonie, c'est la conformité au développement de l'ordonnance créatrice. C'est ce qui fait que la spiritualité, chez l'homme qui admire ou qui comprend, est en concordance avec cette harmonie, et qu'un bel acte ou un bel ensemble sont regardés, par lui, comme une marque de la puissance de Dieu. Ces effets sont parfaitement beaux parce qu'ils rentrent dans la divinité infinitésimale qui est notre âme et qui jouit de cette rentrée. Pour l'esthétique, il n'y a pas de liberté ; il n'y a que coïncidence avec les lois créatrices. Le Juste est beau, l'injuste est laid parce que le Juste n'existe plus.

L'esthétique peut se reproduire en mille points différents, aussi bien au moral qu'au physique; mais la vérité est toujours la même : On doit admirer sans cesse l'harmonie des lois qui sont l'œuvre du Créateur!

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