‹ Analyse et synthéseChapitre 51 sur 53 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

C'est la loi suprême des nations, qu'àraffaissement d'un peuple (et souvent à cause de cet afîaissemeol) répond Félévation d'un autre. L'histoire en fournit de perpétuels exemples. Ainsi, tandis qu'Assyriens et Babyloniens voyaient leur prépondérance diminuer dans l'Asie occidentale, et par cela même que cette prépondérance allait en s'anéan tissant, d'autres groupes humains de leur voisinage devenaient chaque jour plus forts et plus puissants, au point de précipiter leur chute. Le premier empire assyrien tombe sous les coups d'Arbace, le second sous ceux de Cyaxare ; et Cyrus enfin réduit Babylone. D'où venaient donc Arbace, Cyaxare et Cyrus, à qui commandaient-ils?

Lorsque la grande migration des enfants de Javan, des Javanas, eut passé sur l'Asie occidentale pour de là gagner l'Europe, d'autres descendants de Japhet, certains Aryas, qui de suite avaient occupé le sud de la mer Caspienne, en avaient été chassés par d'autres Aryas, les Iraniens, venus derrière eux du plateau de Pamir par la Sogdiane, la

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Margiane et la Parlhyène. Ces Iraniens se fixèrent dans la place que ces derniers venaient d'abandonner, et s'étendirent dans le reste de la Parthyène, THyrcanie, la Médie, la Perse, la Carmanie et TArie. Là ils eurent à lutter contre les populations louraniennes établies avant les migrations japhétiques à l'orient, comme dans les vallées du Tigre et de TEuphrate, comme sur les rivages du golfe Persique et de la mer Erythrée. Vainqueurs des Touraniens et des Kouschites de la Chaldée qu'ils dominèrent un certain temps, sous le nom d'Ëlamites ou Susiens, ils paraissent à leur tour avoir été vaincus par eux et forcés d'abandonner la Babylonie, où ils n'avaient jamais pu prendre racine.

C'est à l'époque de l'établissement des Âryas dans l'Iran, c'est-à-dire sur le vaste plateau qui s'étend de la mer Caspienne au golfe Persique, des déserts de la Gédrosie au bassin du Tigre, que remontent les premiers chants védiques ; et c'est quelques siècles antérieurement à ce même établissement, vingt-six ou vingt-cinq siècles avant Jésus-Christ, pendant la migration des Âryas, que parut Zoroaslre. Les Iraniens furent de tous les Aryas ceux qui adoptèrent le plus facilement la doctrine du grand réformateur. Il semble même qu'ils aient trouvé, dans la religion nouvelle que prêcha ce grand homme, la base de leur nationalité et qu'ils y aient puisé leur force pour la lutte contre les Touraniens et les Kouschites, ainsi que la raison de leur séparation des Aryas conquérants de l'Inde. Eux seuls, du reste, adoptèrent et conservèrent le mazdéisme.

La lutte entre les Touraniens précédemment établis dans une partie de la Médie et les Iraniens dura mille ou douze cents ans. Pendant ce grand laps de temps, le plateau de Tlran devint comme un immense chaos d'où, des éléments humains heurtés, broyés, triturés, devaient sortir les Mèdes. Chez cette nation, les castes, s'étendant du mage ou prêtre et du guerrier à Fêtre tellement abject, qu'on hésitait à le comprendre dans la nation, représentaient (mais classés suivant les résultats de ces heurts, de ces écrasements) tous les éléments de cette population. En tête les Iraniens vainqueurs, puis les indigènes vaincus. Mais, les indigènes étant en grande partie Touraniens, lorsque les Assyriens qui s'étaient de longue date assimilés les Touraniens du Haut- Tigre, s'avancèrent en Médie, leurs conquêtes s'y trouvèrent singulièrement facilitées. On doit admettre aussi que, plus tard, le triomphe définitif des Mèdes sur les Assyriens coïncide avec l'établissement de l'absolue prépondérance des vrais Aryens en Médie.

Les Mèdes, en s'établissant dans le sud de la mer Caspienne, avaient conservé leur organisation, telle qu'elle existe chez les peuples pasteurs. Ils n'avaient pas ridée d'un gouvernement unique. Divisés dès l'origine en tribus, ils restèrent en tribus, et formèrent une simple confédération ayant Une même religion, dont l'action commune n'avait lieu qu'en un danger commun. Leurs chefs suprêmes n'étaient pas des rois, mais les représentants de celles des tribus qui formaient le centre des concentrations

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momentanées. Arbace, lui-même, le vainqueur de Sardanapale, n'était pas un roi, mais un chef qui conserva toute sa vie la prépondérance due à ses victoires. Ce fut seulement vers 710 avant Jésus- Christ, qu'un des chefs de tribus, plus populaire ou plus habile que ses prédécesseurs, Déjocès, depuis le constructeur d'Ecbatane, sut engager ses compatriotes à instituer la royauté et à placer sur sa tèle cette nouvelle couronne qui, devenue bientôt héréditaire, fut après lui transmise à son fils Phraorle, puis à Cyaxare son petit-fils.

L'empire mède eut une période glorieuse, mais elle fut courte. Phraorte qui la lui avait donnée succomba sous les coups des Assyriens, et Cyaxare, qui voulut le venger, dut s'incliner seize ans sous le joug pesant d'une redoutable invasion des barbares de la Scylhie. Libre enfin, grâce à la trahison, il se retourna contre Ninive, qu'il détruisit de fond en comble; puis il mourut en 595, laissant le trône à son fils Astyage. Malheureusement pour Astyage, il n'eut qu'une fille, Mandane, qu'il fit épouser à Gambyse, vice-roi ou gouverneur des Aryens de la Perse; Mandane eut de Cambyse un fils qui fut le grand Cyrus.

Jusqu'alors, les Perses comme les Mèdes, avaient vécu divisés en tribus, n'ayant entre eux aucune autre cause de cohésion que la communauté de religion et leur soumission absolue à la loi de Zoroastre, dont ils furent les observateurs les plus fidèles. Cyrus eut le mérite de réunir en un corps de nation ces tribus à peu près indépendantes les unes des autres,

et, à la tète de ces vigoureux montagnards du Faristan, aidé de Tigrane, roi d^Arménie, il eut vite raison des Mèdes amollis.

Ainsi finit Tempire mède; Tempire des Perses achéménides que Cyrus forma successivement des débris des empires assyrien et babylonien le remplaça. Cyrus imposa sa domination, des sources du laxarte aux rivages de la mer Egée, du pied du Caucase au golfe Persique ; il vainquit à Thymbrée Crésus et les Lydiens, puis soumit, une à une, et les villes grecques de Tlonie, et les provinces de l'Asie mineure, déterminant la fuite des Phocéens fondateurs de Marseille. Combien sont impénétrables les décrets de la Providence! La folle témérité de Crésus, dans une guerre purement asiatique, eut pour conséquence Tintroduclion dans les Gaules de la civilisation la plus avancée de l'Asie. A l'Orient, Cyrus poussa ses armes victorieuses jusqu'à Tlndus, et descendit même en Gédrosie, sur les bords de la mer Erythrée; mais la conquête qui fit de lui le maître incontesté de tous les potentats de l'Asie occidentale fut celle de Babylone. Cette grande ville était par excellence la capitale ; et, la capitale soumise, aucune compétition étrangère ne pouvait s'élever avec quelques chances de succès. Il en fut ainsi I Babylone prise, l'empire perse plus uni comme race que les États dont l'histoire a précédemment parlé, fut réellement fondé. Quant à cette ville superbe ^ longtemps la reine de l'Orient, elle ne se releva .plus. Devenue simple chef-lieu de satrapie, puis tombée au rang de bourgade, elle disparut insen-

siblement. Ainsi fut réalisée cette prédiction du prophète :

M Et la chute de Babylone fut le signal de la reconstruction de Jérusalem que ses rois croyaient avoir anéantie. »

Mais rien n*est immuable en ce monde : vainqueurs comme vaincus, tout disparaît à son tour! Les décrets du souverain maître veulent que les plus forts succombent sous les coups des plus faibles. C'est ainsi qu'au dire d'Hérodote, dans une guerre contre les Touraniens des rivages du laxarte, les Massagètes, Tarmée perse fut vainclie et le grand Cyrus tué. Son tombeau de Pasargade porta cette inscription : « Moi je suis Cyrus le roi achéménide. »

Ce grand prince eut pour fils et successeur Cambyse qui^ vainqueur de TÉgypte, fut à son tour vaincu par les Éthiopiens et mourut fou, laissant le trône de Perse aux mains des mages qui cherchèrent à l'usurper; mais leurs prétentions furent réduites à néant par les chefs irrités, qui choisirent Darius fils d'Hystaspe, achéménide comme Cyrus, pour remplacer un faux Smerdis.

Darius roi eut à éteindre, dès le commencement de son règne, un dernier spasme de Babylone, une dernière révolte contre la mort qui la saisissait ; mais ce ne fut pas la seule difficulté que lui suscitèrent les mages vaincus, chaque province eut son soulèvement. Ainsi continuait la tradition de l'empire chaldéo-assyrien où la rébellion succédait sans trêve à la soumission, oii la vie entière des rois se

passait à courir avec leurs armées d'une province à l'autre. Darius, le premier, par une organisation administrative supérieure, enraya jusqu'à un certain point cet esprit de révolte et assura à ses successeurs quelques années de stabilité. Il classa en dix-neuf, puis en vingt satrapies ou gouvernements, les vingttrois provinces dans lesquelles se divisaient ses vastes États, en ayant soin que les limites de ces satrapies eussent le moins possible de concordance avec celles des anciennes provinces.

Il établit la fixité des tributs à payer par chaque safrapie, tributs autrefois arbitrairement levés.

Les satrapes étaient, on peut le dire, autant de vice-rois réunissant tous les pouvoirs civils et militaires ; mais avec des peuples peu soumis, d'origines si différentes, de mœurs si variées, il était impossible d'établir une unité administrative absolue; aussi chaque satrape devait-il appliquer à sa province un mode de gouvernement particulier. La puissance forcément laissée à ces satrapes devint le vice de la constitution de l'empire perse, et fut plus tard l'une des principales causes de sa perte. Tout autre mode administratif, du reste, eût été sans application profitable dans des contrées si vastes. Il n'y a de durable que les annexions lentes et d'étendue restreinte, par rapport au pays qui les fait. La meilleure preuve des difficultés qu'entraîne l'administration d'un empire comme celui des Perses, se reconnaît dans cette nécessité que les actes officiels soient rédigés en six langues, sans compter les dialectes et sans parler des pays des frontières de

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rinde. Pour les villes de la côte de l'Asie Mineure, il fallait écrire en grec; pour la Cappadoce, la Cilicie, la Syrie, la Palestine, en araméen ; pour l'Egypte, en signes hiéroglyphiques ou hiératiques; pour l'Assyrie, la Babylonie, la Médie et la Perse, en trois écritures cunéiformes différentes.

On doit à Darius l'invention de l'établissement de courriers (l'origine de la poste) se transmettant les dépèches. Ses ordres partis du centre, de ses capitales Suse et Persépolis, parvenaient sans perte de temps aux extrêmes limites de Fempire.

Non seulement Darius, fils d'Hystaspe, tient ifhe grande place dans l'histoire par ses victoires et l'organisation dont il sut doter ses États, mais il mérite d'être cité rien que pour avoir été le créateur de Suse et de Persépolis, nobles cités dans lesquelles s'est révélé l'art des Perses qui, tout en tenant encore par bien des points à l'art assyro-babylonien, n'en est pas un pastiche, car il semble s'être inspiré presque autant de l'art grec de l'Asie Mineure. Il y a, dans les figures d'hommes et d'animaux sculptées sur les murs de Persépolis, un mouvement, une réalité d'attitude bien incorrects encore mais qui, cependant constituent un réel progrès sur la raideur oflicielle des arts précédents. En architecture, on retrouve de même dans la parfaite juxtaposition des immenses blocs de marbre dont ces monuments sont formés, ce labeur patient que bien peu de potentats pourraient payer à des hommes libres; mais, en même temps, on y constate, dans l'apparition de la colonne si haute et si svelte, comme un élan de l'esclave ouvrier vers

cette liberté de Tâme qu'on retrouve au ciel quand elle a manqué sur la terre.

Cependant, malgré les soins donnés à Fadministration de son empire, le grand roi, le roi de Perse, était moins le chef d'un peuple que celui d'une armée; et il ne restait même le chef de cette armée qu'à la condition de toujours occuper ses troupes et de toujours leur présenter gloire et profits, surtout profils. C'est, sans aucun doute, cette nécessité avec laquelle il lui fallait compter, qui le poussa vers le nord-ouest de ses États dans une guerre désastreuse. Il devait, au départ, conquérir l'Europe entière, mais il rencontra les Scythes et fut bien heureux de se contenter de la soumission de la Thrace et d'un tribut payé par la Macédoine. Au sud-ouest, Darius subjugua la Cyrénaïque et reçut même un tribut de Carlhage; aa sud-est, il attaqua et vainquit les populations des rives de l'Indus, poussa même, dit-on, jusqu'au Gange ; mais le plus beau résultat de cette dernière expédition fut le voyage célèbre, ajuste titre, qu'exécuta, par son ordre, le Grec Scylax deCaryande, qui se rendit avec la flotte de l'embouchure de l'Indus au fond de la mer Rouge.

Ici se terriiine l'histoire de l'empire perse en tant qu'histoire primitive; elle se trouve ensuite en connexion si intime avec l'histoire de la Grèce, qu'il devient impossible de l'en séparer; c'est dans le développement de cette dernière qu'on retrouvera la suite de ses annales.

On ne peut, quitter, même momentanément, les peuples iraniens, surtout lorsqu'on s'occupe des

questions qui font le thème de ce travail et des progrès apportés à la civilisation, sans parler un instant de la religion des Aryas et du mazdéisme ou réforme introduite par Zoroastre. Qu'était la religion prêchée par Zoroastre, à quel foyer avait-elle pris naissance, quels progrès moraux et intellectuels réalisait-elle sur les religions des peuples au milieu desquels elle allait s'implanter; et enfin, quelles transformations eut-elle à subir, sur quels points conserva-t-elle son influence?

Les Aryas, comme tous les Noachides, avaient le monothéisme pour primitive croyance; c'est le signe distinctif de leur race. Or, ayant été les derniers dé cette grande famille humaine qui aient émigré loin du berceau commun, ils ont conservé leurs traditions plus longtemps que les autres peuples. Leurs Védas ou chants sacrés en font foi. Mais, au lieu de conserver cette doctrine dans toute sa pureté, ils la modifièrent, par la suite, d'une manière fâcheuse. Ils adoraient un Dieu suprême, maître du monde, remplissant le ciel et la terre; esprit divin et éternel, il pénètre l'univers; tout dépend de lui, les autres dieux comme le reste des êtres ou des choses. Il est susceptible de différentes manifestations. Il résulte de ce thème qu'ils confondirent en peu de temps le Créateur avec la création, que les différences entre la personnalité première et ses diverses manifestations ne tardèrent pas à s'affaiblir. Comme tous les autres Noachides, les Juifs exceptés, ils passèrent au panthéisme, puis au polythéisme dont le développement devait enfanter les religions indiennes, mais qui^

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chez les Âryas de Tlran, affecta plus particulièrement la forme du dualisme ou Fantagonisme des deux principes, le bien et le mal.

C'est cette lutté perpétuelle du mal contre le bien qui semble avoir plus spécialement frappé les Iraniens dans le combat pour la vie. Ils étaient loin de saisir la moralité de cet antagonisme et ne savaient pas en conclure que le bien seul est adorable ; aussi voulurent-ils fléchir le mal qu'ils voyaient presque aussi puissant que le bien, en l'adorant comme lui. De là cette tendance à diviniser le contraire de tout bien, de là ces divinités en luttes perpétuelles qu'on retrouve dans leur mythologie et même chez les pieux Aryas. Le Rig-Véda, leur livre sacré, parlait de cette donnée que, dès Torigine, le Un existait et qu'il n'y avait rien d'autre au delà de lui. Mais ils ne se hâtent pas d'en conclure que ce Un était le Dieu créateur et conservateur de toutes choses. C'est là une preuve que cette croyance s'effaçait déjà au temps où furent recueillis les Yédas et que ces peuples marchaient vers l'idol&lrie qui découle naturellement du panthéisme, lorsque, Vers 2600 ou 2500 ans avant Jésus-Christ, parut Zarathustra, le Zoroastre des Grecs, grand réformateur qui prélendit ramener les Aryas à leur point de âépart, c'est-à-dire au monothéisme.

Jusqu'à quel point Zoroastre basait-il sur la science la religion dont il se fit le promoteur et qu'il a nommée le mazdéisme? C'est ce qu'on ignore ; mais ce qui parait certain, c'est qu'il avait, sur l'origine générale, des données bien plus vraies que ses con*

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temporains. Il savait assez sur les choses et la nature des choses pour qu'il lui fût possible, toute proportion gardée, d'appeler sa doctrine : science universelle. La codification de ses prééeptes avait, du reste, un titre moins pompeux; il la nommait Zend- Avesta^ ce qui voulait dire loi et réforme. D'après les fragments conservés de cet ouvrage, le principe du bien, Ormuzd est le Dieu suprême, le Verbe créateur qui existe avant tout, n'a jamais eu de commencement et n'aura jamais de fin, qui est représenté par le soleil, la chaleur et le feu et serait le Dieu unique s'il ne fallait conclure du mal tangible pour l'homme, que ce mal est dû à un être supérieur quelconque. « C'était déjà beaucoup, comme l'observe M. F. Lenormand, de ne pas conclure à l'unité fondamentale des contraires, du bien et du mal , différents et opposés seulement dans l'apparence. » Zoroastre, en voulant relever le monothéisme, est forcé de compter avec la croyance populaire ; mais sa doctrine n'en réalise pas moins un progrès moral réel. Ainsi le Zend-Avesla .contient les lignes suivantes : « Celui qui, dans ce monde-ci qui existe, se souvient de la totalité dû Verbe créateur, ou la profère quand il s'en est souvenu, ou la chante quand il la profère, ou la célèbre quand îl la chante; je conduirai son âme trois fois à travers le pont du monde meilleur, vers la meilleure existence, vers la meilleure vérité, vers les meilleurs jours ». C'eût été là une grande et belle doctrine ; si malheureusement, comme le fait remarquer l'auteur qui vient d'être cité, Zoroastre n'avait placé en face d'Ormuzd,

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comme principe égal et contraire, si ce n'est qu'il aura une fin, Ahriman, le Dieu du mal, Tespril mauvais, le destructeur, la mort. Il lui répugnait, en effet, que le bien ne triomphât pas du mal en dernier ressort, que le mal ne fût pas vaincu. De plus, il n'a pas voulu que le mal fût adoré : d'après le mazdéisme, on n'adore que le bien. Ahriman, le mauvais principe, reste un objet d'horreur.

C'est contre cette absence de culte en faveur d' Ahriman que se sont élevés tous les schismes auxquels a donné lieu le mazdéisme, et particulièrement celui que représentait le magisme de Médie qui faisait d'Ormuzd et d' Ahriman deux dieux égaux en tout, adorables tous deux, l'un pour lui demander de protéger, l'autre d'oublier ses sectateurs.

A la suite de ces grands dieux, ne procédant pas d'eux, mais créés par eux pour aider aux manifestations de leurs volontés, se trouvent, dans le mazdéisme, une foule de conceptions de génies, de démons façonnés à la taille des humains, mais dont l'histoire de la philosophie religieuse n'a pas à s'occuper. Ce qu'elle peut relever à plus juste titre et même glorifier dans la doctrine de Zoroastre, c'est la croyance absolue à l'immortalité de l'âme, aux peines et aux récompenses futures, croyance qui était bien celle de» Noachides à leur berceau. Il en résulta donc, pour les Aryens, une morale bien supérieure à celle de tous les peuples a^u milieu desquels ils vivaient.

Ormuzd, suivant Zoroastre, créa le monde en six époques dont la classification est à peu près celle

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indiquée par Moïse pour les six jours de la création. La notion du déluge semble avoir été commune à la Bible et au mazdéisme. Toutes ces concordances sont évidemment le résultat de traditions puisées à une même source et conservées plus ou moins pures, mais que les Aryas avaient déjà presque oubliées lorsque Zoroastre vint les leur rappeler. Par cela même ils provoquèrent leur séparation et formèrent les Iraniens et les Aryas proprement dits.

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