‹ Analyse et synthéseChapitre 52 sur 53 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Après avoir étudié l'histoire et les institutions de rÉgyple, de l'Assyrie et de la Perse, on est forcé, pour présenter un tableau complet de l'étal moral et matériel des peuples de l'antiquité, de parler d'une petite nation qui laissa sur le sol moins de ruines superbes que les grands empires ses voisins, mais qui sut se faire dans le monde intellectuel et moral une place autrement grande que ne la procurèrent jamais à leurs sujets les Ramsès ou les Sennachérib: il s'agit du peuple d'Israël.

Au milieu des tribus idolâtres de la Mésopotamie un homme existait, qui avait nom Abraham. Il avait su conserver pure, autant que possible, la doctrine des premiers Noachides; il en avait recueilli les traditions sur le vrai et unique Dieu, sur l'origine du monde, sur la dispersion des hommes de sa race. Cet être inspiré de Dieu, chassé d'un milieu où sa croyance incomprise devenait à son moment un danger suprême, s'en fut, poussant ses troupeaux, vers l'occident au pays de Chanaan. Là, devenu le père et le chef d'une nombreuse tribu, il légua à celle-ci

LES ISRAÉLITES. 46l>

les traditions rapportées du centre de l'Asie. La tribu devenue plus tard un peuple, dut à ces semences de vérité, de conserver au milieu de barbares absolument démoralisés et corrompus par rimpiété ou l'idolâtrie, un sens moral supérieur et la posibilité de devenir une nationalité distincte et parfaitement homogène, capable de supporter une longue existence. Enfin, elle fut, après une période glorieuse suivie de grands malheurs, jugée digne par le Très-Haut, d'enfanter le Sauveur du monde.

L'histoire détaillée des Juifs est trop familière à tous pour trouver ici sa place ; mais ce qu'il est bon de rappeler, c'est que celte longue histoire compte plusieurs périodes pendant lesquelles s'élabore la civilisation relativement très avancée au milieu de laquelle devait naître Jésus-Christ.

D'Abraham à Moïse la race hébraïque croît en nombre au point de former un peuple ; mais ce serait une erreur de penser qu'aux seuls Hébreux se bornait la descendance d'Abraham. Il fut sinon le père, du moins le chef ou chéik incontesté de la plupart des Arabes de race sémitique qui prirent, plus lard, la prépondérance sur les Kouschites établis en Arabie bien avant eux. Les douze tribus Israélites sont bien de la descendance ou sous les ordres d'Abraham; et la sainte Caâba de la Mecque, le sanctuaire le plus vénéré de l'Arabie, fut bien fondé par Abraham et Ismaël. Ainsi les Moabites etJes Ammonites descendaient de Moab et d'Am* mon , fils de Loth, et les six fils qu'Abraham eut

de Cétura , donnèrent naissance à autant de tribus arabes. Mais la seule descendance d'Isaac , plus spécialement cantonnée dans le pays de Chanaan, fut la véritable souche du peuple hébreu, encore y eut-il à la génération suivante une sécession nouvelle : Esaii, fils atné d'Isaac, se sépara de Jacob et devint la souche des Iduméens qui habitèrent au nord du golfe Élamitique. La descendance de Jacob ne resta cependant pas longtemps en Judée ; elle passa en Egypte à la suite de Joseph et y séjourna quatre cent trente ans. Tribu elle y était entrée, peuple elle en sortit sous la conduite de

Moïse.

Ici commence une seconde période de Thistoire hébraïque: Les descendants d'Abraham ne sont plus une horde nomade qui suit de pâturages en pâturages un chéik vénéré, mais une véritable nation conduite, quel que soit le titre qu'on lui donne, par un potentat reconnu. Celte période fut celle de l'organisation, celle de la conquête.

Moïse, à qui les Hébreux durent leur existence, ■ fut plus législateur que guerrier. Ayant triomphé de tous les obstacles que lui avaient opposés les populations hostiles d'Egypte, en Palestine, c'est surtout par la loi qu'il sut donner aux Hébreux , qu'il assura leur homogénéité ; et cette loi , chose remarquable et unique dans les fastes de l'antiquité , il la leur donna tout d'une pièce et rédigée de telle sorte qu'elle resta, sans aucune variation, la loi du peuple juif tant qu'il y eût un peuple juif. Cette loi, dont un grand nombre de prescrip-

lions sont empruntées aux nations avec lesquelles les Hébreux se trouvaient en contact, en contient cependant beaucoup aussi qui sont de véritables inspirations et qui constituent sur tout ce que Thumanité connaissait alors un progrès extrêmement sensible.

Toute la législation de Moïse découlait de ce principe : c'est Dieu, le seul et véritable Dieu, créateur et conservateur du monde, qui est le souverain mattre et Seigneur du peuple d'Israël ; et les chefs du peuple, quel que soit leur titre, ne sont que des intermédiaires entre Dieu et les Israélites : « Vous n'aurez point de dieux étrangers devant moi. » La nation, au temps qui suivit la mort de Moïse, n'était à proprement parler qu'une confédération de tribus dont le centre était partout où se trouvait l'Arche sainte. C'est au nom du Dieu tout-puissant qu'on prélevait la dîme des revenus, impôt destiné à l'entretien des prêtres auxquels Moïse avait interdit la possession du sol. Ce législateur avait voulu, en outre, que les pouvoirs sacerdotaux fussent absolument distincts des pouvoirs civils et politiques, et ce n'est que par exception qu'on transgressa cette loi.

A côté d'une application souvent insensée de la peine de mort et de la loi si exécrable du talion que Moïse essaya cependant de tempérer par l'institution des villes de refuge pour les cas où la préméditation n'était pas établie, on trouve dans les institutions léguées par ce grand homme, des prescriptions d'une hauteur morale, non seulement supérieure à tout ce qui existait alors, mais encore d'une nature telle, qu'elles ont souvent servi de modèle aux législa-

leurs de tous les temps et de tous les pays. Elles oat parfois même devancé les progrès de nations bien autrement éclairées que ne pouvait Têtre la nation juive. Ainsi la loi de Moïse qui faisait dire au Seigneur : « Vous ne ferez point périr Tinnoceni et le juste, parce que j'abhorre l'impie », abolissait les supplices et la torture, ne condamnait jamais sur une seule déposition et ne frappait pas les enfants pour les crimes du père, ce droit étant exclusivement réservé à Dieu.

Le non payement d'une dette était puni par Tesclavage ; mais la peine de mort frappait le mattre meurtrier de son esclave, si ce dernier mourait immédiatement sous ses coups ; et Tesclave blessé par son mattre était de droit affranchi. L'esclave jouissait comme le mattre des repos institués par la loi religieuse pour les jours du sabbat et les fêtes, car il était dit : k Vous ne ferez, le septième jour, aucun ouvrage, ni vous, ni votre fils, ni votre fille, ni votre serviteur, ni votre servante, ni vos bêtes de service, ni l'étranger qui sera dans l'enceinte de vos villes. » L'esclavage du reste, si l'esclave était hébreu, cessait avec la période sabbatique, c'est-à-dire qu'il ne pouvait dépasser six ans, l'année sabbatique ou année du repos pour la terre revenant tous les sept ans. Le droit au même privilège était pour l'esclave étranger le prix de sa conversion.

La loi voulait que chaque septième année, c'est-àdire chaque année sabbatique, la terre se reposât et que ce qu'elle pourrait donner sans culture fût le lot des esclaves, des étrangers, des déshérités.

Celte même loi contenait encbre cette intéressante prescription : Lors de la septième année sabbatique, dite année de Jubilé , soit à peu près tous les cinquante ans, quels qu'aient été les échanges ou les ventes, la terre reviendra sans indemnité aucune aux familles auxquelles elle a été donnée lors de la conquête, de manière à ce que les dilapidations d'un père ne puissent ruiner indéfiniment ses enfants.

Sur le vol on trouve dans la loi mosaïque les prescriptions suivantes :

a Si quelqu'un vole un bœuf ou une brebis, et qu'il les tue ou qu'il les vende, il rendra cinq bœufs pour un bœuf, et quatre brebis pour une brebis. »

« Si un voleur n'a pas de quoi rendre ce qu'il a dérobé, il sera vendu lui-même. »

La charité était largement prescrite aux Israélites, même envers les étrangers : « Vous n'attristerez point et vous n'affligerez point les étrangers, parce que vous avez été étrangers vous-mêmes dans le pays d'Egypte. » « Vous ne ferez aucun tort à la veuve ni à l'orphelin. Si vous les offensez en quelque chose, ils crieront , vers moi et j'écoulerai leurs cris. » Il y avait même dans la législation hébraïque des prescriptions qu'on peut appeler chrétiennes telles que celles-ci : « Si vous rencontrez le bœuf de votre ennemi, ou son âne lorsqu'il est égaré, vous le lui ramènerez. »

« Si vous voyez l'âne de celui qui vous hait, tomber sous sa charge, vous ne passerez point outre, mais vous l'aiderez à le relever. »

Dans le code des Israélites la femme était aussi

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protégée qu'il était possible de le faire chez un peuple qui admettait Tinstitution de Tesclavage. Ainsi, celui qui avait frappé une femme enceinte était pécunairement puni si Fenfant seul mourait ; mais il devait vie pour vie si c'était la mère. « Si quelqu'un séduit une vierge qui n'était point encore fiancée, et qu'il la corrompe, il lui donnera une dot, et il l'épousera lui-même. »

« Si le pjbre de la fille ne veut pas la lui donner, il lui devra la dot nécessaire pour contracter un autre mariage. »

Tels sont les principaux règlements qui mettent en relief la loi mosaïque et la font briller au milieu des législations barbares comme un soleil dont les rayons réchaufient l'humanité en établissant la véritable fraternité, en enseignant que le bien doit être fait, non pour de vulgaires récompenses, mais en vue de Dieu et de la justice.

De la loi, telle que Moïse la conçut et la donna, résulte ce grand fait que le peuple hébreu, le seul dans l'humanité, admettait légalement et moralement les autres nations, non seulement à jouir au moment présent, du bénéfice de leurs institutions, mais encore à partager, dans une mesure moindre il est vrai, puisqu'ils admettent que tous les peuples seront soumis au Sauveur qu'ils attendent, le bonheur que ce Sauveur doit leur apporter, soit ici-bas, soit dans la Jérusalem céleste. Le peuple hébreu pour les Hébreux, c'est le centre de l'humanité. Les portes de Sion s'ouvrent et s'ouvriront pour tous! Les Israélites durent à cette croyance qu'ils conser-

vèrent toujours, la cohésion qui les fit si souvent renatlre de leurs cendres; et aucun exemple ne fait mieux voir que la révélation à laquelle ils ont dû cette croyance, de quelle manière procède le Créateur, lorsqu'il veut pousser Thomme dans des voies droites et exemplaires.

A Moïse succéda Josué le conquérant, à Josué les Juges ; et enfin, aux Juges, les Rois.

Avec Satil, le premier roi, s'ouvre la troisième période de Fhistoire des Hébreux. Ce fut la plus glorieuse sans aucun doute, puisqu'on y compte et David et Salomon sous lesquels le peuple d'Israël devint assez puissant pour faire reculer, d'une part les Chaldéens- Assyriens, de l'autre les Égyptiens ; mais de tels succès étaient bien éphémères. La constitution des Hébreux en tribus distinctes était une cause de faiblesse qui ne permettait pas de maintenir un puissant empire et dont il était impossible que Tétranger ne recueillit pas les bénéfices. La séparation des Hébreux en deux camps : celui d'Israël et celui de Juda, en fournit la preuve. Les conquêtes de David et de Salomon qui allaient de l'Euphrate à la Méditerranée, du Taurus au centre de l'Arabie, disparurent peu à peu, et avec elles celle pure croyance, ce zèle au service de Dieu, celte civilisation avancée, celte poésie si touchante et si charmante dont les psaumes et le Cantique des Cantiques ont donné l'exemple. Si cependant, croyance, organisation, civilisation, poésie ne périrent pas entièrement, c'est aux prophètes, à ces hommes parfois inspirés, d'une verlu et d'une instruction évidemment

bien supérieures à celles de leurs contemporains, à ces vrais héritiers de Moïse sortis de l'école fondée par Samuel, qu'on en est redevable. Peuples et rois disparaissent derrière eux; et l'histoire du peuple hébreu, 'de Salomon à la naissance du Christ, se concentre presque entière dans leur collège. C'est en grande partie dans leurs écrits qu'il faut en recueillir la suite ; et ces écrits suffisent à prouver que le peuple qui a donné une pareille pléiade d'hommes remarquables a droit à une grande place dans les annales du monde.

Osée, Isaïe, Jérémie, Baruch, Daniel, Ézéchiel et tant d'autres, sont des noms justement célèbres; car, au milieu de cette antiquité barbare et sanguinaire, ils faisaient dire au Dieu au nom duquel ils prêchaient : « Je suis le Seigneur qui aime la justice et qui hait les holocaustes qui viennent de rapines et de violences. » Isdie^ chap. lxi, § 8.

Osée, qui a prophétisé jusqu'à quatre-vingt-neuf ans sous Jéroboam, fils de Joas roi d'Israël, prédit en un style sentenctieux et serré la ruine des dix tribus, la destruction de Samarie et même le renversement de l'empire babylonien.

Isaïe, issu de la maison royale de Juda, prophétisa, croil-on, quatre-vingt-six ans et mourut à cent dix ans, scié en deux avec une scie de bois, par ordonnance du roi Manassé, dont il avait blâmé les désordres. Le style d'Isaïe est noble, pur, élégant, convaincu, et par conséquent convainquant; ses comparaisons sont généralement heureuses. Il est peut-être de tous les prophètes celui dont les vues

d'avenir ont été les plus étendues ; celui à qui le Seigneur accorda la plus grande somme d'intuition subséquente. Il sut conclure des événements passés ou présents aux événements à venir ; et ses prédictionsy évidemment sorties d'une âme plus dégagée qued'aulres, se trouvèrent justifiées. Des fautes des Juifs et de leur affaiblissement il sut conclure aux servitudes que ne pouvaient manquer de leur imposer des voisins autrement puissant qu'eux ; et, au bruit des lointains échos de la rude valeur des Mèdes et des Perses, il comprit quel serait le sort des grands empires assyro-chaldéen. Or ceux que ces empires avaient eus pour ennemis étant tout naturellement les alliés des Mèdes et des Perses, c'est de ces derniers que viendrait la délivrance. Mais Isaïe n'élait pas seulement un grand politique, il élevait plus haut ses pensées; devant les erreurs et les crimes sans cesse renouvelés de Juda et d'Israël, il poussa rintuition jusqu'à prêcher que les hommes ne pouvaient acquérir assez de mérites pour laver tant de forfaits dont ils se rendent chaque jour coupables, et qu'il fallait, pour cela, les vertus d'un Dieu. Admirable logique qui est la véritable révélation que le Créateur accorde à ses élus et qui faisait dire au saint prophète, en parlant du Christ futur : « Il a été percé de plaies pour nos iniquités, il a été brisé pour nos crimes ; le châtiment qui nous doit procurer la paix est tombé sur lui, et nous avons été guéris par ses meurtrissures. »

Le nom de Jérémie peut suivre celui d'Isaïe, il en est digne ; quoique ses écrits ne présentent pas

une correction aussi parfaite que ceux de ce dernier, quoiqu'ils aient été transcrits par d'autres et, en particulier, par Baruch son disciple, leur ensemble n'en forme pas moins l'une des œuvres les plus remarquables que nous ait léguées l'antiquité. Presque tout ce qu'on a dit des prophéties d'Isaïe on peut le redire de celles du prophète des lamentations. Évidemment le collège des prophètes n'était pas seulement un établissement religieux; c'était une grande école politique et morale d'où devaient sortir des conseillers de rois. C'était une précieuse institution que celle qui, dès cette époque de barbarie, produisait des hommes assez forts par l'attache religieuse et assez instruits, pour se placer, d'une part entre le peuple et le souverain dont nul autre frein ne pouvait enrayer la tyrannie, et de l'autre arrêter roi et peuple sur le bord des abîmes où les précipitaient leur ignorance et leurs passions. Les prophètes s'efforçaient bien de mettre en pratique la doctrine de ce roi dont ils prédisaient la venue et qui, d'après Jérémie, devait porter ce grand nom de : Juste.

On peut dire d'Ezéchiel qu'il fut certainement l'un des plus grands parmi les prophètes, bien que ses prédictions n'aient pas toujours la clarté, la facilité de style qu'on trouve à un aussi haut degré chez Jérémie et surtout chez Isaïe. Quoiqu'il n'ait pas abandonné l'espérance et qu'il promette aux Juifs leur retour en Judée après le châtiment dur mais mérité de la captivité de Babylone, et plus tard la félicité de la Jérusalem nouvelle, il fut surtout le prophète des malédictions. Il ne se lamente pas,

comme Jérémie, sur le sort des coupables, il les maudil et n'épargne personne, ni peuples, ni princes ni prêtres, ni prophètes même. Il suffît de lire sa prédiction de la ruine de la superbe Tyr, l'un des plus beaux morceaux qu'il ait produits et en même temps l'un des plus précieux de l'histoire, pour se rendre compte de sa verve indignée. On trouve cependant dans ses écrits de consolants passages comme celui-ci : « Si l'impie fait pénitence de tous les péchés qu'il a commis, s'il garde tous mes préceptes, et s'il agit selon l'équité et la justice, il vivra certainement et ne mourra point.

« Je ne me souviendrai plus de toutes les iniquités qu'il avait commises; il vivra dans les œuvres de justice qu'il aura faites.

« Est-ce que je veux la mort de l'impie? dit le Seigneur Dieu; et ne veux-je pas plutôt qu'il se retire de sa mauvaise voie et qu'il vive ? »

En Daniel qui, chronologiquement, vient après Ézéchiel, on trouve moins un prophète qu'un chef de nation, émule de Joseph ou de Moïse, qui se sert de sa grande renommée de sagesse et de la faveur obtenue pour protéger les siens captifs à Babylone. Son style même s'en ressent ; il est moins prophétique, moins sentencieux que ceux de ses prédécesseurs. Il raconte les faits, passés ou présents, plus qu'il n'annonce les faits à venir. En général il est historien, et si sa pensée le porte vers ce qui doit être, il la formule comme une espérance ; ses visions mêmes,il n'en prédit pas la conséquence, il les expose telles qu'il les voit. Lorsqu'il dit : « Le Christ sera

mis à mort; et le peuple qui doit le renoncer ne sera point son peuple. » C'est, prétend-il, l'ange Gabriel qui le lui dicte. Cependant, par la grandeur de ses prévisions, par les services rendus jusqu'à quatrevingts ans et, k défaut d« ces raisons, par cela seul que le Christ lui a donné ce titre, Daniel doit être compté parmi les prophètes, et même parmi les plus grands.

Ainsi la période de l'histoire judaïque qu'où nomme communémentles Rois, fut plus grande après Salomon par les prophètes grands et petits qu'on semble oublier, que par les potentats barbares dont les historiens se souviennent; et l'on peut affirmer qu'à cette époque, c'est chez les prophètes de Judée qu'il faut chercher, en Asie, la plus grande élévation de l'esprit humain. Les préceptes de morale religieuse et' politique qu'ils ont laissés sont marqués au coin de la plus haute sagesse, et surtout, ce qui les distingue de tous c'est que pas un mot écrit de leur plume gloire du Dieu uniqu<

Avec la fin de la rentrée en Judée con velle période histori comme la précédent* ainsi que par bien de:

dant cette longue épc dent les mêmes verti de moins en moins d un écho qui se perd i

ne. s'appartient plus. Elle fait partie de vastes empires dont le sort est toujours le sien, jusqu'à ce qu'elle retrouve, dans le fait d'avoir donné naissance au Christ, une renommée, une gloire que n'eussent pu lui procurer les plus grands rois de la terre.

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