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» les mots de rinscription de Rosette ) celui du savant anglais em- /) brasse de plus les mots tires d'autres manuscrits dont la valeur » a été reconnue avec quelque probabilité , soit par lui y soit n par d'autres savans y parmi lesquels il a bien voulu me signa* M 1er aussi. Le mërite spécial du dictionnaire de Young consbte » dans certains points d'interrogation tracés à la suite des mots » dont la signification est douteuse. La bonne foi et un jugen ment sévère doivent présider à l'exposition de nos propres trai) vaux aussi bien que de ceux d'autrui ; on doit séparer ce qui I) est certain de ce qui ne l'est point : c'est dans cette distinction » que consiste la véritable science. Il est vrai qu'un ton dogma* » tique en impose à la majorité ; cependant^ ce n'est pas le suf- » frage de la majorité qu'on devait solliciter^ mais plutôt celui » du petit nombre des savans véritablement consciencieux.
» La dernière partie du travail de GhampoUion , consistant w dans une seule feuille, renferme le Tableau des sèmes et signes )) grammaticaux. Si, pour les deux premières parties, le savant » français trouva des émules dans ceux qui ont aussi essayé de M diviser les groupes et de les disposer en forme de lexique , il » n'a pas eu de concurrent dans cette troisième partie. Per- » sonne avant lui n'avait essayé de séparer de chaque groupe les » signes logiques qui l'accompagnent, c'est-à-dire les préfixes et » les suflixes qui indiquent le nombre , les cas, les personnes et n les accidens des noms ou des verbes. C'est dans cette feuille que » consiste toute la prééminence du travail de GhampoUion com-* )' parativement aux autres. M. Kosegarten et moi*méme nous M avions reconnu quelques-uns de ces signes, tels que ceux qui » dénotent la pluralité, le genre féminin, etc. : l'0£dipe français » se flatta de les avoir reconnus tous ou presque tous ; on pour- )) rait cependant élever des doutes sur plusieurs d'entr'eux. Au t) reste , si la vérité ne peut ressortir que de la comparaison
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M entr'eux du plus grand nombre possible de textes dëmotiques » et des analogies de l'écriture démotique avec les deux autres » écritures égyptiennes, il est évident que l'auteur , ayant eu » depuis l'an 1822 l'occasion d'examiner plusieurs pap3nrus dé- » motiques presque bilingues , et ayant pu compléter ses idées M sur le système hiéroglyphique , il aurait certainement lui- » même modifié ce premier essai de grammaire démotique. M Ainsi 9 tandis que le tableau dont je parle est un monument M très-honorable pour Ghampollion qui le rédigeait il y a treize » ans, ce même tableau n'aurait certainement point obtenu son » approbation dix ans après ; le même , puUié aujourd'hui , ne » représenterait nullement le point auquel ses connaissances i) étaient parvenues.
» Les trois parties que je viens de décrire du manuscrit de » Ghampollion sont un heureux commencement d'analyse; mais, n pour que cette analyse soit complète, il faut y ajouter la partie i) la plus importante, je veux dire l'explication de chaque signe, » de manière, par exemple, à fixer la valeur de chs^cun des trois i) ou quatre signes dont se compose le groupe signifiant » Egypte j et à démontrer que, lorsqu'on rencontre dans d'au- » très groupes ces mêmes signes séparés , ils y conservent la » même valeur. Pour parvenir à une analyse aussi complète, il » faut remonter de l'élément démotique à sa forme hiératique^ i) et de cette dernière à la forme hiéroglyphique : cela est exigé » par la filiation des ûgnes ; c'est aussi ce qu'exige Tunité des » trois écritures qui toutes aboutissent à un seul et même sys* » terne , intellectuel dans leur théorie , physique dans leurs ») linéamens. C'est de cette manière qu'on parviendra à sépa* )) rer les signes radicaux des signes logiques, c'est-à-^dire à )i former la grammaire et le lexique. Personne n'a fait cela M jusqu'ici. On a donné l'interprétation de stèles, d'obélisques,
» d'autres monumens de toute espèce, qui, n'étant point bi- » lingues, laissent un champ libre au talent et à l'imagination des » traducteurs ; mais personne jusqu'ici ne s'est occupé du déchif- *) f rement de la pierre de Rosette, basé sur une vaste échelle. » L'importante remarque que le savant professeur de Turin publiait , il y a un an , relativement à la généalogie des signes démotiques à laquelle il fallait avoir recours pour l'explication de cette écriture, avait été, quelques ans auparavant, mon véritable point de départ dans mon entreprise sur le texte intermédiaire de Rosette, 11 est étonnant que cette idée fondamentale ait échappé aux savans qui avant moi ont consacré leurs méditations à l'explication de ce texte ; la plupart d'entr'eux ne révoquaient pourtant pas en doute la liaison intime des trois écritures égyptiennes. C'est par cette seule circonstance qu'il faut expliquer le fait des résultats insignifians auxquels ils sont parvenus. Quant à moi, il est juste que j'avoue ici que c'est presque par instinct que je me suis trouvé tout d'abord sur la voie oîi mon travail allait prendre une marche sûre. Fami^ liarisé comme je l'étais déjà de longue main avec les signes des deux écritures , \ hiéroglyphique et V hiératique ^ une application préalable de dix ans m'ayant gravé dans la mémoire leurs formes variées, dès la première inspection du texte intermédiaire de Rosette , je me reconnus , à ma grande satisfaction , ibaitre du fil conducteur qui pouvait diriger mes pas. Dès-lors me pénétrant des règles que, par analogie, je devais supposer avoir présidé à la combinaison des élémens de l'écriture qu'il s'agissait de déchiffrer , je parvins sans effort à placer , dans une copie que j'avais faite des premières pages du tableau du docteur Young, sous une grande partie des groupes démotiques leur correspondant hiératique et hiéroglyphique. La forme pri^- ^itive hiéroglyphique d'un groupe démotique quelconque une
fois fixée , il ne s'agissait plus que d'appliquer à sa lecture et à son déchiffrement les doctrines que je venais de développer dans la partie de mon analyse relative au texte hiéroglyphique. Un fait important, dont je dois faii^ ici une mention particulière, consiste en ce que l'application dont je viens de parler m'a fait toucher au doigt une vérité qu'on aurait pu déduire avec confiance de l'admission d\me analogie réelle entre les trois méthodes graphiques des Egyptiens , mais qui a été constamment méconnue par l'auteur des doctrines elles-mêmes qui m'ont conduit à la découvrir « Les personnes qui ont pris le soin de lire les difFérens ouvrages de Ghampollion ne peuvent ignorer que l'illustre hiérogrammate persista toujours à regar^ der les textes en écriture démotique comme composés presque exclusivement d'expressions entièrement phonétiques , les expressions figuratives et symboliques , qui se trouvent si souvent dans les deux autres espèces d'écriture, se bornant, d'après lui , dans la méthode enchoriale, à la représentation d'un trèspetit nombre d'idées. Or, il restera prouvé, j'espère, par l'analyse raisonnée du texte intermédiaire de Kosette qu'on va lire dans ce volume , que la méthode démotique ne fait pas moins usage d'expressions figiuratives et symboliques , que la méthode hiératique et hiéroglyphique. Telle est l'importance de cette rectification, que je ne doute pas que l'assertion du savant français admise sans examen , et accréditée partout en Europe, n'ait beaucoup contribué à l'embarras dans lequel se sont trouvés la plupart des savaos qui , d'après les principes euxmêmes de Ghampollion , ont voulu faire quelque essai sur le texte intermédiaire de Rosette. Sans doute on ne remarque pas dans un texte démotique (et on ne le remarque pas non plus dans un texte hiératique) ce symbolisme constant dont nous voyous , pour ainsi dire , imprégné un texte hiéroglyphique ;
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mais ce mélange des expressions figuratives , symboliques et phonétiques qui m'a fait dire ailleurs (pag. 92) que les écritures égyptiennes ne sont pas plus phonétiques que hiéroglyphiques y a lieu dans les mêmes proportions , et l'emploi des déterminatifs y autre principale ressource du symbolisme égyptien , s'y montre avec la même fréquence.
Bien d'autres observations resteraient à. faire relativement à la méthode d'écriture dans laquelle est conçu le texte intermédiaire de Rosette. On pourrait surtout donner lieu à bien des remarques qui résultent de la comparaison des deux textes que j'ai essayé d'expliquer, relatives aux diverses ressources de leurs differens systèmes d'écritures, et aux circonstances qui résultent de cette diversité, soit dans la combinaison des élémens, soit dans la combinaison des expressions elles-mêmes, tantôt phonétiques , tantôt figuratives , tantôt symboliques. Offrir ces remarques au lecteur dans cette préface, ce serait m'éloigner du but que je me suis proposé en l'écrivant ; ce serait d'ailleurs anticiper sur l'exposé de plusieurs des résultats généraux de mon travail , qui ne pourront être jugés que quand on en possédera l'ensemble. Je dois me contenter d'ajouter quelques mots concernant les sources diverses auxquelles j'ai puisé pour les discussions philologiques qu'on va lire dans le courant de mon analyse. Comme c'est sur l'emploi simultané des moyens que ces sources m'ont fournis, et des moyens que j'ai déjà indiqués précédemment, que repose tout mon travail, je ne puis pas me dispenser de donner au lecteur quelque éclaircissement à
ce sujet.
Ces sources, je les ai fait consister presque exclusivement dans le Musée-Égyptien de Turin, et dans ceux de Paris et de Leyde. On s'étonnera peut-être de l'usagfe presque nul que j'ai fait des copies de manuscrits ou inscriptions égyptiennes, pu-
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bliées soit en Angleterre , soit ailleurs ; mais les fautes et les inexactitudes de toute espèce qui fourmillent dans la plupart de ces publications ne me permettaient pas, dans un travail aussi consciencieux que celui que je m'étais proposé , d'en tenir compte ^. J'ai préféré les monumens originaux , car je tenais surtout à n'exploiter pour mes interprétations que des moyens dont moi^ aussi bien que les savans qui prendraient la peine d'examiner mon travail , nous pussions faire usage avec indépendance. C'est surtout aux manuscrits funéraires que j'ai eu recours : je me suis le plus souvent borné a ceux que m'a fournis en assez grand nombre le Musée de Turin ; non pas que, dans l'étude des manuscrits du même genre conservés dans les autres musées que j'ai eu l'occasion d'étudier , je n'aie trouvé une moisson tout aussi riche de faits propres à soutenir mes discussions; mais parce que, m'étant assuré, par la comparaison des nombreux extraits que je possède des uns et des autres , que la plus grande partie des variantes que m'avaient offertes les manuscrits de Turin sont précisément les mêmes que nous fournissent les manuscrits de Paris et de Leyde , il m'a paru inutile de multiplier les citations.
Une considération qui n'a pi» être négligée de ma part^ relativement à ces mêmes manuscrits , c^était celle de faciliter aux savans le moyen de vérifier l'usage que j'en ai fait. Cette con^
'*' Parmi le très-petit nombre d'exceptions qu'où pourrait indiquer ici , je dois signaler surtout la copie d'un long papyrus hiéroglyphique publiée dans le gra^id ouvrage delà Description d' Egypte (qui cependant n'est pas exempte d'inexactitudes), et les dessins d'inscriptions hiéroglyphiques qui font partie des planches de l'ouvrage Musée de sculpture antique et moderne, par M. le comte de Glarac. Rien d'aussi exact et d'aussi purement égyptien que ces derniers n'a paru jusqu'ici en Europe : celui qui en ferait autant pour des textes dWe étendue plus considérable rendrait un véritab^ service aux études égyptiennes^