On demande ce que devient l'expression
lorsque^ aux [variables indépendantes x et y et à la fonction z, on substitue deux nouvelles variables indépendantes Il et V et une nouvelle fonction iv, étant données trois relations
cp^ {x, y, z, M, u, lo) = 0, cp2 {œ, y, z, u, y, lo) = o, ,^j^,. ?3(^' y, ^> ^1 ^, ^^") = 0
entre les trois nouvelles variables w, ^', iv, et les variables primitives x^ y^ z.
La marche à suivre est analogue à celle du cas précédent.
Pour que le lecteur saisisse mieux la ressemblance et la différence, nous conserverons autant que possible la rédaction du n° 107, en n'y introduisant que les modifications nécessaires et donnant aux équations correspondantes les mômes numéros accentués.
Les formules de transformations (21') donnant x, y, z^ en
fonction de u, v^ w, il ne s'agit, en somme, que d'exprimer les dérivées partielles de z par rapport à x et y en fonction des dérivées partielles de iv par rapport à w et à v.
Cherchons d'abord les dérivées du premier ordre
Considérons, à cet effet, les égaillés
dw="^clu^^-^ dv (22")
eu ôV ^ '
et les relations
hldx ^'^■^dy +^ dz-\-^-^ du +^ dv + ^ dœ =
ex \
que l'on obtient en différentiant totalement les formules de transformation (21'). En éliminant dz^ clw^ du^ dv entre les cinq relations ^22'), (22") et (23), on tombera sur une égalité
Mx + Bdy (24')
dont le premier membre est linéaire et homogène par rapport à clx et dy et qui devra être une identité puisque les variables x et y sont indépendantes. Cette identité équivaut donc aux deux équations A = o, B =o, qui, étant linéaires
par rapport à -^' —-5 donneront sans difficulté les expressions ux dy
de ces dérivées en fonction de — - et de-— •
Pour trouver les dérivées du second ordre — ^.,' ---» -^j
dx' dxdy ciy-
on différentiera totalement chacune des relations (23') en
considérant dans cette opération dx qX r/y comme constants. Entre les trois relations ainsi obtenues
ôx- 01/^ dz^ ôu^ cv-
+ ^ £^^6-2 + 2 '-^ dxdy + 2 ^ c^:»c/^ + 2 i^ c?£cc^i< ^2 "^2 "^■^ ^2
(25') + 2 ^ dydv + 2 f^^ c?i/c^h^ + 2 ^ c^wc^t^ + 2 '-^ rf^c^?
dvOlO 1>Z OU OV CîC
et les égalités
dho = ^ c^i^2 I 2 ^ c;« c/y + ^ rf«;2 (26')
on éliminera d-z, d'u, d'v, dhv, et l'on remplacera, en outre, dîv, du, dv^ dz par leurs valeurs tirées des équations (22") et (23'). On tombera de la sorte sur une égalité
Tdx'- + ^Sdxdy + ildy'- = o,
homogène et du second degré par rapport à dx et à d// et qui, devant être une identité, équivaudra aux trois équations
Ces équations sont d'ailleurs linéaires par rapport à
elles donneront donc sans difficulté les expressions de ces dérivées partielles en fonction des dérivées partielles de iv par rapport à u et à v.
On continuerait de même pour les dérivées d'ordre supé- ,; rieur au second.
1 13. Exemple. — Que devient l'expression
lorsqu'aux variables indépendantes .x et y et à la fonction z on substitue les variables indépendantes u et v et la fonction lo définies par les relations
u = ax^ V = by^ 10 = ax -j- hy -)- cz^ (48)
«, ô, c étant des constantes données?
On a
du ■=. adx^ dv = bdy^
dio = adx -f- bdy -[- cdz = la-\-c'^—]dx-\- (b-\-c'':r- \dy^ et, par suite, la relation
dw = <—■ du 4- ■:— dv
ou 00
devient
ia~\-c'':^\dx-{'ib-\-c^\dy=:a — dx-\~b''—dy\
cette équation se décompose dans les deux suivantes
'dz '^w ^ . 'bz . 'dw ,..„,
ox ou oy ov
Différentions totalement la première, il viendra
,LlZ ,'dlO
C a— = a d' — > ox ou
c'est-à-dire
équation qui se décompose dans les deux suivantes
ox^ ôu^ oxoy ôuôv
On trouverait de même en partant de la seconde équation (50)
On a donc pour la transformée de l'expression (47) Autre méthode
114. La solution que nous venons de donner, pour les questions relatives aux changements de variables, est fondée sur la considération des difîérentielles totales. C'est en général la meilleure marche à suivre. Il est cependant avantageux parfois d'employer un autre procédé fondé sur la considération des dérivées partielles et qui, vu l'importance pratique des problèmes en question, ne doit pas être passée sous silence. Nous allons expliquer brièvement cette autre méthode en nous bornant au cas général oii l'on change à la fois les variables indépendantes et la fonction ; nous conserverons d'ailleurs les notations du n" 112.
^, étant une fonction de x et de // qui dépendent ellesmêmes de u et de i\ est une fonction composée de ces nouvelles variables ; on a donc, d'après la règle de dérivation
des fonctions composées,
Dz i^z L*x ^z 7)y ^v i)rr t)r ^y l'v
On en déduit ensuite, en différentiant successivement par rapport à ti et à v et observant que — et -^ dépendent de jc et de y qui sont à leur tour des fonctions de ii et de v.
Les équations (A) et (B) sont linéaires par rapport aux inconnues
elles donneront ces quantités lorsqu'on y aura remplacé
yy
yy
yx
yy
par leurs valeurs en fonction de
'dlO
:^ia
yho
:>ha
r-to
'du
dv'
dlldv
valeurs que l'on tire des équations obtenues en différentiant successivement par rapport h u eihv les équations de transformation (21), et allant jusqu'aux dérivées du second ordre inclusivement, c'est-à-dire jusqu'aux dérivées de même ordre que les dérivées les plus hautes qui figurent dans l'expression (20').
Appliquons cette méthode à l'exemple du n° 113.
Les formules de transformation sont ici
elles donnent, par différentiation,
du 1
v~ — ■ ~' ôv a
yix diidv ~ °'
En portant ces valeurs dans (A) et (B), on obtient immédiatement les valeurs
du
dz du
1 /dio
c \du
dl/ 1
dv "~ b'
dz dv
c \dv
dh/
du^ - ^'
, d^z du""
1 dho
C dll^
d-'y dudv ~ °'
dudv
1 dho
C dudv
dv' = "'
. d'-z dv'
id-w
~ c dv^
dz a fdlO \
dz b /dw
dv c \du )
dy c\dv
ab dho d'-z
b^ dho
dx'^ C du'' ' dxdy
c dudv dl/^'
c dv'
d'oii résulte, pour la transformée de l'expression (47), la valeur déjà trouvée au numéro précédent.
Traiisforinatioii de Legendre
115. Nous terminerons ce chapitre par quelques mots sur une transformation due à Legendre; cette transformation, qui trouve son emploi dans le calcul intégral, va d'ailleurs nous offrir une nouvelle application des principes précédents.
Désignons, suivant un usage reçu, respectivement, par
les dérivées partielles
d'une fonction ;: de deux variables indépendantes x et y.
La transformation de Legendre consiste à prendre pour nouvelles variables indépendantes ^j et q et pour nouvelle fonction
10 = px ■\~ qy — z. (52)
Il s'agit de calculer les dérivées r, s^ t, en fonction des dérivées
'bw 7>io ^^10 b^w y^'io 2p 'dq Sp'-^ ^pbq 'èq^
Or on a
et
dz = pdx -f- qdy (54)
dp = 7'dx -j- sdy (55)
dq = sdx -]- tdy'j (56)
dîv = xdp -j- ydq -\- pdx -\- qdy qui, à cause de (5t), se réduit à
dio = xdp -j- ydq ;
on voit par là que
dp i)q ^ '
D'ailleurs, en résolvant (55) et (56) par rapport à dx et dy^ on a
ce qui donne
7}p ri — s^ ^q Tip rt — s^ 2q rt — ou, en vertu de (57),
'b^xo t ^^10 S Ti'^w r
t)/)2 ri — s^ itp^q rt — s^ ^q^ ri — «^ '
on en déduit
'bho ^ /^2^\2 1
t)p^ 'èq'^ \^pi>q) ' rt — s^ et enfin,
7>p^ 'dp^q c>q'^ Tip^ 7)q^ yTip^qJ
Définitions
1 16. On donne le nom de série à toute suite illimitée de quantités se succédant suivant une loi déterminée, mais d'ailleurs quelconque.
Une série
W), Mgi ••'■> '^111
est dite convergente lorsque la somme
de ses n premiers termes tend vers une limite déterminée, et par conséquent finie , à mesure que le nombre n croît indéfiniment. Cette limite S est dite la somme de la série, et l'expression S — S,„ que l'on désigne habituellement par R„, reçoit le nom de 7'este.
On appelle séine divergente toute série qui n'est pas convergente.
117. Comme premier exemple de série, nous citerons la progression géométrique
(2, aq, acf^ ..., aq" , ... (1)
Elle est convergente lorsque la raison q est, en valeur
absolue, inférieure à l'unité ; car la formule connue
montre que, dans cette hypothèse, S,j a pour limite
puisque ç-" tend vers zéro lorsque n croît indéfiniment.
Dans tout autre cas, la progression est une série divergente. En effet, si q est, en valeur absolue, supérieur à 1, la formule (2) montre que S„ croît indéfiniment avec n. Il en est de même pour ^ = -]- 1, car tous les termes de la série sont alors égaux à «, et l'on a S„ =: an. Enfin pour q = — 1 la série devient
et S„, étant égal à zéro ou à a suivant que ii est pair ou impair, n'a pas de limite déterminée; il y a donc encore divergence.