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êtres, c'e:?l ngir bien; renfreindre, c'est agir mal (i).
Chaque catégorie d'ôtres est soumise à cette loi. Elle l'observe ensuivant» la pente qui l'incline aux actes et aux fins qui lui sont propres », ou qui lui conviennent. La même tendance se rencontre dans les créatures raisonnables, mais à l'état conscient. Cette tendance naturelle consciente porte le nom de loi naturelle, imitation en raccourci, écho, dérivation de la loi éternelle. C'est donc en interrogeant sa conscience, en se reportant aux tendances conscientes qui l'inclinent à mettre d'accord sa conduite avec l'ordre des êtres, que l'homme connaît la loi éternelle, la règle suprême de ses actes, « L'ordre hiérarchique des préceptes de la loi naturelle, dit saint Thomas, suit l'ordre
(1) Pour M. Brunschvicg, la perfection morale consiste à «"adapter à l'ordre idéal des joies (Morale .soc/«/c,chap. x). Doctrine qu'il serait aisé de ramener à celle que nous exposons, ù condition de dire sur quoi se règle cet ordre idéal, mais (jui, chez son auteur,demeure trop subjective et aussi troj) étroite.
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hiérarchique des inclinations naturelles (i). » Voilà ce qu'on peut appeler la morale de l'ordre; morale profondément conforme à l'esprit de la science : la règle qu'elle propose est précisément le respect de cette harmonie, de cette unité hiérarchique que la science reconnaît dans le monde. Elle prend l'homme avec les diverses relations qui l'unissent au reste des choses et lui dit que le bien moral consiste à respecter ces relations, à agir en s'inspirant de ces relations. Cependant elle ne fait pas de l'homme un rouage aveugle du mécanisme universel. C'est librement que celui-ci se conforme à l'ordre. La raison grâce à laquelle l'homme se propose à lui-même une fin, la liberté grâce à laquelle il y tend spontanément et sans contrainte élèvent son activité du rang de fonction organique au rang d'opération morale. Le concept de la mora-
(1) Somme théologiqne, I.-II, q. XIX, art. 10 ; — q. LXXI, art. 6 ; — q. XCI, art. 2 ; — Somme contre les Genlils, liv. III, cap. cxxi, cxxix, cxxxix : << Bonum autem virtutiî» in quadam commensuratione consistit. Quanto magis ab hac harmonia receditur, tanto est major malitia. »
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lité est ainsi distinct sans être isolé. D'autre part, l'ordre proposé à Ihomme est l'ordre universel. Il ne s'ag^it plus d'une morale tronquée et incomplète comme sont les morales égo'istes, les morales altruistes, les morales collectives.
Les relations auxquelles l'homme mesure sou action dépassent les bornes mêmes de l'humanité. Elles embrassent tous les êtres, depuis les créatures inférieures jusqu'à la cause suprême et universelle. La vraie justice, la justice complète veut la dépendance des unes, l'absolue indépendance de l'autre. Elle s'y conforme, elle s'y complaît. Elle veut Dieu à Dieu : impossible pour une volonté même infinie de monter plus haut.
La conformité de la volonté humaine à l'ordre universel est convenable : est-elle o'jlifjaloire ? Elle est un bien : est-elle un devoir? La loi naturelle est-elle non seulement indicative, mais impératire ?
La raison, qui nous manifeste l'ordre
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universel, nous fait en même temps connaître que cet ordre ne no as appartient pas, qu'il est la propriété du suprême ordonnateur. Celui qui l'a conçu par sa sagesse, en poursuit efficacement, avons-nous dit, la réalisation par sa providence. La constance des êtres irraisonnables à se conformera leur nature, par suite à cet ordre universel, nous révèle déjà, d'une certaine manière, la volonté du suprême auteur. Chez les êtres irraisonnables, cette constance est nécessité. Vobligation de faire le bien n'est que la nécessité qui incombe à tout être d'agir suivant ses relations naturelles, ou de tendre à l'objet convenable, nécessité transportée en un sujet intelligent et libre. Par l'intelligence, l'homme a conscience de cette loi ; par la liberté, il s'y soumet spontanément. Mais en même temps sa conscience lui dit qu'il est ienude s'y soumettre W.
C'est là précisément le sens des incli-
(1) Saint Thomas, Somme théologique, I-II, q. XCIII; q. XCIV, art. 2. - Voir M d'Hulst, Conférences de Notre-Dame. Carême de 1891. Les Fondements de la moralité. Paris, 1891, p. 150-155, et 399-405.
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nations que rauteur de la nature a mises en nous. Ces inclinations, qui répondent à l'ordre objectif des choses, manifestent à rhomme ce qui est convenable, ce qui est bien ; et tout ensemble elles se révèlent comme l'expression d'un ordre que l'homme n'a pas constitué, mais qu'il trouve établi et voulu par Celui de qui tout dépend; par suite, elles se présentent comme obligatoires. L'homme y lit non seulement son bien, mais son devoir. Il voit que la loi naturelle est plus qu'un idéal de perfection, que c'est une règle à laquelle il est tenu do se conformer, que la loi éternelle, manifestée par ces inclinations, mérite un souverain et constant respect, qu'elle défend et qu'elle ordonne (').
Et qu'on ne dise pas que parmi les incli-
(1) Saint Augustin :« Illa lex qufc suninia ratio nominalur, cui sempcr obtcni|)cran(iiini est... Ut igitur breviter œternœ legis nolioncni, qui€ iniprcssa nobi.s est, quantum valeo verbis explicem, ea est qua justum est ut omnia sint ordinatissima. » {De libero arbitno, I, 6.) — « Lex vero œterna est ratio divina vcl vohintas Dei orciineni naturalem conservari jubcns, perUibari velans. >» \Conlra Faiistiim^ XXII, 27.)
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nations naturelles, il en est certaines que riiomme doit réprimer et combattre, et qu'ainsi il ne saurait trouver là l'expression de sa règle de conduite. Saint Thomas répond à cette difficulté : « Quand plusieurs éléments entrent en composition d'un tout, il arrive qu'une chose convient à Fun d'eux, selon sa nature imrticulière^ et qu'une autre lui convient, selon la nature du tout. Suivant cette considération, il est naturel à l'appétit concupiscible de tendre à la délectation sensible; mais si Ton prend ce même appétit comme appétit humain., il lui est naturel de tendre à son objet sous la conduite de la raison. Ainsi le mouvement sans frein qui le porterait vers son objet, ne lui est pas naturel en tant qu'il est faculté humaine. Il faut dire plutôt qu'à ce point de vue il est contre sa naturel^. »
Que la sensibilité de l'homme aime les beaux sons et les belles couleurs, cela est bon et convenable, puisque cela lui est naturel. Mais la sensibilité, qui est faculté
(Ij In lib. Seul., II, dist. 30, q. I, art. 1 ad 4"\