‹ Anarchisme & socialismeChapitre 16 sur 41 · ERA PNEU PRIS PE PONT ACTA CIE SRE ETIENNE ENS TEA P'EARI TT PORN PA · texte numérisé non relu

ERA PNEU PRIS PE PONT ACTA CIE SRE ETIENNE ENS TEA P'EARI TT PORN PA

PS ls RES

Stirner se représente les relations mutuelles des propriétaires « égoïstes » comme des relations d'échange plutôt que de pillage. Et la force à laquelle il en appelle sans cesse, c est plutôt la force économique d'un producteur de marchandises débarrassé de toutes les entraves que l'Etat et la « Société » en général lui imposent ou semblent lui imposer.

C'est l’âme d'un producteur de marchandises qui parle par la bouche de Stirner. S'il en veut à l'Etat, c'est que l'Etat lui semble ne pas respecter assez la « propriété» des producteurs de marchandises. Il veut sa propriété, toute sa propriété. L'Etat lui fait payer des impôts, il se permet de l'exproprier au nom de l'utilité publique, Stirner veut un jus ulendi el abulendi; j Etat dit: « d'accord », mais il ajoute qu'il y a abus et abus. Stirner alors crie «au voleur‘! » «Je suis l'ennemi de l'Etat, dit-il, qui toujours me met dans cette alternative : Lui ou moï..., Dans l'Etat il n'y a pas de propriélé, c’est-à-dire 1l n'y a pas propriété de l'individu, mais propriété de l'Etat. Ce n'est que par lEtat que j'ai cé que j'ai, de même que c'est que par lui que Je suis ce que je suis. Ma propriété privée nest que l'abandon que me fait l'Etat d'une partie de sa propriété au préjudice des autres citoyens : c'est la propriété de l'Etat. » A bas donc l'Etat et vive la propriété pleine et entière de L’ « individu » !

Stirner a traduit en allemand le Traité d'économie polilique pratique, de J.-B. Say (Leipzig, 1845-46). EL quoiqu'il ait traduit aussi Adam Smith, il ne s'est jamais élevé au-dessus du cercle étroit des notions économiques, vulgairement bourgeoises. Son « association d'égoïsites » n’est qu'une utopie de petit bourgeois révolté. En ce sens on peut dire qu'il prononce le dernier mot de l'individualisme bourgeois.

Stirner a encore un troisième mérite. C'est d'avoir eu le courage de son opinion, d'être allé jusqu'au bout de sa théorie individualiste. C’est le plus intrépide, le plus conséquent des anarchistes. A côté de lui, Prou-

dhon, que Kropotkine, comme tous les anarchistes contemporains, tient pour le père de l'anarchie, n'est qu un philistin collet-monté.

Proudhon

Si Stirner combat Feuerbach, « l'immortel » Proudhon imite Kant. « Ce que Kant a fait il y a plus de soixante ans, pour la religion; ce qu'il avait fait auparavant pour la certitude; ce que d’autres avant lui avaient essayé pour le bonheur ou le souverain bien, la Voix du Peuple se propose de l’entreprendre pour le gouvernemeut », déclare pompeusement « le père de l'anarchie ».

Examinons ses procédés et ses résultats.

Si l'on en croit Proudhon, avant Kant, le croyant et le philosophe, « d’un mouvement irrésistible », se demandaient : Qu'esi-ce que Dieu ? Ils se demandaient ensuite : « Quelle est, de toutes les religions, la meilleure ? En effet, s’il existe un Etre supérieur à l'humanité, 11 doit exister aussi un systême de rapports entre cet Etre et l'Humanité : quel est donc ce système ? La recherche de la meilleure religion est le second pas que fait l'esprit humain dans la Raison et dans la Foi. » Kant abandonna ces questions insolubles : il ne se demanda plus : Qu'est-ce que Dieu et quelle est la vraie religion ? Il s'imposa la tâche d'expliquer l’origine et le développement de l’idée de Dieu, il se mit à faire « la biographie de cette idée ». Et il arriva a des résultats aussi grands qu'inattendus. « Ce que nous cherchons et ce que nous voyons en Dieu, comme parlait Malebranche, ... c'est notre propre idéal, l'essence pure de l'Humanité... L'âme humaine ne s'aperçoit point d’abord par la contemplation réfléchie de son moi, ainsi que l’entendent les psychologues ; elle s'aperçoit hors d’ellemême comme si elle était un être différent placé vis-àvis d'elle : c'est cette image renversée qu'elle appelle Dieu. Ainsi Ia morale, la justice, l’ordre, les lois, ne sont plus choses révélées d’en-haut, imposées à notre

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