‹ AnastaseChapitre 109 sur 407 · CHAPITRE DOU55IÈMË · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOU55IÈMË

vaDt loi, toute tentative serait inutile. Je ne pouvais cependant me résoudre à partir, j'espérais toujoursde nouvelles résolutions; mais, hélas ! je ne restai que pour entendre mon frère proposer à demi voix, mais assez haut pour que je Tentondisse, de me faire mettre à la porte.

A la porte de la maison de mon père ! c'en était trop. Je partis avec la rapidité d*une flèche.

Murs sacrés de la maison paternelle, je vous prends h témoins ! Que vos échos me dénoncent comme un misérable à tous les siècles futurs ; que le nom d'Anastase devienne , dans ma patrie, le nom du crime; qu'il soit dans toutes les nations un signe d'imfamie , si je n'entrai pas dans votre enceinte respectée avec des sentiments d'amour, de paix et de soumission. On les rejeta, on les méprisa. Si j'en ai conçu d'autres, quç ceux qui les ont fait naître se les imputent.

£q trois enjambées , je descendis , je ne sais comment , les quatorze marches de l'escalier de pierre, et je me trouvai à la porto. Me retournant alors, je m'arrêtai pour contempler encore une fois, une dernière fois, cette demeure où j'avais trouvé d peu de tendresse : « Maison chérie, m'écriai-je, si souriante aul trefois, aujourd'hui m repoussante, où j'ai reçu le pi*ésent fatal I de la vie , adieu pour toujours ! Anasiase ne te reverra plus. S'il manque à cette promesse , puisses-tu ne lui offrir que l'ombre de la mort I » A ces mois, je courus comme si j'eusse été poursuivi par tous les démons de l'enfer; et, en moins d'une demi-heure , je regagnai la ville.

Ah! combien de fois dans la vie n'arrivc-t-il pas que les plus beaux moments de notre retour dans nos foyers , après une loDgoe absence , sont ceux qui précèdent notre arrivée , ces moments pendant lesquels l'imagination nous peint de ses plus riantes couleurs les prochaines douceurs de notre réception ! Combien de fois, après cette brillante peinture de notre imagination, la réalité ne nous paraît elle pas bien froide et bien triste! Combien de fois ceux qui s'étaient affligés de nous voir partir sont-ils plus affligés encore de nous voir revenir ; et combien de fois nous-mêmes ne rencontrons-nous que le chagrin, en revoyant ceux que nous avions laissés gais, heureux, recevant denoosia gaieté en mêmefeiH/?5guïisiîousrin8pirarut,deNewu^

Iâ8 MÉMOIRES D'tN GRIiC

iiiainteiiant tristes , inaibeureux , et ayant besoin pour euxmêmes de toutes les consolations que nous pouvons apporter!

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