‹ AnastaseChapitre 110 sur 407 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

W apprenti la mort d'HcIcne à Sanios. — Dernière lettre d'Hélène. — H va visiter le loml)eau de son Hélène à Samo^. — ~ Il arrive à Naxie. -— Ses discuKtious d'intérêt avec Marcopoliti, — CÀmiplot de Marcopolili contre loi. — Il s'en venge en quittant Naxie. — Il aljorde dans l'île de Paros.

Ma visite à mon père n'était pas ie seul devoir pénible que j'eusse à remplir. Il me restait une autre tâche, une tSicbe en* core plus effrayante ; mais elle était de nature à ne me laisser ni craintes ni espérances. Je connaissais mon malheur : Hélène , mes premières amours, Hélène n'eiistait plus! J'avais appris son malheureux destin à CiHistantinople, dans le plus fort de ma passion pour la belle Ësmé. A l'instant oà elle apprit mon départ de Cbios , elle avoua tout à son père. Le consul , pour éviter de rendre publique la honte de sa fi)l<) , l'envoya à Samos, sous prétexte que sa santé exigeait qu'elle changeât d'air ; elle y fut suivie par une de ces religieuses de Sainte-Ursule qui , dans nos îles, doublent le mérite de leurs vœux de chasteté, en ne les défendant point par les murs d'un couvent. Toujours plongée dans la douleur, plus l'heure qui devait la rendre mère approchait , plus Hélène eut Timagination frappée qu'elle n'y survivrait pas. Dans celle persuasion , elle m'écrivit une lettre , la confia à la religieuse , donna le jour à une fille qui mourut à l'instant même de sa naissance, et à laquelle elle ne survécut que quelques heures. La religieuse lui avait promis de ne pas remettre cette lettre en d'autres mains que les miennes; elle me le fit savoir à Constantinople. Ayant appris qu'elle demeurait ë Chios , et à peu de distance de la ville , je me rendis chez elle pour réclamer ce triste legs. Je trouvai la s<Bur Agnès seule , les personnes chez qui elle demeurait étant allées à une foire voisine.

Hélène , en parlant de moi à la sœur Agnès , s'était plu à lui dépeindreles joues vermeilles, la peau blanche, les cheveux bien bouclés du jeune objet de ses amours; il n'est donc pas

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