‹ AnastaseChapitre 112 sur 407 · Pratifjae stiperslitietise des Grers modernes · texte numérisé non relu

Pratifjae stiperslitietise des Grers modernes

pend pas de nous d*éprouver ce tendre sentiment ; mais il dépend de nous d'avoir de la pitié , et vous avez été iniiumain. Vous avez percé de propos délibéré un cœur qui vous adorait , et c'est de celle blessure que je meurs. Je vais bientôt rendre le dernier soupir sur un sol étranger ; et mon père , qui espérait trouver en moi la consolation de sa vieillesse , ne me verra plus. Grâces en soient rendues au ciel ! L'auteur de mes jours n'aura pas à rougir à la vue de sa ûlle; el , après avoir été accoutumée à lever les yeux sur lui avec la confiance de l'innocence, je ne serai pas obligée de les baisser avec honte en sa présence. Je ne dois pas réclamer les soins d'un père , je ne dirai pas pour le gage de notre amour, mais pom* l'être infortuné qui me survivra peut-être : vous avez foulé aux pieds tout ce que vous deviez à celle qui , aux yeux du ciel , était voti'c é|K)use, et qui n'avait commis d'autre crime que celui de vous trop aimer. Mon enfant sera abandonné à des mains étrangèi^s, vivra dans la misère et mourra dans le mépris; mais si jamais le ciel vous accorde des gages d'une affection mieux récompensée, craignez , ah ! craignez qu'ils ne supportent la peine de votre cruauté. Cependant, si les dernières paroles d'une malheureuse, dont la tendresse pour vous n'aura d'autre terme que celui de sa vie , peuvent arriver jusqu'à votre cœur insensible, Anastase, cher Anastase, repentez-vous de vos fautes, ne courez pas de crime en crime, et ne vous punissez pas vous-même assez sévèrement de votre durelé à mon égard poiu* m'ôter tout espoir de vous retrouver un jour. »

Le temps qui s'était écoulé entre l'époque où cette lettre avait été écrite et celle où j'en faisais la lecture pouvait déjà se compter par années. Celle dont la main l'avait tracée nonseulemenr n'existait plus , mais était déjà oubliée , comme l'événement dont j'étais le misérable héros ; cependant chaque mot que je venais de lire me fit une impression aussi profonde que si je les avais entendus à l'instant sortir de la bouche d'Hélène. Won cœur fut déchiré par une douleur aussi vive , aussi sincère , que si les derniers soupirs de désespoir d'Hélène murmuraient encore à mes oreilles. Pressant sur mes Iè\res ces saints caractères , je me frappai la poitrine avec yioleocc et me précipitai par terre, « Laissez-moi , » m'écriai-

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