‹ AnastaseChapitre 115 sur 407 · Pnoiat <l*unc commune grecque, fondé de ponvoirs · texte numérisé non relu

Pnoiat <l*unc commune grecque, fondé de ponvoirs

1 L'île de Nakic e^l la plus fertitc des Cyriades. B.

3. N^^iie, ainsi que les autres Cycîades, avaii é(é conquise par les Francs « la suicc de la quatrième croisade, et faisait partie du duché de la Dodé- «ai»c, une de* grandes baronnies relevant de la priucipaulc française de Mor.c, et pcj^i^édée par la famille vénitienne des Saiiudo, puis des Oispo, j"<'|irà M conquête ]>ar les Tires sons Soliman. Depuis (elle époque de la 'fXMjuéuî frunque IVfjlisc laliue y avait prévalu. Les {;rands possesseurs de •"rc (••.rficiii alors des Vénitiens ou des Français, et le menu peuple seul |MrUîi If grec et professait la reli{;ion (*recqiio. Depuis la conquéic turque '•^Laiins eut conlinué à lialjilcr l'intérieur de l'ancien cliàlenii, prenant le '<"n de cliâielains, et suruiontanl toutes Iimiis portes d'écussons armoriés. L« Grecs riches de la campagne font en hme permancnvc ti^:cc ev\^. t^«)rr, dans la Rcvur de Pans, won tiiiich sur l'île de Naxic.'^ B.

164 MÉMOIRES D'UH GREC.

lears citadelles et dans leurs tours ^ N'osant baisser leurs ponts* levis pour faire un tour dans la campagne, ils enviaient à leurs troupes nombreuses de pigeons ' la liberté dont ils jouissaient dans leur vol, et ils ne semblaient perchés dans leurs habitations élevées que pour mieux voir leur ennemi lever paisiblement sa dîme sur les riches moissons d'un sol fertile , et en ré« colter les fruits magnifiques, les vins exquis , les huilés parfumées et le miel délicieux; tandis qu'ils n'avaient souvent, pour apaiser leur faim , que la vue des stériles armoiries de leurs aïeux , grossièrement sculptées sur leurs portes. Telle était la crainte que leur inspiraient la puissance et l'esprit hostile de Marcopoliti, que, chaque fois qu'il faisait un voyage à Constantinople, toute la noblesse de la ville de Naxie tremblait, dans l'appréhension qu'à son retour on ne leur imposât quelque nouvelle avaniah '.

Quant à ses villages grecs, Marcopoliti en était l'idole; mais, pour que l'analogie avec les divinités ffit plus parfaite , il ne fallait pas lui offrir ses hommages les mains vides. La haine cordiale qu'il avait vouée aux latins faisait juger universellement qu'il devait avoir une affection sans bornes pour ses concitoyens grecs. Il avait donc beau détourner à son profit une bonne partie des contributions qu'il levait au nom des Turcs, il n'en obtenait que plus d'éloges de son désiutiéressement et de son esprit national. Si on lui trouvait quelques défauts dans sa conduite privée, de même que ceux des autres grands hommes, on les jugeait plus que compensés par ses vertus publiques. C'était aussi son opinion, et elle paraissait, comme il le croyait lui-même , partagée par les puissances célestes, d'apri s les interventions fréquentes et signalées de la Providence en sa faveur, la manière presque miraculeuse dont ses plus grands ennemis s'étaient trouvés hors d'état d'exécuter leurs projets contre lui, et le succès avec lequel il disparaissait presque toujours , sans qu'on sût comment , précisément à l'instant où il se trouvait ,

1. Chaque maison de campa^jne, k Naxie, a son pyrgus et son poni-levis pour se défendre contre les surprises. B.

2. Les pigeonniers dans les Cyelades, surtout à Tinos, sont aussi multipliés que les tours. B.

3. Nom qu'on donne à une coutributiou imposée par les Turcs sur les rayas, sous quelque prétexte dénué de fondement.

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