CHAPITRE QUATORZIÈME
ois- je ici? » m*é€riai-je : « une ville en pain de sucre, bâtie 'u forme de bonnet de derviche, et couronnée par une église \vÀ semble en être la houppe I II doit être assez plaisant de sortir le son grenier pour entrer dans la cave de son voisin! J*avoue pourtant qu'en faisant une promenade dans cette ville, je craindrais de la finir en quadrupède après Tavoir commencée sur mes deux jambes. »
« C'est ce qui arrive d'autant plus souvent, » dit Ali, « que
ses habitants sont pleins d'ostentation, et ne sortent jamais que
revêlus d'une longue robe dans laquelle Tinégalilé du sol fait
qoe leurs pieds s'embarrassent à chaque instant. Vous savez
sans doute que Syra est la grande pépinière des domestiques
des deux sexes pour Péra *. Deux sacolevas ^, qui n'ont pas
d'antre cargaison , en partent régulièrement tous les ans pour
Constantinople, et aucun habitant de Syra n'en revient avant
d'avoir gagné de quoi mener une vie tranquille dans son pays.
Celte vie consiste à traire leurs chèvres et à moudre leur orge,
parés des habits de réforme que leur ont donnés leurs maîtres
et leurs maîtresses. Quand ils se rencontrent , ils se traitent
avec toute la cérémonie et tous les airs des gens de qualité
qu'ils ont servis. La première fois que je vins dans cette île, je
visse saluer dans la rue deux anciennes servantes qu'on aurait
prises pour des princesses; mais, pendant qu'elles s'accablaient
de politesses , l'une fut renversée dans la boue par un âne, et
l'autre se trouva à califourchou sur le dos d'un cochon * qui
s'était embarrassé dans la queue de sa robe. »
1- L'asj)ecl de Syra a complcicnifini changé depuis la rcvolullon grecque. ''» vieille ville calholiqne, surinonlée de son ê'glise épiscopale, existe bien en- ^fï au sommet d'une montagne en pain de sucre; mais au bas, sur le ril'*'»'^. a été bâtie la nouvelle ville d'ilerniopolis, qui conûenl plus de 15,000 ''^'"ii.mts Cl qui est devenue le centre du commerce enlre le Levant et l'Occip"". J'ai vu repicsenler des opéras italiens sur sob théâire; il y a des au- "^■^".•^Si des cabinets littéraires, plusieurs iuq)riuieries et un musée. Hernio- N's est assez bien bâtie. Son port est ac(if, et, bien loin que sa population '^'l forcée d'aller cbercber de l'emploi ailleurs, Syra fournil au contraire des Moyens (l'existence à toute la population ipsariote et chiote qui s'y est réfu- 5'*eC est aujourd'hui l'île d'Amorjjos, où la race féminine est fort belle, et "■oa lile deSvra qui fournit de^ domestiques dans le Levant. iFoyez mon