‹ AnastaseChapitre 123 sur 407 · l'eiii bùiimeul marchand · texte numérisé non relu

l'eiii bùiimeul marchand

•J Les cochons ont continue à être les maîtres exclusifs des rues de \a xVcvWc ''"<; biiiic de Syra. B.

ns MÉMOIRES D*UN GREC.

Le bey qui commandait notre khiriangitsch avait à recevoir les contributions dn petit îlot de Serphos *. S*étant fait conduire à terre pour accomplir sa mission, il se rendit ea droiœ ligne à la demeure d'un vieux capucin. Il existait une sorte d'attraction entre ces deux barbes grises ; mais, à en juger par la pesanteur de leur intelligence, ce n'était qu'une attrac* tion de gravitation ; car leur entrevue ne fut qu'une juxta-position, et à peine échangèrent-ils trois paroles. L'aiïection qu'ils se portaient était pourtant véritable , et ce ne fut que dans Tobscure cellule du moine que le bey voulut recevoir la députaiion des primats de l'île, qui devaient lui apporter le tribut et qui ne tardèrent pas à arriver. Ils se présentèRent de l'air le plus respectueux, les bras croisés sur la poitrine, suivis de presque toute la population grecque de l'île : hommes , femmes et enfants.

Les principaux d'entre eux étant entrés dans la cellule, trop petite pour contenir ce nombreux cortège, le coryphée qui était à leur tête s'arrêta , toussa et commença sa harangue ; il compara fort ingénieusement le vieux bey à moustaches à un ange de lumière, et le supplia, avec non moins d'esprit, de ne pas couvrir toute l'île des ténèbres de l'affliction en exigeant des habitants une contribution qu'ils n'étaient pas en état de payer. Les motifs qu'il faisait valoir pour en obtenir l'exemption étaient une liste effrayante de calamités et de mauvaises récoltes : des incursions de pirates; des inondations, des incendies, des tremblements de terre, etc. , etc.

« Tout cela est sans doute bien véritable, et certainement très-malheureux, » répondit le bey en soupirant d'Un air sentimental , « mais il faut que j'exécute mes ordres ; et si le soleil se couche sans que vous m'ayez apporté le tribut, je serai obligé de vous faire administrer une bastonnade qui ne vous dispensera pas de le payer ensuite. »

A cette menace, toute la troupe fit entendre un chœur de lamentations. Quand les larmes furent épuisées, les gémisse-

1. L'idncraire d'Anastase, de Paros à Syra, puis à Scrplios pour aller à

Rhodes, n'est pas ])arfaitemeiit régulier. Pour liien peindre Pile rocheuse tic

Serphos les anciens ont supposé que ses hahitanis avaient tons été transformés

en pierres, h la vue de la tête de Méduse que leur présenta Persée pnnr les

punir d'avoir voulu forcer sa mère, Dauaé, à épouser leur roi Polydecte. B.

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