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CHAPITRE XVf

Difîress on snr les niaraclucks. — Ils dcvienneni les beys on ])rinces de i'I'gypte. — Sélim envahit IKijypie. — Al)aisseu)en( des heys. — Pevne de riiisioirc d'Eiîypie. — Débats enirc Isniaïl d'une part ei Ibrahim ci Mou»

nid de l'autre.

« L'Egypte, « me dit ou ne me dit pas l'Osmanli, « après qulOmar en eut fait la conquête, fut d'abord souinise à une race

de souverains arabes^ qui prirent le titre de califes; ils forait remplacés, après i*invasion de Salah-el-Dift , par une race de princes târtares, connus sous le noin de sultans.

» L*ancien usage de tous les pays soumis au gouvernement des Târtares était de laisser la culture au paysan né libre, et de n'exiger du prisonnier de guerre et de l'esclave acheté que des services personnels et domestiques ; mais lorsque ces essaîn^s de Târtares, dans leurs progrès vers le sud, se trouvèrent en contact avec les nations à peau notre et à cheveux de laine, la destination de leurs esclaves changea comme leur couleur. Le \)ègre, plus docile et plus pacifique^ aussi différent de son maître par ses habitudes que par son extérieur , fut, sous le nom d*aéd ou d'esclave domestique, chargé de tout le service intérieur, sans que jamais il entrât pour rien dans le système défensif ; il pouvait parvenir au grade le plus élevé de l'état de domesticité, mais il ne pouvait obtenir aucun avancement dans l'État. Au contraire, l'esclave blanc, plus belliqueux, assez souvent voisin , et même parent de son maître, dans le pays d'où ils étaient originaires l'un comme l'autre, fut regardé ounnie plus en état de représenter sa personne, de maintenir son autorité, et fut, sous le nom de mameluck, instruit dans le maniement des armes. Esclave, il servait son maître, non-seulement comme domestique, mais* comme un de ses gardes-du^corps, comme son défenseur; et, quand il était affranchi, il avait droit à prétendre aux plus hautes dignités de l'État. La coutume d'élever les esclaves militaires ou mamelucks aux emplois les plus éminents fut observée dans toutes les parties de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique où une dynastie tartare s'est élevée à la souveraineté. Les monarques de cette nation préféraient choisir parmi eux leurs généraux et leurs ministres, plutôt que parmi les hommes nés libres, soit de la race conquise, soit même de celle des conquérants. Arrachés au sol qui leur avait donné naissance , étrangers à celui où ils se trouvaient transplantés , n'ayant de liaisons directes ni avec les vaincus ni avec les vainqueurs , ne devant qu'à leur maître leur existence, leur fortune , leur grandeur , élevés par sa volonté, pouvant, au moindre signe de sa part, retomber dans leur premier néant , ils semblaient les instruments les moins à craindre pour le despote qui les employait* Le pouvoir qu'un

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