CHAPITRE StlZlÈME
mcMiarque absotu se trouve dans la Décessité de délégiier , daaft toute sa plénitude, à chacun de ses ministres, et jusqu'au dernier d'entre eux, paraissait, entre leurs mains, moins susceptible de pouToir être tourné contre celui qui le leur avait donné.
9 On n*a pas encwe découvert de tnoyen pour qu'une sente main paisse continuer k>ng-tei»ps à gouverner, sans partage et avec une autorité absolue, une vaste étendue de éomaines. Celui qni est obligé de soutenir seul le choc d'un grand nombre doic Fmir par succomber ; c'est ce qui arriva aux successeurs de SaM^ el-Oia. Les Bkameiucks, à qui ils avaient confié le pouvc^dana les provinces, sortirent de leur isolement en formant des lignes entre eux. Ils cessèrent de reconnaître leur souverain légitime, et établirent un gouvernement militaire sous une forme républicaine. Chacune des quatorze provinces d'Egypte fut soumise à la domination d'un bey ; ces chefs s'assemblaient en^ conseil sons un président qui avait le titre de seheik-el-beied oo chef du pays. Dans, ce divan, on arrêtait, à la majorké des voix, les mesures convenables à l'intérêt commun, et chaque bey vetllait séparément à teur exécution dans l'étendue de sa jtmridîctioA.
» Depuis son origine, et pendant toutes les vicissitudes qui Foot suivie , cette république de beys s'est perpétuée par de» moyens éont aucun autre pays n'oib'c d'exempte, c'est-à-dire par une importation non interrompue d'esclaves étrangers,, mé-^ tamorphosés par degrés en maîtres de TÉgypte. Ce n'est pas,^ comme on se Fest imaginé quelquefois, que la ccmstitution de cette république défei^, par aucune tei positive, que lesnaturek du pays 9 nés libres et descendants de ceux qui sont revêtus de Pautorité^ participent au gouvernement du pays; ce n'est pas. qu'aucun règtement formel ait jamais réservé exclusivement aux étrangers et aux esclaves le droit de succéder au pouvoir : trois générations de beys ont brillé dans la £amille des Beloufi ; en ce moment, Ibrahim, notre scheik-el-beled, vante tes haute» destinées qui atteiKteot son fils Marzouk ; et, vous-même qui , à ce que je crois, n'avez jamais été vendu ni acheté, vous pou-^ vez UA jour devcitii* un ée nos beys, si des droits plus anciens n'y Biettenl olistacte.
n Un concours de circonstances a fait ce qu'aucune loi n'avait expressément ordonné. D'après nos usages, te uiani/duek
passe sa jeunesse sous le toit de son maître , dans un célibat forcé, sans autre société que celle de ses compagnons d^armes; et sa constitution est affaiblie et énervée par Téffet d'un climat auquel il est étranger, avant que Témancipation lui permette de vivre pour lui-même et de goûter les douceurs de Tunion conjugale. Il est vrai que, dès qu*il reçoit la liberté, il s'empresse de prendre une femme, ne fût-ce que pour acquérir dans la sainteté du harem un asile inviolable pour sa personne et un sanctuaire pour ses biens ; mais même alors son orgueil et ses préjugés ne lui permettent pas de choisir une épouse parmi les femmes du pays qui, habituées au climat, n'éprouvent pas les effets qu'il produit sur les étrangers ; il préfère quelque esclave de son pays, énervée comme lui par les mêmes causes, et il est rare que ces unions trop bien assorties soient suivies de fécondité. S'il en provient quelques enfants, ils meurent en bas âge; et si quelques-uns, par hasard, atteignent l'époque de la virililé , ils sont trop dégénérés de corps et d'esprit pour pouvoir, après la mort de leur père, défendre leur autorité contre une horde de compétiteurs plus vigoureux au\ moral et au physique. C'est donc à défaut d'héritiers naturels de leiir puissance, que les maîtres de l'Egypte ont été obligés, dans tous les temps, de chercher, parmi les esclaves nouvellement importés de leur propre pays, des héritiers de leurs richesses et des successeurs à leur autorité.
» Parmi ces êtres élevés dans la servitude et dévoués à l'ambition, les Abazes, les Gircassiens et les naturels du Gurgistan * sont en général les plus estimés, comme étant les plus près de leurs maîtres par le sang et les plus distingués par les avantages extérieurs et par un esprit guerrier. Renégats eux-mêmes, leurs maîtres se font une règle,» plutôt par égard pour l'usage que par respect pour la religion, de n'accorder aucun emploi à un esclave s'il n'est musulman par naissance ou par choix. Mais, cette condition une fois remplie, quiconque est né dans un pays situé au nord de l'Fgypte, et consent à dévouer son existence à un maître pour en obtenir de l'avancement , peut aspirer à tous les avantages qui sont à la disposition d'un bey d'Egypte. Le