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CHAPITRE SEIZIÈME

(ils adoptif Hassan piller la ville de Djedda sur la côte d'Arabie. Le cours de sa prospérité fut interrompu par son autre Gis adoptif Mahomet. Ce mameluck, à qui il avait accordé la maindesa propre sœur qu'il avait fait venir exprès de Géorgie, qu*il avait comblé de tant de richesses qu'on lui avait donné le surnom d'Abou-Dahab, ou le père de Tor, et qu'il avait élevé à un tel degré de puissance qu'il choisissait des beys parmi ses propres esclaves, voyant enfin qu'il ne pouvait plus s'élever plus haut que par la chute de son bienfaiteur. Je massacra en 1776.

» Une prospérité sans nuage parut couronner le crime d'Abou-Dahab. Appelé par les beys de sa propre création ù la digniié de scheif-cl-beled , et élevé par le sultan au grade de pacha, il oiïril en Egypte le premier et le dernier exemple de la réunion sur une même tête, de toute la grandeur que ce pays pouvait procurer à toute la puissance que la Porte pouvait accorder. Fier de ses succès, enivré jusqu'à l'excès pour avoir bu à trop longs traits dans la coupe de l'ambition , son sang com- . mença à fermenter ; sa gloire même devint un poison ; une fièvre ardente attaqua son cerveau , et le conquérant qu'Acre vit un jour entrer dans ses murs avec toute la pompe du triomphe n'était plus le lendemain qu'une masse de corruption.

» Abou-Dahab n'eut pas plutôt rendu le dernier soupir, ({ue ses mamelucks s'empressèrent de retourner au Caire pour partager ses dépouilles. Ibrahim, le plus ancien des beys créés par Abou-Dahab, obtint, avec le rang des cheik-el-beled, la veuve (l'Ali ; iMourad , le second de ces beys , épousa la propre veuve de Mahomet ; et les autres beys de même création , Osman , Mustapha , Soliman et les deux Ayoubs, se partagèrent le surplus, suivant leur rang et leur ancienneté.

» Les deux autres fils adoptifs d'un maître si mal récompensé de ses bontés, Ismaïl et Hassan, qui n'avaient point partagé l'ingratitude de Mahomet , s'étaient , lors de la mort d'Ali , enfuis dans la Haute-Égyple. Ils y restèrent tranquilles pendant le court espace du règne d'Abou-Dahab; mais ils se fortiûèrent par une alliance avec deux grands scheiks arabes , ceux d'£sneh et de Negaddi. Se trouvant ainsi appuyés , ils résolurent de ne pas souffrir que les fils adoptifs de Mahomet conservassent le |)ouvoir au préjudice de ceux d'Ali , et ils marchèreuv k VVw^V^wv.

110 MÉMOIRES D'Ulf GREC.

sur le Caire. Ibrâhitn , Mourad et leurs adhérents ti*avàient pas encore eu le temps dé prendre des mesures pour se défendre^ Ils traversèrent la citadelle avec tous leurs partisans, gagnèrent les déifilés de la chaîne de montagnes qui s'étend le long dé la rive droite du Nil , et allèrent prendre , dans la HaUte-Ëgyptc^ la place de leurs antagonistes, *tàndis que ceux-ci s'emparaient de la leur au Caire.

» Ismaïl fut reçu avec acclamation dans la capitale, et installé sur-le-champ comme scheik-el-^beled , par un pacha qui n*avâit plus d'autres fonctions que de conférer l'investiture de cette place à quiconque était assez puissant pour s'en mettre en possession. Il ne perdit pas de temps à purger sa résidence de tout levain de sédition qui pouvait y rester. Deux anciens beys, qui semblaient n'appartenir à aucun parti , mais qu'on soupçonnait de favoriser secrètement celui d'Ibrahim , étaient restés au Caire lorsqu'Ismaïl y était entré , soit que leurs infiriiiités les empêchassent d'en sortir, soit qu'ils crussent que leur âge leur servirait de protection; Ils étaient amis , et se voyaient familièrement. Lorsque Sogir^ l'un d'eux, vint faire sa cour à IsmaïU éelui-ci-lui demanda, pour preuve de sa loyauté, la tête d'Abderahman. Sogir promit d'obéir. Un jour qu'il s'entretenait avec son ami de ces anciens souvenirs qui forment h snjet de conversation des gens qui ont survécu à leurs contemporains, il laissa tomber son chapelet. Abderahman se baissa pour le ramasser, et Sogir saisit cet instant pour lui plonger son poignard dans le flanc. Sa faible main ne porta pas un coup asseE assuré; Âbderahman renversé, mais conservant encore une partie de ses forces , contre l'attente de Sogir, se releva au même instant et se mit en défense. Les mamelucks qui les entou^ raient virent, sans être émus, chacun de ces deux vieillai*ds, qui jusqu'alors avaient paru vivre dans une étroite intimité, luttera qui obtiendrait l'avantage d'éteindre la dernière étincelle qui animait encore la frêle existence de son ami, chercher à répandre le reste de sang qui circulait dans ses veines épuisées, et employer tous ses efforts pour le précipiter dans la tombe, sur les bords de laquelle ils étaient tous les deux. La victoire se déclara pour Sogir. Il se traîna chez le scheik pour lui porter la tête de rjo/ortuné Abderahman; mais, épuisé par la fatigue du combat

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