‹ AnastaseChapitre 141 sur 407 · CHAPITRE SEIZIÈME. lit · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEIZIÈME. lit

et par la t)erte du sang qui coulait dd quelques blesrares qu*il iTait reçues , il tomba mort eu la lui présentante

» Ibrahim et Mourad ne séjournèrent pùs plus long-temps dans la Hauie-Égypte qu*Ismaïi et Hassan h*y étaient restés avant eux. Avec Taide dés scheiks arabes de Farshout et de Den>dera, ils partirent de Girgé, et demandèrent à être reçus dans les murs du Caire* Ismaîl y consentit ^ dans Tcspoir de terminer plus efficacement cette lutte par la perfidie. Avec le concours du pacha Ezcdli, ses deux antagonistes déviaient être assassinés dans la citadelle en plein divan. Mais Hassan , mécontent de la faible portion d'autorité que lui laissait Ismali , crut avoir trouvé l'occasion de s*assurer à jamais la reconnaissance du parti contraire. 11 donna avis de ce complot à Ibrabim.et à Mourad » qui évacuèrent une seconde fuis le Caire avec tous leurs adhérent Si Dès qu'ils en eUrent passé les portes , ils déclarèrent que jamais il D'y aurait de réconciliation entre eux et Ismaîl ^ et ils allèrent reprendre leur ancien poste à Girgé^ Ils s'y fortiûèrent ^ et ré->solurent de réduire la capitale par la famine. Dans cet espoir, ils interceptèrent les provisions qui descendaient le Nil, et Is* nian sévit enfin obligé, par la disette qui le menaçait, à réunir le petit nombre de ses troupes^ et à marcher vers l)a sud , pour déloger ses ennemis d'une place qui leur fournissait de tels moyens de lui nuire. Ibrahim et Mourad l'attendaient à la tête de leur armée sous les murs de Girgé. Le combat s'engagea ; les forces étaient à peu près égales, et la victoire paraissait douteuse, quand Hassan , dont les troupes formaient la principale force d'Ismaîl , passa à l'ennemi avec le corps qu'il commandait^ La défaite de celui-ci n'était plus douteuse; il fit sonner la rc<^ traite, et prit la fuite vers le CairCh

» Ismaîl avait perdu , par ses exactions , toute la popularité dom il avait joui dans la capitale. Poursuivi de près et voyant que sa position était désespérée , il chargea ses trésors à la hâte sur ses chameaux , abandonna tous ses honneurs , traversa le désert en fugitif, et s'embarqua pour Stamboul, aOn de solliciter des secours de la Porte*

» Tandis qu'il sortait par une porte de la ville , Ibrahim et Blourad y entraient par une autre. Satisfaits de s'y trouver rétablis, ils ne mirent ^obstacle à la fuite de leur ennetni. A.çvè^

s*être réinstallés dans toutes leurs dignités , ils fortifièrent leur parti, et récompensèrent leurs adhérents en faisant une promotion nombreuse de beys.et de kiachefs.

» Hassan fut celui qui gagna le moins à sa défection. Ce bey, surnommé Djeddawi, depuis qu*il avait fait le sac de Djedda, était du nombre de ces êtres infortunés qui, doués de la plus grande bravoure physique , manquent entièrement de résolution et de fermeté morale, dont les vacillations et les changements attirent la méfiance de tous les partis , et que chaque faction aime mieux avoir pour ennemis déclarés que pour amis suspects. Quelques sacrifices qu'il eût faits à la cause qu*il avait embrassée, on ne les attribuait qu*à des motifs intéressés. La vérité sortant de sa bouche ne passait que pour mensonge , et la générosité de sa conduite que pour astuce. H suffisait qu*il affirmât un fait pour qu'on refusât de le croire , et qu'il fût l'auteur d'un projet pour qu'on le rejetât. Placé dans cette situation , il trouva toujours les récompenses fort au-dessous de ses prétentions ; il ne manquait pas d'accuser ses collègues de la plus noire ingratitude, et h peine était-il entré dans un parti, qu'il méditait déjà de le quitter. Sa conversation ordinaire n'était nécessairement qu'un tissu de dissimulation et de fraude qui ne faisait aucune illusion , et sa vie devint une suite d'intrigues et de cabales dont il ne retira aucun fruit.

» Fatigués de ses reproches , et craignant son inconstance , les fils adoptifs de Mahomet résolurent de mettre fin à ses plaintes en coupant le fil de ses jours. Les exercices militaires qui avaient lieu chaque samedi dans la place de Roumaîli parurent favorables pour l'exécution de ce dessein.

» L'exercice du djerid venait de se terminer, et celui du pot de terre' allait lui succéder. Un desmamelucks de IVlourad s'avance dans le cercle , couche le but en joue , fait feu et ne le touche point. Un second n'est pas plus heureux. La balle du troisième s'écarte encore davantage de la direction qu'elle devait avoir, mais elle va droit au but véritable , car elle perce le turban de Djeddawi. Chacun déplore hautement cet accident. Hassan voit que ce n'en est pas un , et que l'arrêt de sa mort est

1. Cet exercice consiste m tirer contre un pot de terre qui sert de biir^

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