yojrez chap. XII, p. 144, note i
2. Un des princip;iux lacs, et entouré par une partie «les pUis belle» maisons du Caire. *
no MÉMOIRES D'UN GREC.
sure que vous êtes doué fie talents distingués, et je désire acquérir des droits à vos services. Malheureusement, o ajouta-til en baissant la voix, après avoir fait signe à ceux qui l'entouraient de se retirer assez loin pour qu'ils ne pussent l'entendre, « nos mamelucks, avec toutes leurs excellentes qualités, sont un peu adonnés à la fainéantise, à la duplicité et à la trahison ; ils sont excessivement jaloux de tous ceux qu'ils regardent comme des intrus , et nous n'osons braver ouvertement cette petite faiblesse , ni accorder à un étranger les honneurs auxquels eux pensent avoir un droit exclusif, comme étant nos enfants adoptifs. L'étranger que nous traiterionl^ différemment aurait bientôt lui-même sujet de regretter d'avoir obtenu des preuves de nos bonnes grâces. Je ne vous donnerai donc pas sur-le-champ une place définitive dans ma maison ; restez-y comme hôte, comme ami, comme conseiller privé, et, avec le temps , tout s'arrangera. Dieu soit loué , vous n'êtes pas Turc de naissance ; vous êtes, comme nous , mahométan par choix. »
Après ce court préambule , le bey me fit quelques questions pour connaître la nature et l'étendue de mes connaissances ; et, comme il n'était pas fâché de donner h ses mamelucks l'occasion d'être témoins de sa propre érudition , il leur fit signe de se rapprocher pendant cet interrogatoire. I3n missionnaire italien lui avait autrefois fait présent d'un dictionnaire, et, en le lisant avec soin , le bey avait réussi à se former un assortiment considérable de termes techniques d'aris et de sciences, qu'il employait comme il plaisait à la Providence. Quant aux choses dont il avait appris les noms, il semblait n'en avoir pas plus d'idée que le gros chat angora qui filaii à ses côtés; et un chaos d'astronomie, de tactique, de géographie, de mythologie, de médecine et d'autres sciences, confondues dans son cerveau , sortait de ses lèvres comme un torrent. Quelque étendue que fût donc la ligne extérieure de ses connaissances , il s'y trouvait un assez grand nombre de lacunes pour me fournir l'occasion de déployer les miennes et de lui en donner une idée favorable , sans pourtant présumer assez de leur supériorité pour informer sa Hautesse , par exemple , que l'Angleterre n'est pas limitrophe de ITnde, comme il se ï'ima-