‹ AnastaseChapitre 155 sur 407 · CHAPITRE DIX-HU1T1KME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-HU1T1KME

iremblante entre la coupe et ma bouche, s*empara de la potion ; et, ayant dit au tchiboukdgi d'une voix faible : « il ne peut être un empoisonneur , » il l'avala tout d'un trait.

La dose était probablement trop forte pour Tétat de faiblesse où se trouvait le malade. Au lieu d'éprouver du soulagement, il se sentit plus d'oppression, et bientôt sa constitution parut hors d'état de lutter contre le remède. Les soupçons des mamelucks revinrent alors avec plus de force que jamais, et ils en parlèrent si haut que je crus qu'ils avaient résolu de leur donner un air de réalité en tuant leur maître h force de tapage, ou en le faisant mourir, sinon de poison, au moins de la peur d'en avoir pris. Je frémissais de crainte. Si je l'avais osé, j'aurais monté à cheval pour prendre la fuite , sans attendre l'événement; mais je voyais qu'on me surveillait, et je savais qu'à la moindre tentative pour m'évader je serais taillé en pièces. Cependant la pâleur de la mort couvrait le visage du bey ; ses yeux étaient fixes, et sa respiration insensible. C'était un moment de crise pour moi comme pour lui. J'avais les yeux fixés sur ses traits comme un homme dont la vie dépendait du changement qu'il pourrait y remarquer. Enfin une légère sueur lui couvrit le front. La force du médicament triomphait; d'abondantes évacuations suivirent; le système physique retrouva la force de secouer le poids qui l'oppressait , et la fièvre diminua. Depuis ce moment tous les symptômes de danger disparurent , et, peu de temps après avoir été en apparence dans l'agonie de la mort, Suleîman fut rendu à la santé, et je fus proclamé le sauveur de sa vie.

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