‹ AnastaseChapitre 159 sur 407 · Domestiques qui suivent leur maître à pied · texte numérisé non relu

Domestiques qui suivent leur maître à pied

-• Notables d'un village, d'une ville ou d*nn dislriol.

^- Nom d'une c»pècc de barque en usa^^e sur le N\l,

une bonne brise, nous remontions assez rapidement le fleuve, mes oreilles furent frappées par un bruit semblable h celui que produit la chute d'un corps pesant tombant dans Teau. Je courus à la poupe du khandgia, et quelle fut ma surprise quand je vis mon cheval , le plus beau de tous ceux que j'avais dans mon écurie, et dont j'avais moi-même lie les jambes , nager avec vivacité vers la terre ! Ne pouvant concevoir la cause de cet événement , je mis tout en œuvre pour rappeler le fugitif. Je l'appelai par son nom , je lui tendis un morceau de pain, j'allai même jusqu'à hennir à merveille : j'aurais aussi bien fait de braire. Nourschah était comme ensorcelé ; il tournait la tête de mon côté et n'en avançait que plus vite vers le rivage. Enfin je donnai ordre de carguer les voiles et de le poursuivre à force de rames ; mais il gagna le rivage avant que nous l'eussions rejoint, et, à ma grande consternation, j'eus alors le mot de l'énigme. Un homme sortit de l'eau en même temps que l'animal , coupa les cordes qui lui attachaient encore les jambes , sauta sur son dos et partit au grand galop. Le drôle , habile plongeur, avait profité de Tobscu- Vité pour entrer dans la barque sans être aperçu , avait jeté mon cheval à l'eau en s'y jetant lui-même, et l'avait dirigé vers la terre en nageant entre deux eaux. Malheureusement les jambes de mon coursier étaient trop bonnes pour qu'on pût songer à le poursuivre , et je plaçai dans ma mémoire Nourschah et ma pelisse au nombre des choses qui avaient existé.

 Mamflout, je quittai le khandgia; je n'avais plus que cinq à six journées de chemin pour arriver dans mon district , qui était limitrophe de la province de Djerdgé , et , la route étant sûre, je continuai mon voyage par terre.

Le troisième jour cependant , en passant , dans la matinée , près d'un misérable village où l'on ne voyait que des chaumières bâties avec de la boue, je trouvai tous les habitants, jeunes et vieux, les armes à la main. Ils étaient armés, les uns de bâtons , les autres de pierres , et les personnages les plus distingués d'un sabre rouillé ou d'un mauvais fusil. L'ennemi contre lequel ils allaient marcher était rangé en bataille sur une hauteur peu éloignée. C'étaient les habitants d'un village voisin; et, quand je demandai quelle était la cause des hostilités, tout ce que je pus apprendre , ce tut cç\e ^rsonne n'en savait rien.

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