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CHAPITRE DIX-HUITJÈME. 24â

que j*cn avais Tobligation à Osman, le tchiboukdgi , qu*on entrant dans la capitale je crus lire sur tous les visages Tannonce de noa disgrâce. Rencontrant à la porte du palais* un de mes anciens amis , je lui fis part brièvement du sujet de mes craintes et finis par lui dire que j'allais retrouver Osman.

« A Dieu ne plaise ! » me répondit-il seulement ; mais ce peu de mots, joints an ton dont ils furent prononcés, suffirent pour confirmer tous mes soupçons. Hors de moi , je montai précipitamment Tescalier, j'entrai dans l'appartement du bey ; et, me donnant à peine le temps de respirer et de le saluer respec tueusement : « Seigneur, » m*écriai-je d'une voix entrecoupée, «je sais qu'Osman ne sera satisfait que lorsqu'il m'aura entièrement ravi vos bonnes grâces. »

« Votre savoir, » me dit froidement le bey, « s'étend donc encore plus loin que je ne croyais; je ne m'imaginais pas que le pauvre Osman , plongé dans le repos éternel , pût encore troubler le vôtre. »

« Quoi ! » m'écriai-je , toutes mes idées se trouvant alor s complètement bouleversées , « Osman n'est-il plus au nombre des vivants ? »

«Et quelle autre cause, » dit le bey, «aurait pu me déterminera vous rappeler si précipitamment? Maintenant que j'ai

les moyens de pouvoir faire pour vous sans obstacle Mais

vous êtes trop agité pour m'cntrndre en ce moment. Demain je vous ferai connaître mes intentions. £n attendant, retirezvous et soyez calme. »

J'obéis au premier ordre , mais il me fut impossible de me conformer au second. Mon imagination, toujours a^sez ardente, était un foyer qui me consumait, et je brûlais d'impatience d'apprendre quelles allaient être mes nouvelles destinées. L'ouragan des passions, qui m'avait tellement agité auparavant, ne soufflait plus du même côté, mais il n'avait rien perdu de sa violence. J'eus la fièvre au cerveau toute la nuit pour avoir voulu chercher à finir la phrase que Suleîman ^vait laissée interrompue ; et je désirais tellement voir arriver le jour qui devait éclaircir ce mystère, qu'il nie semblait presque que la nuit s'était arrêtée dans sa course , et que l'aurore qui devait me dévoiler mon destin ne se lèverait jamais.

Le soleil se montra pourtant à l'heure ordinaire ; et ayant reçu ordre de me rendre chez le bey, je ne lui donnai pas sujet de m 'accuser de lenteur. Dès que j'arrivai, il congédia toute' sa suite, me regarda, jouit quelques instants de mon air d'impalicnce, toussa deux ou trois fois pour l'augmenter encore, et enfîn m'adressa la parole en ces termes :

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