‹ AnastaseChapitre 165 sur 407 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Projet de guerre cnire les beys. — Anastase est mandé chez Ayoub>bey, qui lui offre sa sœur. — Sulcïman lui offre aussi la>sienne et ie rang de kiachef. — Embarras d'Anaslase. — Il veut voiçla fille d'Ayoub et est sur le |)oint detic surpris. — It épouse la HUc de Suleïman. — • Son mariage. -~ Exigences de sa femme. — 11 se prépare à partir pour son gouvernenieat.

« Sélim , » me dit Suleïman avec le ton de solennité d'un discours d'apparat, » vous avez vu nos deux chefs, et je crois que rarement vous avez vu deux hommes aussi différents aa moral et au physique. La petite taille , l'air doux , le ton insinuant, l'esprit calculateur et prudent de notre scheîk-el-beled, ne pouvaient trouver un contraste plus frappant que dans la stature colossale, les traits féroces , la voix de tonnerre , et le caractère intrépide, violent, impatient et prodigue de son impétueux collègue. On ne pouvait guère s'attendre à voir régner une union stable entre des hommes qui se ressemblent si peu ; et, dans le fait, en* voyant Ibrahim préférer toujours l'astuce à la force et les négociations à la guerre, tandis que Mourad déclare hautement que le sabre est le seul moyen de persuasion qu'il connaisseï) et que c'est une folie de donner à la discussion des moments qu'on peut employer à combattre, le public regarde ces deux chefs comme étant toujours à la veille d'une rupture et prêts h lever l'étendard d'une haine éternelle. Mais nous qui les observons de plus près, nous avons perdu toute espérance à ce sujet. Il est vrai que, pour tromper leurs rivaux, pour les empocher de se mettre sur leurs gardes, pour tenir leurs ennemis en suspens en leur offrant la perspective de dissensions qui n'auront jamais lieu, Ibrahim et Mourad affectent d'être souvent en querelle ensemble. Vous avez pu entendre Ibrahim se plaindre de la témérité impudente de Mourad^ et Mourad à son

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