CHAPITRE VINGT ET UNIÈME
permettaient guère d'établir une distinction bien exacte entre les amis et les ennemis ; mais en outre j'avais je ne sais quel pressentiment que je ne ferais plus un long séjour en Egypte, et c'était une excellente raison pour mettre le temps à profit tant que j'y resterais. Les insectes d'été ne piquent que davantage en automne, lorsqu'ils commencent à s'affaiblir.
Je tâchais, pourtant que les petites offrandes de mes amis ne parussent que le résultat de leur propre libéralité. Ayant appris un jour qu'un riche cophtedu Caire devait passer sur la route, je ne manquai pas de l'y attendre. « Je savais^ mon digne ami, » lui dis-je en l'abordant, a que vous aviez dessein de voyager de ce côté avec beaucoup d'argent et de bijoux; et, attendu notre ancienne amitié, j'ai<eu soin de nettoyer la route, de peur que des brigands ne vous missent à contribution. » Davoud s'épuisait en remercîments. « Mettez des bornes à votre reconnaissance, mon cher ami , » lui dis-je ; o je vous déclare positivement que je n'acepterai pas les deux cents seqnins que vous me destinez pour m'indemniser de la peine que j'ai prise ; tout ce que je puis faire , c'est de consentir à en recevoir cent. » Davoud allait se récrier ; je ne lui en donnai pas le temps : u Non, non, » lui dis-je, « plusse remercîments , cent sequins sn£B* ront; mais bâtez-vous, car les voleui^s ne sont pas bien loin. » Davoud pensait sans doute de même, et il me compta l'argent sur-le-champ.