‹ AnastaseChapitre 179 sur 407 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

Bataille entre les bcys. — Courage téméraire d'Anasiase. — La crainte de l'arrivée d'Hassan-Pacha rapproche les beys. — Anastase est remplacé dans son gouvernenieul. — Il tue son successeur. — H se réfugie dans le désert, ~~ passe dans la Haute-Egypte, — regagne le désert, — s'embarque sur la luer Aon{;e, — arrive à Djedda.

La faim, dit-on, chasse le loup hors du bois. Ce fut certainement cette cause qui fit sortir du Caire le scheîk-el-beled en 1784, dans la résolution de nous chasser des bords du Nil, dont nous gênions la navigation. Ce ne fut pas sans surprise qu'on vit les deux beys changer ainsi de rôle et de caractère ; car, tandis qu'Ibrahim sortait de la capitale à la tête d'une ar^

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mée pour attaquer reuneml» Mourad y resiaii tranquille spectateur des événemeuts. Le résultat fit pourtant voir que pour cette fois Mourad avait battu Ibrahim avec ses propres armes ; car, pendant la marche du scbeil(«el-beledi son collègiie négocia si adroitement avec le pacha, qu*il en obtint le rang de bey pour deux de ses kiachcfs, Osman-Tambourdgi et Mohammed^Elfi.

Ce procédé parut si suspect à Ibrahim qu'il commença à craindre que sou collègue ne songeât à lui jouer le même tour qu'il nous avait joué lui-même, et que, le voyant hors du Cairoi Alourad ne lui eu fermât les portes quand il voudrait y rentrer. Il changea donc de plan, ou du n\oins parut eu changer, et saisit ce prétexte pour ne pas nous attaquer, ce qu'il n'avait probablement jamais eu dessein de faire. Il ouvrit une nouvelle négociation, nous proposa des conditions de paix s et nos chefs ayant jugé qu'il était prudent de les accepter, nous rentrâmes au Gaire avec Ibrahim dans le mois d'octobre de la même année.

Mourad, mécontent, sortit à sou tour de la capitale» démarche qui d'abord nous causa peu d'inquiétude* Rarement ofl voit une rupture entre les chefs du gouvernement d'Egypte être suivie de près par une réconciliation* Les hostilités qui paraissent inévitables donnent i chaque pa^rti un prétexte pour lefer des contributions extraordinaires, et, 'quand on a tiré jusqa'aa dernick" para qu'il est possible d'extorquer, on annonce le rétablissement de l'harmonie.

En cette occasion pourtant, Mourad joua son rôle avec tant de vérité que nous fînîmes par croire h sa bonne foi. Suivant l'exemple que nous lui avions donné, il intercepta avec tant de soin tous les convois de vivres destinés p;;ur la capitale, qu'Ibrahim, trouvant l'alTaire sérieuse^ chercha à apaiser son rival en nous envoyant ordre de sortir du Caire une seconde fois. Il était désagréable d'être ballottés de celle manière ; mais, braver Ibrahim à cette époque, c'eût été braver toutes les forces de la citadelle qui étaient a ses orcire.% N'ayant donc aucune espérance de pouvoir lui résister avec succès, nous résolûmes d'obéir, mais avec le dessein d'exécuter un projet |)ruposé et n jeté bien des fois, celui de nous rendre dans le Saïd et de nous coaliser avec Ismaïl ei Hassan. J'éiais chez moi quand me parvint la nouvelle de la résolution de nos beys de quitter le Gaire* Dès

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