CHAPITRE VINGT ET UNIÈME
c{n*elie me fut anooncéét j$ fi^ emballer ce qae j'avais de pios précieux dans mon harem, et pendant qu'on était occupé b charger mea bêtes de Bomnie» je parcourais lés divers apparte« ments'de ma maison en homme (fuî jette un dernier regard sur des aibis qu'il va quitter pour jamais. • Qu'il arrive désormais ee qui poUrra arriver, tln'écriaiit-je , du moins j'ai joui ici de quelques jours d'aisance et de rfpœ» dont la destinée ne saurait désormais m'enlever au nloins le souvenir» S'il ne m'est plus donné à l'avenir de trouver repos et aisance nulle part, ma mémoire reviendra toujours avec reconnaissance sur ces heures d'un bonheur trop tôt évanoui. » Tout étant alors pré|)aré| j'allai rejoindre moti patron Sbieîman» et avec le reste de nos confédérés flous partîmes du (^aire^
Me doutant paft qu'Ibrahim ne nous sacrifiât bientôt au désil* d'obtenir la paix» JVlourad s'était déjà rapproché du Caire en suivant la rive orientale du Ml. Du haut du iMokhadein« il vit notre petite armée traverser la plaine; il avait l'avantage du terrain , et jugea l'iiiêtant propice pour nous exterminer d'un seul coupé
Descendre de la montagne comme un torrent) et se précipi* tôrsur nous avec l'impétuosité d'un lion qui fonda l'improvisto sur sa proici fut l'affaire d'un instant. Heureusement ses troupes, plus nombreuses que les nôtres, étaient fatiguées par une longue marche, de sorte que nous soutînmes \igoureusemcnt le premier choci et qu'il s'ensuivit un combat sanglant»
Suivant l'usagef les mamelucks des dilTérentsbeys combattent autour de leur maître, et je ne quittai Suleîmon que lorsqu'une blessure à l'épaule l'eut forcé de se retirer à l 'arrière-garde* Pouvant alors donner plus de latitude à mes mouvements, je me lançai dans le pluiTfbrt de la mêlée; ct| y ayant reconnu un fils adoptif d'Osman à qui je devais depuis long-temps une récompense pour plusieurs traits de perfidie, je le couchai enjoué avec tant de bonheur que ma balle lui perça la poitrine et le tua sur la place. Un mirmidon d'Elfi s'élança contre moi à l'instant pour venger la mort de son ami. Je parai son coup de sabre^ et ripostai par un autre si bien appliqué que je le renversai de cheval, mort on mourant. Uu mameluck de Mourad^ nommé Âssad, prit sa place. Fier de sa taille et de sa force, il se croyait
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sûr de la victoire avant de combattre , et, pour donner plus d*éclat à son triomphe, il m'adressa, avant de m'aitaquer, les propos les plus insultants. Nos sabres se croisèrent bientôt, mais le mien se trouva de meilleure trempe et mit en pièces la lame du sien par un coup si violent qu'il en tomba de cheval Irrité de ses insultes, je sautai à bas du mien pour Texpédier; cependant il me demanda la vie si humblement et avec tant d'instances que je consentis à la lui laisser, quoique non sans répugnance. Il fut rjeconnaissan't de ma générosité; car tandis que je tournais la tête pour voir si înes mamelucks me suivaient, le misérable me tira un coup de pistolet, et la balle perça mon turban. Je saisis mon poignard pour le lui plonger dans le cœur; comme je le levais contre lui, une autre balle me blessa la main, et le handjar m'échappa , et Âssad ; s'échappant à l'instant du milieu de nous, se rejeta au travers des combattants et disparut à ma vue.
Désespéré de ce contre-temps , je remontai à cheval ; mais, blessé à la main gauche, je ne pouvais ni tenir mes rênes ni nie servir de mes arines à feu. Mon cheval, blessé dangereusement et n'étant plus soutenu par la main forme de son cavalier, s'abattit, et je me foulai le pied en tombant. Je fus obligé de me défendre, un genou en terre, contre un ennemi qui me pressait vigoureusement. Pendant qu'avec mon yatagan je ne parais plus qu'avec peine ses coups répétés, un autre précipita sur moi son cheval pour m'écraser ; mais son coursier s'arrêta dans sa course, tandis que mon cheval, tombant mort à mes pieds, me servit de rempart. Je n'aurais pu cependant résister long-temps, quand un de mes mamelucks, s'étant fait jorn* à travers les rangs, vint à mon secours, renversa mon adversaire d'une balle dans les reins, et le précipita de son cheval sur lequel je montai. Je ne pouvais cependant tenir la bride qu'avec mes dents et guider mon cheval qu'avec une seule main. Enflammé de la soif de la vengeance, je me précipitai ainsi de rang en rang pour y chercher le perfide Assad.
Déjà l'obscurité ne permettait plus de se livrer à des actes
d'animosité personnelle. La mort planait encore sur le champ
de bataille, mais elle ne pouvait plus choisir ses victimes, et
ses coups tombaient au hasard. Ma recherche fut donc inutile.