CHAPITKE VINGT ET UNIÈME
rieures je crus cet exemple boa à suivre. En conséqueuce, lorsque Torage éclata, au lieu de retouroerau Caire pour cou* sentir humblemeot à ce que je fusse dépouillé, cooime on s*ima* ginait que je devais le faire par déférence pour les plus hauls intéréu, je rassemblai mes bagages et la troupe qui était à mes Oi'dres, et, traversant le Nil pendant la nuit, je me rendis dans mon gouvernement Là , je me retranchai le mieux qu*il me fut possible , et j'attendis que mes ennemis ^ins^ent m*en dépoiMtéder.
Pendant un mois ils ne parurent pas dis^Kisés i Tentrepren* dre, et je finis par croirq qu'ils m'avaient oublié; mais, huit jour* après, j'appris que mon sucçe^ur était en route. Il était accompagné d'une force si supérieure à celle que je pouvais mettre sur pied que je regardai moq gouvernement comme perdu ; je résolus donc seulement de faire payer au nouveau kiacbef un droit honnête de joyeuse entrée. Ayant emballé mon argent, mes bijoux et mes effets les plus précieux, j'en chargeai six chameaux et dromadaires; et, après avoir donné la liberté à tous mes esclaves et avoir fait dei$ présents de tout mon mobilier, j'allai, avec iqa petite troupe de fidèles mamelucks, me mettre en embuscade à quelques lieues de la ville, dans un endroit où je savais que mon successeur devait passer. Le terrain semblait avoir été di^^posé pour favoriser mon dessein. La route était domiqée par une hauteur couverte de koubbis ^ en ruines, de dattiers et de haies de cactus qui nous couvraient complètement; et derrière nous étaient une plaine découverte , uu canal fort (arg^, et un pont de bateaux qui favorisait notre retraite au besoin.
Après une quit passée dans une attente inutile, nous entendîmes au point du jour le bruit de la cavalerie, et nous vnne3 l'ennemi s'avancer ; il marchait sans ordre, ce qui prouvait qu'il n'avait aucun soupçon de notre dessein. Bientôt la troupe fut dim^ près de nous pour que nous pussions distinguer les traits deceqx qui la composaient. Juste ciel I comme mon cœur tressaillit lorsque, dans le chef, dans celui qui venait s'emparer de mes dépouilles, je reconnus ce même Assad qui avait voulu
m'assassiner pour me récompenser d'atoir épargné sa vie! Je Dc voulus partager avec personne le plaisir d'une juste vengeance; et, ayant fait signe à mes mamelucks de me laisser tirer le premier, je le couchai en joue avec grand soin, el je fis feu. Une décharge générale suivit à l'instant ; mais j'avais déjà eu la satisfaction de voir mon ennemi tomber de cheval, et plusieurs de ses gens mordre la poussière après lui. Les autres, voyant leur chef hors de combat et ne sachant pas quelle pouvait être la force des ennemis invisibles qui les attaquaioit, prirent la fuite aussitôt, et se dispersèrent de différents côtés.
Excepté le lieu que nous occupions, il n'existait pas, à perte de vue , un seul endroit où les fuyards pussent se rallier. La déroute de ceux qui avaient échappé à nos coups me permit donc d'approcher des blessés. Assad, quoique baigné dans son sang, vivait encore, mais l'ange de la mort déployait déjà ses ailes noires sur la tête de ce traître. En entendant quelqu'un s'avancer, il fit un effort pour soulever la tête, prolrâblemeot dans l'espérance d'obtenir du secours; mais, en me reconnaissant, il sentit qu'il n'en avait pas à attendre, et poussa un dernier cri de désespoir. Au même instant je le vis agité d'on tremblement de colère; il ouvrit les yeux pour me jeter un regard de rage impuissante , grinça les dents , ferma le poing en semblant me menacer encore, et expira.
N'ayant rien de plus «i faire, je songeai à la retraite pour laquelle tout était préparé. Partant avec mes mamelucks ei.mes chameaux, j'évitai les chemins fréquentés, et je m'enfonçai dans le désert du côté de l'ouest. Deux de mes chameaux furent pris par les Arabes; et, ayant manqué un puits que nous devions trouver, nous eûmes beaucoup à souffrir de la soif. Heureusement nous rencontrâmes la caravane de Nubie^ qui nous fournit de l'eau abondamment , mais aux dépens dc la moitié de tout ce qui me restait. Enfin , après avoir fait un prodigieux circuit et avoir éprouvé des fatigues et des souffrances inexprimables, nous arrivâmes à Assouan, où nous joignîmes les beys exilés, Ismaïi et Hassan.
Suleïman et les autres beys insurgés n'avaient jamais fait cause commune avec eux, même quand ils étaient en hostilité ouverte avec les deux beys qui dominaient au Caire. Une ini-