‹ AnastaseChapitre 185 sur 407 · Boisson en usage en Arabie · texte numérisé non relu

Boisson en usage en Arabie

de Surate à qui j'espérais toujours pouvoir rendre le lendemain le mal dont il me gratifiait chaque jour. Je variais ces amusements innocents , soit en faisant une promenade sur le quai , où je voyais débarquer diverses marchandises et les monstres péchés dans la mer Rouge , soit en allant entendre les coules monotones d'un pauvre scheïkdu voisinage qui, pour quel* ques paras , me procurait sinon un plaisir bien vif, au moins quelques instants de sommeil paisible.

La rencontre accidentelle que.je fis d'un habitant de Djcdda, Sidi-Malek, à qui j'avais fait rendre au Caire quelques effets qui lui avaient été volés par les gens d'Hassan , lors de son expididition dans cette ville, me promit quelque changement de scène : « Je savais, » me dit-il eu me rencontrant dans la rue , « que ce jour serait heureux pour moi. Le nom d'Allah est le premier mot que j'ai .entendu aujourd'hui, ce qui ne manque jamais de porter bonheur. Cependant je ne croirai le mien complet que si vous consentez à quitter votre okkal* pour prendre votre domicile dans ma maison. » Je ne pouvais l*efuser de rendre un ami heureux quand il s'agissait de si peu de chose; j'allai donc prendre mon bagage , et suivis Malek dans son habitation.

£n acceptant l'hospitalité qu'il m'offrait , je me chargeais d'un fardeau plus pesant que je ne le pensais. Selon le derviche que j'avais laissé à Constantinople méditant la démolition de l'aqueduc , ce n'étaient que les corps célestes les plus distingués qui se mêlaient de 4a destinée des hommes ; mais, d'après l'opinion de Malek, chaque animal, chaque plante, chaque pierre ,. existant sur la surface de la terre , avaient sur nous une influence mystérieuse ; il n'arrivait aucun événement , quelque simple qu'il fût , dont on ne pût tirer quelque présage si Ton en connaissait le moyen , et mon ami Malek avait résolu de connaître ce moyen à tout prix. Ce n'est pas que , dans ses recherches , il s'occupât à découvrir les liaisons qui , d'après la nature intrinsèque des choses, doivent exiiUer entre les causes et les effets , ou les relations secrètes qui peuvent se trouver entre des objets d'une nature différente en apparence ; c'eût été déroger à la dignité de la science qu'il voulait acquérir. Il ne cherchait à pénétrer que dans ce qui sortait du cours ordinaire de la na-

/. Aaberçe.

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