CHAPITRE VINCxT.TROTSlÈME
d'Abdoul'Hamid son frère. Ce dépôt s*est trouvé nécessairement enveloppé dans la confiscation générale de tous les biens do séraff; mais Sélioi doit parvenir un jour au trône, et il se souviendra de la perte que iMavroyeni lui a fait éprouver. »
En apprenant toutes ces nouvelles, mon premier mouvement fut d'aller rendre visite au protecteur de ma jeunesse dans sa principauté ; mais une seconde réflexion me fit envisager ma carrière en Egypte comme devant me conduire beaucoup plus loin, Je m'arrêtai donc à cette dernière idée, et, comme il s'en fallait beaucoup encore que le capjtan-pacha fût prêt pour sou expédition, je résolus, eu attendant, de goûter le suprême plaisir des Italiens, le far niente.
Mou père avait contracté à Cbios une longue iptirnité avec uo négociant grec nommé Mavrocordatos. L'extraction de cet ami était honorable, car on le faisait descendre d'une branche cadette de Iji famille impériale des Paléologue; mais, sans re- QHMiter si haut , l'histoire lui accordait Thonpeur plus certain d'être descendu des princes de Valachie^ dont le premier qqi reçut l'investiture de la Porte portait le même nom* Le repré* seotaqt actuel de cette illustre maison était un homme d'un caractère respectable. Avec une famille assez nombreuse pour <}Qe la plus rigide économie lui fût indispensable , il trouvait encore le moyen d*étre généreux ; mais, ce qui est bien étrange, c'e&t qu'une maladie contagieuse lui ayant enlevé tous ses enbots, à l'exception d'un seul qui, par conséquent, devfiit recueillir toute sa succession, une révolution totale s'opéra çn lui^ ^possibilité de laisser à Spiridion, son unique héritier, une ^tune brillante , s'empara de son imagination, et lui donna ^Qe soif de richesses qu'il n'avait jamais connue, Lui qui avait été prodigue à l'extrême lorsque sa fortune était qf^édiocre, tout ^ coup il régla ses dépenses avec la plus grande parcimonie, se Musa les jouissances du luxe, et n'épargna aucune peine pour «augmenter i^a fortune. Jamais pourtant on ne le soupçonna d'tiuployer, pour s'enrichir, des moyens bas et illicites,^ et son txononiie n'allait jamais jusqu'à l'avarice. Il donna l'éducation la plus brillante à son fils, cl pmdigua pour lui , sans regret , de» sommes qu'il se serait reproché de dépenser pour lui-même. L'amitié qui existait ahrs entre Mavrocordalos el v^ou \^x^
avait produil des relations habiluolles éulre Spiridion et moi. .] *élais pourtant plus âgé que lui de deux ans, diiïéreDce considérable dans l'enfance, et je me regardais plutôt comme son protecteur que comme son ami , et même son compagnon. Je le défendais contre tous nos camarades ; et si Tun d'eux avait osé le maltraiter en ma présence , je l'aurais châtié de cette témérité, de manière à ce qu'il s'en souvînt long-temps.
En dépit de la protection déclôrée dont j'hoBorai» Spiridion, son père n'aurait pas été fâché de nous ¥oir moins intimement liés ensemble, et il apportait à iotre liaison tous les obstacles secrets qu'il pouvait imaginer ; Inais il arriva un événement qui la cimenta plus que jamais, et qui me valut en même^temps toute l'amitié de Mavrocordatok
Plusieurs de mes compagnons et moi nous avions faitta partie d'aller nager sur les bords de la mer. Un d'eux", voyant une petite barque près du rivage, y entra avecS^liriSion. Ils la détachèrent, se mirent à ramer, èts'avancèreiiîtassetloinenmer. Tout à coup il survint un ouragan assez violén!!. Les d#iu: enfants s'effrayèrent, perdii'ent toute présence d'ôsprît, .et la'barque fut renversée. Après êtt^e resté près d'une heure dans l'eau, je venais de remettre mes hatits^ quand un cf i de terreur^wnssé par tous mes compagnons , W fit lever les yen\^ etje vis les deux enfants luttant contre les flots.
Le camarade de Spiridj*c^ était bon nageur ; on le voyait s'avancer assez rapidement .vers le rivage, ^ personne n'avait la moindre inquiétude pourtlui. Mais Spiridion , plus jeune et moins habile, semblait ^ ,çhaqub instant prêt à disparaître sous les flots, et parvenait qîifficilcndent à se soutenir à l'aide d'upe rame. Mes compagnon^ n'avaieijit pas encore repris leurs vêtements; je leur criai d'iller au sjecours de notre camarade (p^ allait se noyer ; aucun n'osa s'y 'exposer.
Sans me donner le temps de nie déshabiller, je me jetai dans la mer , et je nageai vers Spirid'ion. Arrivé près de lui , je lu» jelai un bout de ma ceinture, qu'il saisit, et je me dirigeai vers le rivage en le traînant après moi , soutenu partie par mes efforts , partie par la rame , qu'il n'avait pas abandonnée. Celle tâche se trouva au-dessus de mes forces; le poids de Spiridion /n 'c/ifraînait ; je voyais ViusVîml o^ w<;iw^ ^VUqus périr tous deux,