‹ AnastaseChapitre 196 sur 407 · CHAPITRE VLNGTQUATRliME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VLNGTQUATRliME

moins détournée , me remontra en toute occasion combien ma condaite était coupable, me représenta à moi-même comme tombé dans un abîme dont je ne pouvais trop tôt m'empresser de sortir pendant que je Je pouvais encore ; enfin il me prodigua tellement les eihortations et les reproches que, les uns ni les autres ne se trouvant de mon goût, je finis par Féviter avec taot de soin que, quoique logeant sous le même toit, je passais quelquefois plusieurs jours sans le vmr.

Il adopta alors un nouveau plan d'opérations', et confia à son fils le soin de me faire sortir de la voie de perdition , pensant qne Spiridion étant à peu près de mon âge, ayant des occasions plus firéquenles d*être avec moi, et ayant en sa faveur les droits si puissants d'une amitié commencée dès Tenfance ^ réussirait pins facilement à me rappeler au bercail. Cette attaque était , siDs contredit , beaucoup mieux dirigée que la première. Spi* ndion , qui m*aimait à Constantinople comme il m'avait autrefois aimé à Chios, sentit qu'il ne sufiSsait pas de débarrasser la mosquée d'un mauvais musulman et d'encombrer l'Église d'un chrétien [rfus mauvais encore, mais qu'il fallait avant tout com« lettre les penchants dér^lés et vicieux auxquels je n'avais ja* loais su résister ; il travailla à remplir cette tâche avec tant de zèle et d'enthou^asme qu'on aurait cru que la Providence ne i'avait placé sur la terre que pour faire de moi un membre vertueux de la société ; il aurait sacrifié sans hésiter son bonheur ^ ma félicité , commis des fautes lui-même pour m'en éviter; (iofio son amitié était telle que je ne 'sais s'il n'eât pas renoncé ^ sa part du paradis pour m'en assurer l'entrée.

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