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CHAPITRE XXIV

^oru de Spiridion pour réformer Anastase. — iDutililci de sc5 efforlt. — Anastase est renvoyé de la maison Mavrocordatos.

Spiridkm fit naître en mon âme le premier remords de mon Bpostasie, le premier regret de n'avoir pas aidopté de bonne heure tes principes qui dirigeaient sa conduite ; mais l'étoffe avait pris son pli, l'habitude était devenue une seconde nature; et, malgré mon affection pour iSpiridiofl) |e ne me ^v^S& o^

300 MÉMOIRES D*UN GRKC.

dans la compagnie des gens qui, méprisant toutes les lois divines et humaines, ne reconnaissant aucun précepte de roorale, et secouant toute espèce de frein , ne songeaient qu'à se livrer au plaisir. Malgré le dégoût que kii inspirait cette société, il poussa le dévouement jusqu'à m'y accompagner, de crainte que ces hommes dangereux ne le supplantassent dans mon cœur. 11. me* suivit dans ces temples où Aphrodite paraît sans voile, pour m'inspirer, par son exemple, l'amour de la décence; et il assista à des orgies où tous les convives semblaient n'avoir d'autre but que de s'abrutir en perdant l'usage de leur raison, pour me mettre sous les yeux un modèle de sobriété.

Cependant Mavrocordatos avait perdu tout espoir de me voir rentrer dans le giron de l'Église grecque; et il commença même à craindre que son fils , au lieu de me convertir au christianisme, ne se laissât entraîner par mon exemple et mes principes à y renoncer lui même. Dans tous les cas , persuadé que moa intimité avec Spiridion pouvait nuire à la réputation de celuici, il crut que le meilleur moyen pour parvenir à l'affaiblir était de ne pas me garder plus long-temps dans sa maison. H chercha d'abord à me faire connaître ses intentions par un air de froideur et de réserve, tout différent de la manière cordiale dont il m'avait accueilli à mon arrivée. Malheureusement, comme je n'avais jamais recherché ses bonnes grâces , je ne m'aperçus pas de son indifférence , et il fut obligé de s'expliquer plus clairement.

Un malin il s'approcha de moi, me demanda, froidement des nouvelles de ma santé , me dit qu'il espérait que je n'avais pas été indisposé la nuit précédente , l'ayant passée dehors presque entière, et ajouta qu'il regrettait d'être obligé de m'annoncer : que ses occupations toujours croissantes ne lui permeitaieot plus de se charger de mes affaires ; que les vues qu'il avait pour son fils ne laisseraient plus le temps à celui-ci de cultiver ma société, et qu*il croyait que je ferais bien de chercher un logement qui convînt mieux à ma manière de vivre. Il finit par me remettre une cassette contenant les fonds qu'il avait encore à moi, car j'y avais fait plus d'une saignée depuis que je* les lui avais confiés, et il me présenta en même temps son compte, qu'il me pria d'examiner \!i \o\s\t.

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