‹ AnastaseChapitre 198 sur 407 · CHAPITRE VIKGT-QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIKGT-QUATRIÈME

Quelque poliment que fût tourné, quant à la forme, le compliment de Mavrocordatos, je le trouvai fort dur quant au fond, et je ne pus m'empêcher de regarder sa conduite comme malhonnête et grossière. Lui avais-je demandé Thospitalité ? avaisje sollicité ses services ? ne m'avait-il invité à prendre mon domicile chez lui que pour m*en chasser ignominieusement 7 avais-je besoin de la société de son Spiridion , qyi n*étaîl propre qu'à jeter un froid mortel sur tous mes plaisirs , et qui m'avait exposé vingt fois aux railleries de mes compagnons 7 croyait-il que je m'abaisserais à me justifier , à le supplier de révoquer la sentence qu'il avait portée ? il me connaissait donc bien mal. Je le saluai froidement, et, sortant de chez lui ma cassette sous mon bras, ce ne fut que lorsque je me trouvai au milieu de la rue que je réfléchis à ce que j'allais faire du reste démon trésor^ qui valait encore là peine qu'on y songeât.

!don embarras à cet égard ne fut pas de longue durée , et je même surpris d'avoir pu en éprouver un seul instant. À un jet de pierre de la maison de Mavrocordatos demeurait un n^ociant arménien, son ennemi juré, quoiqu'il n'eût d'autre motif, pour le haïr , que d'avoir toujours vu son voisin plus heureux ^ue lui dans toutes ses spéculations. Il n'existait aucun genre de mauvais offices que l'envieux Aïdin n'eût cherché à rendre a son rival plus fortuné ou plus habile. D'abord il avait cher^» ^béàle ruiner en ébranlant la confiance- dont Mavrocordatos

Jouissait, et en répandant le bruit que sa fortune n'était qu'une chimère, une ombre sans réalité. N'ayant pu réussir à faire Copier cette opinion, il prit une marche toute contraire, et ne Percha rien moins qu'à faire tomber sa tête, en l'accusant d'avoir trouvé dans son jardin un trésor considérable appartenant «^n précédent propriétaire , le vizir disgracié , dont les biens avaient été confisqués, et de se l'être approprié ; mais quand il Montra aux officiers du fisc le lieu où il prétendait que le trésor ^^ait été caché, dès les premiers coups de pioche on trouva un ^^oin irrécusable de l'innocence. de Mavrocordatos, un rocim- Wnétt-able, que, sans être grands minéralogistes, ceux qui conboisaient la fouille jugèrent y être resté paisiblement au moins Repais le déluge.

Tel était l'homme à gui, pav esprit de vengeance, îJAVà^'Qi^-

fier toute osa fortune. Quant à ma personne, je n'étais pascm- Wrassé pour en disposer.

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