CHAPITRE XXV
Sptridion donne un nouveau témoignage d^amitié à Anastase. — Amm» lue un Turc qui in«uluit SpiriJion. — U s enfuit à Rodoslo. — Spiridiou vient l'y joindrç.
Après avoir si prudaBment assuré mes intérêts temporels, je pensai aux affaires Sfnrituelles ; et, pour faire pénitence de ne pas m'être réduit au caviar pendant le carême des Grecs, j'observai scrupuleusement le ramadan des musulmans. On sait que ce mois est un tem|)s d'épreuve pour les fidèles mahométans. Tant que le soleil reste sur ThoriiMNi , ils n'osent se permettre ni la moindre nourriture, ni une seule goutte d'eau, ni même la consolation d'une pipe de tabac. Toutes kurs occopations se bornent à compter les grains de leur chapelet, et ï suivre de l'œil le mouvement trop lent à leur gré de Taiguiite d'une pendule , jusqu'à ce qu'il plaise à la grande lumière da monde de mettre fin à leur abstinence en allant éclairer l'autre hémisphère. Quelque désagréable que ce mois puisse paraître. même quand il arrive dans le cours de l'hiver , il semble avoir été inventé pour la destruction de, la race mosulniane, qoafid la révolution des années lunaires le fait tomber dans les jours les plus longs et les plus chauds de l'été. C'est alors que le chrétien qui vient de faire un bon dîner doit, s'il a un peu de prudence, éviter tout contact avec le Turc qui jeûne, et dont Testomac dévot, n'étant rempli que de bile et de mauvaise humeur, le dispose phtô que jamais à prodiguer aux infidèles les injures, les insultes et les mauvais traitements.
Quelqtiefois on voit un grave musulman regarder avec précaution autour de lui si personne ne l'observe. Quand il 8*eB est assuré, il entre dans quelqu'une des rues clû^tieanes de Péra ou de Galata ; il y marche d'un air de nonchalance et de disti action, jusqu'à ce que le hasard fasse trouver sur son chemin la boutique d'un pâtissier. Il y entre, non pour salisfant 80ii appétit^ ce qu'à AU»Vi i^ei^i^ l mais pour contenter sa curiu-