CHAPITRE XXX
Rencontre avec les Aiitrirliirns. — Avmtafjcs reniporiés par Anasiase. —H veut passer les défiles pour marcher sur Croustadf. — Il est repoussé, — Prise du comte Mia/.inski qu'Anastase avait connu à Ptra. — Sa mort. — Le corps turc rcnire à Valeni.
Le grand-vizir était resté si long-temps dans l'inaction à Sophia que Constantinople commençait à en murmurer hautement. Pour rétablir ia bonne humeur dans la capitale, Youssouf résoinl de sacrifier une partie de son armée. Le banat de Temeswar fut le théâtre qu'il choisit pour cette tragédie. Il fallait pourtant commencer par attirer sur un autre point l'atteniion des troupes autrichiennes qui occupaient cette province. Dans ce dessein , le général en chef ordonna à Mavroyeni d'attaquer successivement tous les défilés qui se trouvent entre la Valachie et la Transylvanie , et il lui envoya un renfort de quatre mille hommes de troupes fraîches, moitié infanterie, moitié cavalerie. Avec ces forces et celles qu'il put tirer du camp de Foczani, le prince essaya successivement de forcer les formidables défilés de ïerzbourg, de Vulcan et de Rothenturm; mais, n'ayant réussi sur aucun point, il désirait renoncer à des tentatives aussi meurtrières qu'inutiles. C'est ce qui n'entrait pas dans les plans du vizir. Ayant passé le Danube à Widdin, et côtoyant avec scn armée la frontière occidentale de la Valachie, il donna au prime de nouveaux ordres pour diriger une attaque sur les défilés q»' conduisent à Cronstadt, ville riche et commerçante où K'^ boyards fugitifs avaient envoyé leurs trésors, comme en un lien de sûreté. Mavroyeni organisa en conséquence à Valeni une nouvelle force, composée d'environ trois mille spahis qui avaient déjà été employés dans les attaques précédentes , et de deux mille cinq cents hommes de troupes fraîches, Amantes et janissaires, tirés du camp de Foczani, et encore neufs en ce genre (le guorrc. Quelques désevlçvws allemands connaissant bien les