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CHAPITRE XXXI

Les fièvres de marais amènent un armistice avec les Autrichiens. ~ Prise (l'Oczakow par Potemkin.— Sélini succède à Abcloul-Hamidie 7 avril 1789. — Disgrâce d*Ha!<san et d'YoussouF. — Embarras de Mavroyeni. — Armistice le 20 mai 1790. — Mort d'Hassan. — Stéphanos, neveu de Mavroyetii, est remplacé par Mangery. — fiepiise des hostilités avec les Aiiirichiens, — Dernières luîtes de Mavroyeni. — Son exécution.

Les Russes, commandés par Romanzow, avaient repris Jassy dès l'ouverture de la campagne. Les Autrichiens, sous les ordres de Cobourg , s'étaient avancés jusqu'à Adjoud. Bien loin de s'inquiéter d'un bimbacbi *■ que Mavroyeni avait envoyé avec dix huit cents hommes, vers la mi-octobre, pour déloger leurs avant-portes de cette place, ils avaient continué à marcher en avant, et s'étaient emparé enfin de la ville de Foczani. La Valachie paraissait alors dans le plus grand danger; l'hiver qui s'approchait suspendit seul son destin. Les armées combinées, jugeant que la conquête de toute la Moldavie était un succès suffisant pour cette année, prirent leurs quartiers d'hiver, les Russes à Jassy, les Autrichiens à Romano; tandis que nous restâmes, assez mal à l'aise, dans notre camp à peu de distance de Foczani.

Les affaires ne présentaient pas un aspect plus favorable de laulre côté de la Valachie. Par son irrupiion dans le banat de Témeswar, le vizir Youssouf avait successivement élevé tout l'empire ottoman au comble de la joie, puis plongé tous les cœurs dans un abîme de consternation. La réduction de cette province avait été si soudaine , la terreur répandue par les succès du vizir avait été si grande , que Bude et même la capitale de l'Autriche croyaient déjà voir les Turcs à leurs portes; mais une main plus puissante que celle de l'homme avait marqué Méhadieh comme le dernier terme des progrès d'Youssouf. Sous les murs de cette forteresse, l'influence pestilentielle d'un pays marécageux, rendue doublement pernicieuse par une saison humide, éclaircit tellement les rangs de ses soldats que,

l. Colonel turc.

pour CI) conserver quelques-uns , il fui obligé d'abandonner précipitamment ses conquêtes. Avec la même rapidité qu'il avait conduit dans le banat une armée nombreuse et pleine d'ardeur, il en ramena une poignée de troupes affaiblies par les maladies, et il fut obligé, à la fin de Tannée, de conclure pour trois mois, avec les Autrichiens, un armistice humiliant.

La confiance des Turcs dans le commandant de leurs forces maritimes avait essuyé un échec non moins complet. Lorsqu'au commencement du printemps de 1788 Hassan, capitanpacha, avait remonté le Pont-Euxin avec dix-huit vaisseaux de ligne, viugt frégates et d'innombrables chaloupes canonnières, pour aller chercher l'escadre russe près Kinburn, tout l'enipirc avait conçu les plus brillantes espérances de succès; mais quand les mois succédèrent aux mois, et les défaites aux défaites; quand d'abord les chaloupes canonnières d'Hassan furent détruites par Nassau dans le Liman ; quand ensuite sa flotte fut repoussée avec une perte considérable par Paul-Jones k Gluboka ; quand enfin tout son armement fut anéanti par ces deui commandants réunis à la hauteur de Kinburn, le cœur de ions les musulmans ne fut plus rempli que de terreur et de confiernation ; tous se couvrirent de sacs et de cendres , tous virent la main de la Providence levée contre ceux qui avaient rompu la paix.

Quel fut donc le désespoir des fidèles quand , le 17 décembre, Potemkin se rendit maîire de l'importante forteresse d'Oczakow ! L'effet que produisit cet événement est au-dessus de toute description. Après une année marquée par le péril imminent de la Valachie, par la perte de la Moldavie, la destruction de l'armée turque, l'anéantissement de la flotte ottomane, le honteux armistice conclu avec l'Autriche, et la prise par la Russie d'un des boulevards de l'empire , les calamités ne semblaient devoir cesser que lorsque la race d'Oihman aurait été chassée de l'Europe. La populace, dont le mécontentement causé par ions ces désastres était encore aigri par la vue des détachements de l'armée du grand-vizir qui repassaient tous les jours le Bosphore dans l'état le plus misérable, poussait alors, pour demander la tête d' Youssouf, les mêmes cris qu'elle avait fait entendre pour obtenir sa nouV\nî\Vion,

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