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CHAPITRE TUKNÏE ET UNIÈME. 3r

de son midi, je vis les derniers rayons de son couchant ; et nonseulement pendant ]a vie d'Hassan mon sort resta indirectement lié à sa fortune, mais il se trouva enveloppé dans les sombres ténèbres qui couvrirent Tempire à sa mort.

Cet événement releva le courage du parti qui voulait la guerre. Un simple aga de Rustchouk fut nommé son succès-; seur, uniquement parce que , quelques années auparavant , ce turbulent musulman avait insulté le prince Repnin, qui traversait* comme messager de paix, la ville qu'il gouvernait. L'aniniosiié persounelle fut regardée comme le gage de la science militaire. Je n'ai pas besoin d'ajouter que plus Hassan s'était montré ami de Mavroyeni, plus son successeur se crut obligé de devenir son ennemi implacable ; mais Mavroyeni en, avait un secret , dont il ne se méfiait nullement , bien plus dangereux que tous ceux dont la haine était déclarée : c'était lui-même.

Cet ennemi kii avait insfu'ré peu à peu une haine invétérée contre son neveu Stéphan , drogman de l'arsenal ; et ce n'était pas sans raison, car Stéphan était un de ces êtres étranges qui préfèrent un poste modeste où une honnête et modeste industrie peut se créer^ar le travail une existence calme et douce à un poste beaucoup plus élevé, mais bien plus agité et incertain où l'ambition est bercée sur les genoux du danger. Pour mieux surveiller le cours et prévenir les conséquences des intrigues qui se tramaient contre son oncle, Stéphan s'était abstenu, avec une obstination inouïe, d'intriguer lui-même, et il n'avait ni épuisé ses forces en vaines clameurs, ni aigri la malignité de ses ennemis par d'inutiles invectives.

Une conduite si différente de la sienne ne pouvait que paraître suspecte à cet oncle judicieux ; et Thomme qui s'était toujours contenté de se tenir au niveau de sa place , qui avait vu Ghazi-Hassan remplacé dans le commandement de la marine fiar Hassan de Crète, et celui-ci par le Géorgien Hussein, qui, sous le favori du sultan comme sous l'idole du peuple, n'avait jamais chancelé dans sa fidélité à ses supérieurs ni dans son dévouement pour ses proches , n'obtint de son oncle mal avisé qu'une haine invétérée pour récompense de toutes ses bonnes qualités et d(S services qu'il lui «ivait rendus. Enfin

Ma?royeni résolut d'employer le peu de fortune et de crédit qui lui restaient encore à acheter la disgrâce de son neveu, sa mort même s*i! était nécessaire.

Effrayé de cette résolution , dont l'exécution devait rendîc inévitable la ruine du prince et de tous ses adhérents, j'allai le trouver, et sans beaucoup de circonlocutions, je lui mis sons les yeux toutes les conséquences de ce dessein inconsidérc^Mais. aigri par l'adversité , Mavroyeni était devenu incapable de raisonner avec sang- froid. Il ressemblait à un homme qui, montant un rocher escarpé, et les yeux toujours fixés vers le sommet, marche d'un pas ferme et assuré, mais qui, lorsqu'il en descend et qu'il voit l'abîme ouvert sous ses pieds, perd toulc présence d'esprit, et s'y précipite par la crainte qu'il a d'y tomber. Offensé de ma hardiesse, mais incapable de réfuter mes arguments, il ne répondit à mes remontrances que par des injures. « Je ne suis entouré que de traîtres, » s'écria-l-il en écumant de rage ; « vous avez tous pris part au même complot; tous vous vous êtes ligués contre ma vie ; tous vous avez la main ouverte pour vous emparer de mes dépouilles.

Je ne crus pas devoir employer les ressources de mon esprit pour ré(K)ndre à des reproches si peu mérités ; je me bornai à lui dire que, s'il persistait à concourir aux vues de ses ennemis, en renversant le seul soutien de sa maison , ses amis devaient songer à |)ourvoir à leur sûreté , et je le laissai réfléchir sur l'avis que je venais de lui donner.

Il ne lui fut d'aucune utilité. Il Continua à intriguer pour obtenir le renvoi de son neveu; et, comme ce qu'il sollicitait était d'îiccord avec les désirs de ses ennemis les plus acharnés, il parvint au but qu'il se proposait. Stéphan fut destitué , mais Wavroyeni eut le désagrément de lui voir nommer pour successeur Ilandgery, dont la haine contre lui ne connaissait pas de bornes.

Je n'aurais eu aucun reproche à me faire si je l'eusse quitté

' à ce moment ; mais deux motifs m'engagèrent à rester encoit^

près de lui : un reste d'attachement que je conservais malgré

son injustice, et la répugnance que j'éprouvais à donner ma dé-

n)ission, <i l'instant où la guérison de ma blessure me permet -

trait de reprendre mou scv\\cc»

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