Papa
3> Eunuques.
426 MÉMOIBES D*UN GREC.
Ucè'i serventi, je lue rendis en France, où je fus einpesié de pctits-maitreê et de pbilosopliea. Msiis ils changeaient ^ souvent de rôle , qu*à peine pouvais^je savoir à laquelle des deux espèces appartenait celui qui me parlait. Ma pauvre cervelle turque eut peine à concevoir comment le passe- temps favori d'une nation, qui passe pour être la plus gaie du monde, pouvait consister à aller voir ce qu'on appelle des tragédies, où Ton ne cherche qu'à arracher force larmes des yeux de tous ceux qui s'y rendent; de sorte que, si elles excitent un seul sourire, on prétend qu'elles ne valent rien. Malgré mes efforts pour pleurer, je ne pus m'empêcher d'éclater de rire en voyant une princesse se donner un grand coup d'un poignard de bois dont la lame rentrait dans le manche, pour l'amour d'un prince sans barbe , dont les joues étaient peintes comme les siennes. Mon mauvais goût n'excita que la pitié ! Un jour on me mena voir une représentation de Turcs; comme si je n'en avais pas assez vu de véritables! Heureusement j'étais loin des acteurs, sans quoi j'aurais brisé les os d'un drôle qni, ayant la tête couverte d'un bonnet de nuit surmonté d'une plume, osait se faire passer pour, notre saint prophète. Ce qui me plut davantage à Paris, fut un endroit qu*on nomme VOpéra , et surtout son assortiment de jolies danseuses. La première fois que j'y allai , en voyant un superbe palais s'écrouler tout à coup , je crus que c'était un tremblement de terre , et je m'enfuis précipitaniment , craignant que la maison ne me tombât sur les épaules. J'appris ensuite que ce n'était qu'une feinte, et je m'habituai ù voir ces accidents sans crainte. J'avoue pourtant qu'excepté la danse , tout ce qui se passait sur ce qu'on appelle le théâtre me paraissait fort ennuyeux ; mais je pensais souvent qu'il pquvait se passer des scènes plus amusantes derrière le rideau.
. » Les Français sont grands parleurs ; mais on trouve chez eux des bavards plus impitoyables encore formant une secte qu'où nomme (es économistes. Ils voudraient que leur pays ne produisît que ce qui peut entrer dans l'estomac, oubliant que, si les hommes ont une bouche, ils ont aussi des yeux, et que lorsque ceux-ci ne trouvent aucune pâture, la bouche fait double ro/?5ommation , quand ce we ^emi cyiie ^our tuer le temps; et