‹ AnastaseChapitre 287 sur 407 · CHAPITRE TREÎITE-OIN^ÎUÎÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREÎITE-OIN^ÎUÎÈME

Aa milieu de mes courses , je trouvai encore rabmninable Sq)hîe. Peu contente de m'avoir trahi ainsi que sa maîtresse ; d*âvoir, en divulgant ce qu'elle aurait dû cacher, causé la perte de Tune et la honte de l'autre , la misérable , comme si elle eût \oulu jouir du deuil dans lequel elle avait plongé la famille de Chrysopoulos , s'était logée en face de sa maison. Je l'avais en horreur ; mais que ne pardonne-t-on pas à ceUx de qui on a besoin! Je m'imaginai qu'elle pourrait m'aidera retrouver Eupbrosyne ; je l'abordai avec des paroles de conciliation , et elle me témoigna tant dé regret de son indiscrétion , tant de compassion pour son ancienne maîtresse, tant de pitié pour moi, tant de zèle à me seconder dans mes recherches , que j'oubliai tout , ou du moins que je parus tout oublier. Je lui fis dé nouvelles promesses , et de nouveau elle me promit ses services.

Ma résolution était alors inébranlablement fixée. Dès qu*Euphrosyne me serait rendue , elle obtiendrait le prix de ses longues souffrances; je lui offrirais îa seule réparation qui fût en mon pouvoir. Non-seulement elle deviendrait mon épouse f^titae , ma compagne inséparable , mais , ce que mes lecteurs croiront peut-être plus difficile et plus douteux , j'avais dessein d'être pour elle le plus tendre et le plus fidèle des époux.

Le destin hie donna tout le temps de me préparer à remplir ces nouveaux devoirs. Nos efforts réunis n'eurent pas plus de Succès que ceux que j'avais faits séparément. Ce n*était pas fdtite d'activité dans Sophie. Gomme Satan , son maître , elle semblait avoir le don d'être partout en même temps. Pas un jour ne se passait sans qu'elle vînt me faire un long récit de toutes les courses qu'elle avait faites et de toutes celles qu'elle se proposait de faire , des espérances qu'elle concevait .et des conjectures qu'elle formait ; elle me traînait tour à tour dans les plus misérables rues de Smyrne , dans les faubourgs , dans les villages des environs; mes amis me voyaient si souvent avec elfe qu'ils prétendaient qu'elle avait pris dans mon cœur la place d'Euphrosyne,

Un soir que, fatigué enfin d'avoir inutilement parcouru tout le district du Moutsellimlik * de Siîiyrne, d'avoir visité sans fruit tous les lieux à visiter, et que , bien persiiàdé qu'il ne me

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