‹ AnastaseChapitre 299 sur 407 · Faubourg d'tspahaiit · texte numérisé non relu

Faubourg d'tspahaiit

pendaat un certain temps. Le repos que je goûtais chez moi , après chaque voyage, me semblait toujours trop court, et je n'en repartais jamais qu*à regret. Je ne quittais qu*avec peine une épouse jeune et jolie, des enfants charmants et enjoués, des amis aimant la joie et la bonne chère ; jamais je ne me mettais en route, sans me dire à moi-même : « Dès que j'aurai amassé une fortune honnête, je prendrai racine au logis, et là, assis sur mes talons, je ne sortirai plus que pour être porté dans ma dernière demeure , empaqueté comme une balle de mes marcbandiseF. »

« Tout en formant ces projets, les années s'écoulèrent; ma femme devint laide et vieille ; mes enfants s'établirent chacun de leur côté; mes amis devinrent sobres et économes, et moimême, à force de voyager seul, je perdis toute espèce de goût pour la société. Au lieu d'être impatient d'arriver chez moi, je n'y suis pas plus tôt que je brûle d'en repartir. A mesure que mes richesses se sont augmentées, mes idées sur ce que j'appelais une fortune honnête se sont agrandies. A la fin de chaque voyage, je veux toujours en entreprendre un dernier, encore plus lucratif, avant de songer définitivement au repos ; et je ne puis supporter l'idée de m'cnfermerdans ma coque, comme le ver à soie, jusqu'au moment de ma métamorphose finale. »

« Il faut, » lui dis-je, « lutter contre cet amour d'une agitation perpétuelle; sans quoi, quelle sera l'utilité de vos richesses pour vous ou pour les autres? »

« C'est ce que j'ai déjà essayé, » me répondit-il. « De retour de mon dernier voyage , je me suis dit : « Mallim-Moursa, ne te reposeras-tu donc jamais ? Tes filles sont bien mariées ; tes fils ' font leur chçmin dans le mopde ; tu as trois fois plus de fortune que ta vieille Rachel et toi vous n'en pourrez jamais dépenser; pourquoi toujours errer sur la terre comme un homme qui n'a ni feu ni lieu ?» Je résolus de rester à Yulfa et de jouir des agréments d'une vie sédentaire ; mais cet essai ne me réussit pas. Un mal terrible me pénétra jusqu'à la moelle des os et troubla tous mes plaisirs. Ce n'était ni douleur physique ni chagrin moial : c'était l'ennui. Tout me déplaisait, tout me fatiguait, et je crois que la mélancolie m'aurait conduit au tombeau si, à riostante prière de mes a\m , \xt\ v&^d<^cia habile n'eût entre-

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